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    January 30

    Comment Buse eut ses plumes

     

     

    Il y a très longtemps, les oiseaux n'avaient pas d'habits. Ils parlaient comme les gens, mais ils étaient timides et se cachaient. Un jour ils décidèrent de se réunir en conseil. " Nous devons aller voir le Créateur et lui demander des habits, " dit Aigle. Tous acceptèrent. Mais qui serait le messager?
    De nombreux oiseaux se portèrent volontaires. Mais ils choisirent finalement Buse. Il pouvait voler longtemps à cause de ses grandes ailes, monter plus haut que tous les autres oiseaux et donc se rapprocher plus facilement du soleil où le Créateur habitait. Tous les oiseaux brûlèrent du tabac et envoyèrent leurs prières au Créateur, puis Buse se mit en route. C'était un long voyage. Buse volait et volait. Il mangeait la nourriture qu'il avait emmenée et était toujours loin de l'endroit où vivait le Créateur.

     

    Il commença à avoir faim, si faim qu'il s'arrêta et mangea des poissons morts rejetés sur le rivage en dessous de lui. Ils étaient pourris et puaient. Mais sa faim était grande et il ne le remarqua pas.


    Il continua sa route. Maintenant il était près du soleil; il s'éleva encore plus. Le soleil dégageait une chaleur brûlante, mais il continua à s'élever. La peau de sa tête nue brûla à la chaleur du soleil, mais il arriva enfin à la maison du Créateur.


    "Je t'attendais ", dit le Créateur, "parce que j'ai entendu les prières des oiseaux. Je vais te donner des habits faits de belles plumes pour rapporter chez toi." Puis il montra à Buse les habits qu'il avait préparés. C'était très beau en effet. Il y avait autant de couleurs dans les plumes qu'il y en a dans un arc-en-ciel après la pluie, et les plumes brillaient tellement que Buse dû tourner les yeux.


    "Bon", dit le Créateur, " Je sais combien il t'a été dur de voler jusqu'à moi. Tu as le droit de choisir le premier ton costume de plumes. Mais souviens-toi, tu ne peux essayer chaque costume qu'une seule fois."


    Buse était très content. " Je dois choisir les plus belles plumes, " se dit-il. " Comme çà tout le monde les verra et se rappellera que c'est moi qui ait rapporté des habits aux oiseaux. "


    Il essaya un costume de plumes bleu clair et blanche avec une casquette désinvolte. "Non", dit-il en l'enlevant, "pas assez clair". Et ainsi ce costume fut pour Geai Bleu.


    Il essaya un autre costume d'un rouge brillant et noir avec une grande crête. "Non", dit-il, " le rouge ne me va pas." Ce costume fut donc pour Cardinal.
    Il essaya un autre costume gris et noir avec un gilet écarlate. Il fut de nouveau insatisfait, et ce costume fut pour Rouge-Gorge.
    Il enfila un costume aussi jaune que le soleil avec de magnifiques marquages foncés. "Trop de noir sur celui là", dit-il; et ce fut pour Chardonneret.


    Le Créateur regardait patiemment Buse qui essayait chaque costume. Aucun d'eux ne lui allait. Parfois les plumes étaient trop longues. Parfois elles ne l'étaient pas assez. Certaines étaient trop foncées, d'autres trop claires. Aucunes d'elles ne semblaient aller au messager de tous les oiseaux.


    Finalement Buse essaya un costume qui était trop petit pour lui. Tous les autres costumes s'élargissaient ou se rétrécissaient pour aller à l'oiseau qui le choisissait, mais ce dernier costume était trés serré. Buse l'étira. Finalement il réussit à le mettre. Il laissait ses pattes et son cou nus; et la peau rouge de son crâne chauve restait découverte. Il regarda le costume. C'était pas beau. Pas beau du tout. Les plumes étaient à peine colorées- juste un peu maronnasse. Elles n'étaient pas brillantes et belles comme les autres. Buse n'était pas content. " C'est le pire de tous" dit-il.


    Le Créateur sourit. "Buse", dit-il, " c'est le dernier costume. Ce sera désormais le tien."


    Et désormais vous pouvez voir Buse avec le costume qu'il a mérité. Il mange toujours des choses mortes depuis longtemps en raison de ce qu'il a mangé lors de son voyage vers le Créateur. Et bien que certains se moquent de son style, Buse se souvient toujours qu'il est le seul à avoir pu faire ce long voyage.


    Même dans son costume de plumes sales qui ne lui va pas, même avec son crâne brûlé par le soleil, il se souvient qu'il a été choisi pour être le messager des oiseaux. Lorsqu'il fait de nombreux cercles dans le ciel, il est près du Créateur. Alors, même dans son costume de plumes mal seyant, il est fier.

     

     

    PEINTURES DE SABLE

     

     

    Un précepte de vie amérindien déclare que dans l’acte de créer,

    L’homme ne tremble pas, n’éprouve aucune peur.

    Il se tient unifié, en conscience avec le monde extérieur.

    La peinture de sable réalisée par les indiens Navajo

    Est une œuvre éphémère,

    Née de rituels de guérison

    Pratiqués sur leur terre d’Arizona.

     

     

     

     

    Le terme navajo pour désigner les peintures de sable, " sandpaintings " : " iikààh " peut être traduit littéralement par " l'endroit par lequel les dieux viennent et vont ". Ces dessins sont faits à base de pierres pulvérisées, de sable sec saupoudré et coloré avec des pigments naturels. Ces réalisations sont sacrées. A l'origine les Navajo ne considèrent pas leurs peintures de sable comme de l' " Art ". Elles ne sont pas réalisées simplement par pur plaisir esthétique. De sorte qu'il ne s'agit pas de faire de " l'art pour l'art ".

     

     Il ne faut donc pas sous estimer leur aspect avant toute chose fonctionnel. Ces peintures sont des objets rituels qui possèdent plusieurs fonctions. A la fois thérapeutiques, religieuses, sociales, spirituelles et relationnelles, elles

    sont dans la conception navajo, le lien entre les hommes et les Etres sacrés ; " L'endroit par lequel les Dieux viennent et vont ", un point d'émergence et de contact entre le ciel et la terre

    L'intention de ces peintures est de permettre au patient d'être investi par les pouvoirs des êtres mythiques présents à travers ce diagramme coloré et de le guérir.

     

    Elles ne sont pas uniquement faites à l'aide de sables colorés, rouges, jaunes (dépôt d'ocre) et blancs (craie), mais également de matières, à l'état pur et mélangées, telles que farine de maïs, pollen, pétales de fleurs pulvérisées et charbon de bois, qui sont répandues sur un fond sableux généralement doré. On observe l'utilisation d'autres matériaux, végétaux, minéraux, Avant la cérémonie, sont déposés sur un tapis une grande pierre à moudre, du sable et des pierres de couleurs variées. En général ce sont les femmes qui pilent les différents sables colorés qui sont ensuite utilisés comme colorants. " Il y a des grès blancs, rouges et jaunes, du charbon de bois noir qu'il faut mêler à du sable pour le rendre plus lourd ; des racines de chêne de rocaille qui, pilées avec du sable blanc, donnaient un beau ton bleu clair. D'autres couleurs telles que le brun, le rose et le gris étaient obtenues en mélangeant plusieurs teintes existantes

    La peinture de sable navajo est l'un des éléments les plus importants d'une cérémonie de guérison. A travers ce dessin, élaboré et coloré, dont les teintes noire, rouge, jaune, blanche et turquoise sont sacrées aux yeux des Navajo, les Etres Saints sont contactés afin de guérir le patient. Ces peintures et font partie intégrantes de cérémonies. Elles ne sont réalisées que par un " Medecine-Man ", " chanteur " ou par ses apprentis, mais toujours sous sa responsabilité. S'il ne trace pas lui-même la structure de la peinture de sable, dans tous les cas il dirige l'opération dans ses moindres détails. Ses assistants ont ainsi la possibilité d'apprendre en pratique les différentes peintures associées à chaque cérémonie. Pendant les quatre derniers jours de la cérémonie, les Navajo réalisent les peintures de sable le matin. Elles convoquent le grand-père de tous les dieux, qu'on appelle également " Dieu qui parle ". Il vient alors la nuit guérir le malade.

    La technique de réalisation d'une peinture demande énormément de précision dans le geste. Un peu à la manière des moines tibétains qui réalisent des mandalas de sable, les hommes-médecine, quant à eux utilisent leur pouce et leur index recourbé entre lesquels ils laissent le sable fin et coloré s'écouler en une ligne bien nette et régulière. Cette pratique nécessite une très grande maîtrise du geste. Les grains sont méticuleusement déposés sur un fond de sable de couleur terre préalablement étalé. Il s'agit d'une véritable mosaïque de sable ! Forme d'art éphémère ; aucun fixatif n'est employé. En effet, les peintures navajos devaient, pour des raisons religieuses, être détruites aussitôt après usage, comme l'ordonnaient les Etres Sacré qui craignaient que les hommes en fasse un mauvais usage,  se disputent au dessus de son image, la déchirent et apportent le malheur

    Chaque peinture est censée être la reproduction de celle qui fut donnée par les Dieux au héros du chant lors d'une de ses nombreuses aventures. " Par conséquent, elles doivent être la copie exacte de leur modèle mythique. Il est intéressant de constater que cela laisse peu de place à une créativité personnelle. Les seuls endroits qui semblent bénéficié d'une certaine liberté artistique se situent dans la décoration des sacs-médecine et des robes des personnages.  Les peintures navajos originelles représentent " des personnages : êtres surnaturels et figures mystiques, placés aux quatre points cardinaux, ou en file, les uns à la suite des autres, presque toujours groupés par paires _ hommes et femmes, vieux et jeunes _ et également des représentations symboliques d'éléments sacrés : le soleil, la lune, l'éclair, le maïs, un arbre, une montagne, un serpent, un lac, des nuages, une ville, un champ, l'arc-en ciel, des étoiles

    Il existe près de 600 peintures connues à travers la plupart des collections du début du siècle, environ quatre à cinq sont réalisées pour chaque cérémonie

    De nos jours, des peintures traditionnelles et éphémères sont encore pratiquées dans les réserves par des hommes-médecine au cours de cérémonies de guérison. Ces dernières ne sont pas secrètes mais semblent faire preuve d'une très grande discrétion. Ainsi, des hommes-médecine navajos en viennent à réaliser deux sortes de peintures de sable, les traditionnelles et les peintures de dimension artistiques destinées à des usages différents et qui évoluent dans des espaces bien distinctifs. Toutefois, il est important de savoir qu'aujourd'hui les peintures de sable navajos existent essentiellement sous forme d'œuvres d'art permanentes. Ces peintures ne sont plus uniquement pratiquées dans un contexte religieux ni pour des raisons thérapeutiques, mais on intégré un marché de l'art ainsi que le champ de l'Art Contemporain. Elles sont plus ou moins inspirées et influencées par les motifs et les thèmes mythologiques traditionnels navajos, se situant avec un écart plus ou moins grand selon les artistes des codes traditionnels (de la tradition). Certaines possèdent des symboles sacrés reconnaissables

      

     

     

     

    January 01

    Le cent américain à tête d’indien

     

     Par Stéphane Tardif

     

    Le cent à tête d’indien a été frappé pour la première fois en 1859, succédant ainsi au cent de l’aigle en vol. Il est de la même composition, soit en cuivre - nickel, 88% de cuivre et 12% de nickel. À cause de la dureté du nickel, les cents en cuivre - nickel sont souvent frappés faiblement que le relief est moins prononcé que si la pièce était dans un métal plus mou comme le bronze.

    Le millésime 1859 a été frappé avec le même revers que le cent de l’aigle en vol, soit sans bouclier au-dessus des lauriers. L’année suivante on changea le revers pour rajouter un bouclier au-dessus des lauriers, et aucun autre changement jusqu’en 1864.

    Cette année là, James Pollock, directeur de la monnaie Américaine, décida de changer la composition, en choisissant le bronze pour nouveau métal pour le cent. 95% cuivre et 5% étain et zinc. On a toujours appelé le cent la tête de l’Indien. En fait, il ne s’agit pas d’un indien sur l’avers, mais de la fille de James Longacre, graveur à la monnaie américaine, portant le couvre-chef d’un chef indien en visite la journée ou Longacre décida de graver le portrait de sa fille sur le nouveau cent.

    Le cent à tête d’indien a été frappé pendant un demi-siècle (1859-1909 ). Les dates clés sont 1877 (852,500) et 1909-s (309,0000 ), s pour San Francisco, ville ou ils ont été frappés. Les installations de San Fransisco commencèrent la frappe du cent en 1908, la même année que la naissance de la Monnaie Royale canadienne. Vers les années 1900, il y avait tellement de cent à tête de l’Indien que si on les avait empilés une par-dessus l’autre, on aurait formé une colonne 100 fois plus haute que la statue de la liberté.

    Le cent continua à circuler jusqu’au année 1940. Vers le milieu des années 40, il était de plus en plus difficile de retrouver des cents à tête de l’Indien en circulation.