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    October 06

    Les peuples du cheval (suite & fin)

     

     

    Pendant la plus grande partie de l'année, les tribus  nomades formaient des bandes relativement réduites qui chassaient pour leur compte. Mais en été, juste après le rendez-vous pour la célébration de la plus sacrée des cérémonies des Plaines, la danse du Soleil, des groupes de chasse, comprenant plusieurs centaines d'hommes avec leurs familles, migraient pour le grand « rassemblement» annuel.

     

    Ces chasses tribales constituaient un événement solennel, habituellement précédé de prières et de nombreux rites. En chemin et au cours de la chasse, la discipline était rigoureusement maintenue par les membres des diverses sociétés militaires qui faisaient la police. Ils s'assuraient que chaque chasseur se canton­nât dans ses attributions et ne chassât pas pour son compte personnel. La chasse en groupe constituait une des rares occasions où le guerrier subordonnait sa propre personnalité à l'autorité quasi absolue des responsables de l'ordre qui avaient même le droit de punir les récalcitrants en les fouettant ou en abattant leurs chevaux.

     

    Lorsque les hommes partis en éclaireurs apercevaient des bisons, tout le groupe s'arrêtait à contre vent du troupeau. Les bisons, dont l'odorat très développé compense la mauvaise vue, reniflaient constamment pour flairer le danger. Les chasseurs commençaient par se déshabiller, restant en pagnes et mocassins, pour que rien n'entrave leurs mouvements. On débarrassait également les chevaux des selles et des couvertures. Talonner les bisons et les contraindre à rester groupés pour les encercler, afin de pouvoir mieux les abattre, était une entreprise risquée. Même après l'usage des armes à feu, on continuait à se servir des flèches et des lances. Le chargement des fusils par le canon, très lent, était gênant dans le feu de l'action. Ce n'est que lorsque les fusils chargés par la culasse furent disponibles, au milieu du XIXe siècle, que les Indiens renoncèrent définitivement à leurs armes ancestrales.

     

    La fin d'une chasse fructueuse était un moment de liesse. Les chasseurs, suivis des chevaux de charge et des femmes qui avaient dépecé les animaux, étaient accueillis au campement par des cris d'enthousiasme. Les feux crépitaient et les râteliers étaient prêts. Certains mangeaient sans attendre les foies et les rognons crus, agrémentés de quelques gouttes de fiel prises au bout du couteau. La moelle était également un mets de choix ainsi que les tripes grillées. Mais rien  n'était aussi recherché que les langues et la chair des bosses. Les hommes comme les chiens, tout le monde mangeait à satiété. Épuisés par la surexcitation, les Indiens s'écroulaient et dormaient quelques heures, pour être réveillés, la nuit venue, par le martèlement d'un tambour appelant tout le monde à participer à une danse rituelle.

     

    Un garçon ayant tué son premier bison devenait un homme. Le Sioux Standing Bear (« Ours Debout») s'en souvenait: « Tout le monde se préparait. En m'aidant, une de mes belles-mères me dit: "Fils, quand tu auras tué un bison, garde-moi les rognons et la peau. " Je ne savais pas si elle se moquait de moi ou voulait m'encourager. Mais cela me remplit de fierté. Mon père me dit : " Mon fils, observe bien le bison. Si celui que tu as choisi court tout droit  tu peux le serrer de près. Mais s'il te regarde du coin de l'œil, méfie-toi! Ils sont rapides et puissants. Ils peuvent encorner ton cheval par-dessous et le projeter en l'air, et tu peux être tué."»

     

    Un vieil Indien a dit un jour que tout ce qu'il fallait à son peuple pour bien vivre, c'était tout simplement le bison, car le corps de ce merveilleux animal fournissait tout le nécessaire à la tribu à l'exception de l'eau pour se désaltérer et des perches pour le tipi.

     

     


     

    Les Comanches et le cheval

     

    Les Comanches étaient les cavaliers les plus prestigieux de tous les guerriers des Plainés. Ils faisaient si bien corps avec leur monture qu'un observateur les comparait au mythique Centaure: « Moitié homme, moitié cheval, mais un seul être Indomptable, rapide et fougueux)) George Catlin, qui peignit les Comanches, les décrit comme lourdauds et empruntés au sol mais il ajoute qu'ils étaient la grâce même dès qu'ils se trouvaient sur leur monture.

    Un petit Comanche, fille ou garçon, possédait un poney dès l'âge de quatre ou cinq ans. Le garçon, en particulier, s'exerçait jour après jour à améliorer ses qualités équestres. Au galop sur sa monture il ramassait sur le sol des objets de plus en plus gros et lourds. Il finissait par être capable de se laisser glisser le long des flancs de sa bête pour ramasser un homme au sol: ainsi pourrait-il sauver un compagnon blessé IIU combat. Si le Comanche était un cavalier sans égal, il le devait beaucoup à son cheval, un animal agile, vif, rapide et résistant, qui réagissait instantanément à l'impulsion ou à la voix et savait souvent devancer les ordres de son maître.

     

    Au combat les Indiens se laissaient glisser le long du flanc de leur cheval, une jambe accrochée à son dos et un bras passé dans une lanière fixée au cou de l'animal. Ils avaient ainsi les mains libres et derrière le rempart de leur monture pouvaient décocher leurs flèches par­dessus son dos ou par-dessous son encolure.

    Le cheval transforma tout aussi radicalement la vie des femmes des Plaines. En fait, le nombre de chevaux qu'un soupirant donnait au père de la jeune fille qu'il voulait épouser disait la valeur de celle-ci. Dans les nombreuses tribus où les femmes possédaient leurs propres travois tirés par des chiens, il était naturel, qu'elles finissent par avoir leurs chevaux. Une femme Blackfoot était fière de ses nombreuses montures et impatiente d'en acquérir de nouvelles par le troc ou un héritage. Les jeunes Comanches, cavalières intrépides, égalaient les hommes lors des chasses à l'antilope.

     C'était aux hommes qu'il revenait de soigner les 'chevaux, de les nourrir, de les étriller. En revanche, lorsque la tribu se déplaçait, c'étaient les femmes qui emballaient le matériel et le chargeaient. En chemin, elles conduisaient les chevaux et veillaient à ce que les membres de leur famille restent groupés, tandis que les hommes sur leur monture entouraient le convoi pour le protéger ou bien se déployaient à la recherche du gibier ou d'éventuels ennemis.

     

     

     

     

     

     

    Tous ces ornements,

    Dont les plus courants sont représentés ci dessus,

    Etaient des symboles de bravoure.