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    February 23

    Art Indien

    Nous autres, Indiens,

     Vivons dans un monde de symboles et d'images

     Où le spirituel et l'ordinaire des jours

    Ne font qu'un.

     

    Black Elk

     

    Les Indiens ne connaissaient pas l’écriture. Leur parole s’est donc transmise par la tradition orale. Leur désir d’inscrire leur culture au sein même de la nature s’est incarné dans une iconographie riche dont les supports varient selon les cultures et les sites géographiques. L’art indien traduit d’une manière saisissante toute la complexité d’une culture qui ne saurait être appréhendée comme un ensemble monolithique.

    Quelques symboles indiens :

    L’homme : symbole de vie  

    Le kokopelli : C’est un symbole de la fertilité masculine (il est souvent doté d’un phallus proéminent) mais aussi de l’humidité féconde des saisons de pluie.

     


    Le hogan
     : Maison typique des Navajos qui peut être le lieu des cérémonies.

     

    La plume d’aigle : Chez les Indiens, la plume d’aigle n’est pas un ornement gratuit. Chaque plume d’aigle portée par un guerrier symbolise un acte de bravoure. Les rares indiens autorisés à porter une coiffe ornée de dizaines de plumes étaient investis d’une immense autorité. La plume d’aigle est un symbole de sagesse et de pouvoir.

    La flèche: elle est généralement un symbole de direction, de volonté et de mouvement. Elle représente la force de vie de l’esprit d’un animal.

    La flèche brisée: symbole de paix     Flèches croisées: symbole de l’amitié

    L’aigle: pour les Indiens, l’aigle est un animal extrêmement proche du créateur. Il est donc particulièrement associé aux visions et aux esprits. Il est également symbole de bravoure et de sagesse.

    Traces de cerf: symbole : prospérité; sécurité associée à la présence abondante de proies. Il peut également être un indicateur pour les directions et aussi un symbole de clan

    Le serpent: il apparaît généralement dans les rites de guérison et de fertilité. Il est lié à l’éclair, au sexe masculin, à la rapidité et à la discrétion.

    Le lézard à corne: animal du désert. Dans les histoires des Navajos, il est associé à la persévérance et aux secrets. 

     

     

    Le soleil: symbole de bonheur car il est porteur de vie. Il est associé à tout ce qui est bien et bon. Les rayons, souvent représentés dans les dessins indiens, évoquent les quatre directions (nord, sud, est, ouest).


    Dessin pouvant symboliser l’alternance entre le jour et la nuit. Il représente le temps qui passe.

    Le nuage de pluie: parfois représenté avec un éclair, le nuage de pluie est un symbole de changement, de renouveau et de fertilité. Il est parfois associé à la neige, qui est, pour les Indiens, une bénédiction encore plus précieuse que la pluie

    Dessin pouvant symboliser l’alternance harmonieuse des quatre saisons

     

    Ces symboles pouvaient figurer sur une grande variété de supports. Les Indiens pouvaient peindre les peaux de bisons, les poteries. Ils gravaient également toutes sorte d’objet en bois ou en os et même des coquillages et des carapaces de tortue. Ils faisaient également figurer ces symboles sur les broderies de leurs vêtements ou de leurs couvertures. Les Iroquois brodaient de longues ceintures aux motifs faits de perles et qui pouvaient atteindre plusieurs mètres de long. La cathédrale de Chartres en possède deux (dédiées à la vierge parturiente). Ils figuraient également sur les peintures corporelles.



    La diversité artistique Indienne

    Les symboles indiens divergent selon les cultures et les lieux. L’iconographie indienne illustre la façon dont les indiens associent les éléments de la nature et de la vie quotidienne à un symbolisme spirituel profond. Sans avoir développé une écriture, ils ont su utiliser le langage de l’image et faire de leurs dessins de véritables pictogrammes dont l’association peut être le support de significations multiples.

    De nombreux pictogrammes étaient des messages destinés à d’autre membre de la tribus. Ils permettaient par exemple aux chasseurs en expédition de retrouver un chemin emprunté ou de signifier la présence de gros gibiers. Les noms indiens étant le plus souvent des noms d’animaux, il était facile pour un Indien de dessiner son animal éponyme sur un objet afin d’en signifier la possession. Le chamanisme indiens s’exprimait également à travers les images : les scènes pictographiques pouvaient représenter les mythe de la tribus ou dépeindre la vision qu’un chaman avait eu durant sa trance. Enfin les pictogrammes pouvaient retracer l’histoire d’un clan et ses exploits guerriers (expéditions, alliances et mêmes cartes militaires !).

    Toutefois l’image n’était pas purement figurative, chaque signe était revêtue d’un sens symbolique pouvait exprimer des idées abstraites. Selon le contexte et les autres signes l’entourant, un pictogramme pouvait prendre une signification nouvelle.

     

    Les peintures rupestres de Chelly Canyon:
    Les parois rocheuses du Chelly Canyon, en Arizona, abritent les œuvres rupestres mais aussi les habitations des Indiens navajos qui n’ont pas quitté leurs terres. Le touriste peut découvrir parmi les cavernes et les parois de très anciennes peintures des Anasazis (300-700) : empreintes de mains, silhouettes humaines et animales, lignes, triangles etc. Ces dessins sont un moyen de faire apparaître les êtres et les esprits qui se cachent dans la nature. On trouve également une représentation figurative d’une expédition espagnole, entreprise par Narbona en 1805, qui provoqua une bataille dans laquelle périrent cent quinze Navajos. A la fois lieu de vie, d’histoire et de spiritualité, Chelly Canyon illustre merveilleusement l’imbrication de l’art dans le mode de vie et la spiritualité indienne.

    Les peintures de sables des Navajos:
    La peinture de sable se dit iikaah en Navajo et signifie « l'endroit où les dieux vont et viennent ». Elle consiste à tracer des signes avec du sable naturel coloré pendant une cérémonie rituelle de guérison conduite par le hataalii (« homme médecine »). Les motifs, abstraits ou figuratifs sont composés de minéraux finement broyés et répartis sur un lit de sable blanc. Dans un cadre délimité par un arc-en-ciel sont représentés les dieux, les plantes, les astres, les animaux, la pluie, l'éclair, etc. La scénographie est rigoureusement codifiée et les couleurs doivent être utilisées dans un ordre précis. Le sort du malade repose en partie sur la qualité d'exécution de la peinture de sable, qui est détruite à la fin de la cérémonie : le sable étant éparpillé aux quatre vents.

    Les peintures sur peaux:
    Les peintures sur peaux étaient aussi bien l’œuvre d’hommes que de femmes. Pourtant seuls les hommes pouvaient exécuter des motifs figuratifs relatant des exploits guerriers ou des évènements important de l’histoire du clan. Comme l’explique Eugène de Girardin : « Les Indiens n'ayant pas de tradition écrite, se servent de peintures hiéroglyphiques pour transmettre leurs faits d'armes à la postérité. Les jeunes guerriers qui se sont le plus distingués se réunissent autour d'une peau de bison soigneusement tannée et d'une grande blancheur, et chacun reproduit à son tour ses prouesses au moyen de grossières peintures plus ou moins véridiques. Il va sans dire que l'artiste se représente toujours sous les traits d'un brillant cavalier et se donne le beau rôle, tandis que ses ennemis, les Pawnies et les Corbeaux, fuient ignominieusement. »

    Les poteries du Sud-Ouest:
    Les Indiens ne connaissent pas le tour du potier et façonnent leurs objets en argile uniquement à la main. Lorsque le vase est sec, il est couvert d’un mélange d’argile et d’eau qui le colore puis poncé à l’aide d’un silex. Objets quotidiens, ces pots et ses vases sont recouvert de signes symboliques, figuratifs ou abstraits. Les motifs traditionnels sont peints à l’aide d’un pinceau avant la cuisson au four.

     

                                                     
    Les totems des tribus du Nord-Ouest :
    Contrairement à ce qu’ont cru les missionnaires, les totems n’étaient pas de gigantesques idoles mais l’équivalent indien des blasons héraldiques du Moyen-Âge: en effet chaque famille pensait descendre d’un esprit en forme d’animal. L’animal du sommet du totem représentait les ancêtres du plus haut rang. Le totem figurait également les alliances matrimoniales et les évènements familiaux importants. D’une hauteur pouvant aller jusqu’à vingt quatre mètres, les totems représentaient la puissance et l’histoire des grandes familles indiennes.

    Le serpent des Hopewells:
    Il y a plus de deux mille ans, les Hopewells façonnaient la terre pour créer des symboles sacrés et des figures mythologiques. Réalisé à partir d’argile et de pierre, un tertre de quatre cent quarante mètres de long figure un serpent dont le corps ondulant se termine par une queue en spirale et qui semble tenir un œuf dans sa gueule. Gigantesques signes uniquement visibles depuis le ciel, ils illustrent la dimension spirituelle et rituelle de l’art qui est pour les indiens un catalyseur de magie et un lien avec les ancêtres.

    Les Cahokia mounds :
    Situé à treize kilomètres au nord de Saint Louis, Missouri, Cahokia est un foyer de peuplement précolombien qui comptait plus de cent vingt tumulus. Sa société agricole comptait à son apogée (entre 1050 et 1150) une population de dix à vingt mille habitants. Monks Mound, le plus grand ouvrage préhistorique des Amériques, construit uniquement à partir de terre, fait trois mètres de haut et couvre plus de cinq hectares. Sa construction devait représenter un travail colossal puisque la terre nécessaire pour édifier ses gigantesques tumulus devait être creusée et transportée à dos d’hommes. Ces tumulus précolombiens marquent la présence méconnue d’une architecture primitive monumentale en Amérique du Nord.

     

       

    February 18

    .

    Chef Joseph, chef Nez percés

    « Nos pères nous ont transmis de nombreuses lois,
    qu'ils avaient apprises eux-mêmes de leur pères.
    Elles disaient de traiter les hommes comme ils nous traitent,
    que nous ne devions jamais rompre un accord les premiers,
    que c'était une honte de dire des mensonges,
    que seule la vérité devait être dite. »

     

    Crazy Horse, chef oglala (Sioux)


    « Mon père, je suis mortellement blessé,
    que l'on fasse savoir aux miens
    qu'il est inutile de compter sur moi plus longtemps. »

    « Ils nous ont fait beaucoup de promesses,
    plus que je ne peux me rappeler,
    mais ils n'en ont jamais tenu qu'une seule,
     ils avaient promis de prendre nos terres,
    et ils les ont prises. »

    « On ne vend pas la terre sur laquelle le peuple marche. »

     

    Black Elk, Indien oglala (Sioux)


    « Les oiseaux quittent la terre avec leurs ailes,
    et nous, les hommes,
    pouvons également quitter ce monde,
    non pas avec des ailes mais dans l'esprit. »

     

    «Tout ce que fait le Pouvoir de l'Univers se fait dans un cercle.
     Le ciel est rond et j'ai entendu dire que la terre est ronde
    comme une balle et que toutes les étoiles le sont aussi.
    Le vent, dans sa plus grande puissance, tourbillonne.
     Les oiseaux font leur nid en rond,
     car leur religion est la même que la nôtre.
     Le soleil s'élève et redescend dans un cercle.
     La lune fait de même, et ils sont ronds l'un et l'autre.
    Même les saisons, dans leur changement,
    forment un grand cercle et reviennent toujours où elles étaient.
     La vie d'un homme est un cercle d'enfance à enfance,
     et ainsi en est-il de toute chose où le Pouvoir se meut.
    Ainsi nos tentes étaient rondes
    comme les nids des oiseaux et toujours disposées en cercle,
     le cercle de la nation,
     nid fait de nombreux nids
     où nous couvions nos enfants
    selon la volonté du Grand Esprit.»

     

    « Je ne comprenais pas alors tout ce qui c'est achevé là.
    Quand je regarde maintenant vers le passé du sommet de mon vieil âge,
    je peux encore voir les femmes et les enfants étendus,
     massacrés, les corps jonchant le sol du ravin.
    Je les vois aussi clairement que lorsque je les ai vus
    avec mes yeux encore jeunes,
     et je peux voir qu'autre chose est mort dans cette boue sanglante,
    enseveli dans la tourmente de neige,
     le rêve d'un peuple à été brisé là.
    C'était un beau rêve,
    et moi à qui une si grande vision a été donnée dans ma jeunesse,
    vous me voyez maintenant
     comme un vieil homme pitoyable qui n'a rien fait,
     car le cercle de la nation est brisé,
     il n'y a plus de centre depuis longtemps
    et l'arbre marqué d'une cicatrice est mort. »

    Tecumseh, chef shawnee

    « Quand tu te lèves le matin,
    Remercie pour la lumière du jour,
    Pour ta vie et ta force.
    Remercie pour la nourriture
    Et le bonheur de vivre.
    Si tu ne vois pas de raison de remercier,
    la faute repose en toi-même. »

       

    February 13

    LeS tRiBus (suite)

     

    Iroquois Ensemble de Tribu sédentaire qui vit au sud du lac Ontario.

     Les Iroquois sont des cultivateurs. Leur nourriture de base se compose de courges, de maïs et de haricots qu’ils baptisent les « Trois Sœurs ». Ils fabriquent des Longues maisons en bois, qui peuvent mesurer jusqu'à 60 m de long, et dans lesquelles vivent de 10 à 20 familles.

    Chacune a son propre espace disposé autour d'un foyer. Tous les quinze ou vingt ans, lorsque la nature alentour est épuisée, le village se déplace.

    Au XVIe siècle, les tribus Iroquoises se regroupèrent en une ligue des cinq puis six nations. Cette alliance accrut beaucoup leur rayonnement et leur puissance, au détriment de leurs voisins, les Algonquins.

    Lorsqu'en 1754 la guerre pour la domination du Canada éclata entre Français et Anglais, ceux-ci utili­sèrent les rivalités qui existaient entre tribus pour servir leur cause. Les Anglais s'allièrent aux Iroquois et les Français aux Algonquins.

    Le nom d'Iroquois leur a en fait été donné par leurs ennemis algonquins qui les appelaient irokoi, c'est-à-dire « vipères », en raison de la crainte qu'ils leur inspiraient.

    Chez les Iroquois, les hommes médecine sont regroupés au sein d'un groupe appelé Société des Faux Visages. Ce nom a pour origine le fait qu'ils portent un grand masque en bois représentant l’esprit qu'ils incarnent. Ils dansent autour de la personne malade pour chasser les mauvais Esprits de son corps.

     

    Sioux  Ensemble de tribus nomades qui suivent les grands troupeaux de bison dont elles se nourrissent.

    Les Sioux sont les seigneurs des Grandes Plaines et sans doute les Indiens les plus connus. Ils s'af­frontèrent durement aux envahis­seurs blancs et le western les a immortalisés... au point qu'on parle souvent d'une  « ruse de Sioux ».

    Mais il faut éviter d'employer ce terme de Sioux qui était un qualifi­catif insultant et lui préférer celui de Lakota,  qui signifie littéralement les « Alliés ». En effet, ce nom de Sioux « les ce serpents » Ieur avait été donné par leurs ennemis, les Algonquins.

    Le groupe linguistique Lakota se décomposait en de nombreuses tribus: les Oglalas, les Oohenon­pas, les Minniconjous, les' Blackfeet, les Brûlés, les Sans Arcs et les Hunkpapas, dont Sitting Bull fut le grand chef.

     

    Écoutons ce que dit d'eux le peintre George CATLIN, en 1830:

    Les Indiens des différentes tribus qui habitent la région du cours supé­rieur du Missouri ont indubitable­ment la plus belle prestance, le meilleur équipement et les plus belles tenues de tous leurs congé­nères du continent nord-américain. Ils habitent dans une région où abondent bisons et chevaux sau­vages qui leur procurent un genre de vie sain et aisé l'air y est pur, ce qui leur assure santé et longévité. De tous les Indiens que J'ai ren­contrés, ce sont les plus indépen­dants et les plus heureux: ils vivent tout entièrement à l'état de nature et en conséquence sont beaux et agréables, à regarder presque au­ delà de toute description. Rien au monde ne peut surpasser en beauté et en grâce certains de leurs jeux...»

    Aujourd'hui, 70 000 Lakotas vivent dans les réserves des États du Da­kota du Nord et du Dakota du Sud.

       

    Comanches (de leur vrai nom Numinu, c'est-à-dire le «peuple ») Cette Tribu s'est installée au XVIIe siècle dans les Plaines, où elle a adopté un mode de vie nomade, fondé sur la chasse aux. Bisons.

    Les Comanches sont réputés pour être les meilleurs cavaliers du monde. Ils peuvent se mettre debout sur leur monture, passer sous le ventre du cheval et tirer des flèches d'une seule main!

     

    Voici la description que fait le peintre CATLIN des acrobaties d'un guerrier comanche:

     «Il se laisse tomber le long du flanc de sa monture, se maintenant par un pied sur le dos du cheval, protégé ainsi des armes ennemies. Prenant appui sur le talon par lequel il reste accroché, il se redresse ou se laisse glisser le long de l'autre flanc. Lancé au galop, tenant à la main son arc, son bouclier et sa lance, dans cette magnifique position, il tires sur l'ennemi par-dessus le dos de sa monture, en se redressant, ou bien, avec une égale dextérité, par­ dessous l'encolure. »

    Les Comanches ont, hélas été en grande partie décimés par les épi­démies à l'arrivée des Blancs.

     

    Hurons
    Sur les bords des Grands Lacs du Canada vivait la Tribu des Hurons. Comme les Iroquois, ils construi­saient des Longues-Maisons en bois dans lesquelles pouvaient vivre plusieurs familles. Ils partageaient avec eux la même langue et le même mode de vie (culture de maïs, de courges et de haricots, pêche, chasse).

    Leur véritable nom est Wendats, mais lorsque les premiers trappeurs français entrèrent en contact avec ce peuple, ils furent surpris par leur coiffure: un crâne rasé laissant juste une touffe de cheveux dressés comme une hure de sanglier. Ils les baptisèrent donc Hurons.

    Les Hurons, qui étaient près de 20 000 au début du XVIIe siècle, furent décimés par les guerres que leur menèrent Anglais, Hollandais et Iroquois. Vers 1900, ils n'étaient plus qu'à peine un millier.

                                                 
    Mohicans

    Cette tribu du Canada a été ren­due célèbre par Fenimore Cooper. Ce romancier du XIXe siècle a en effet remporté un succès considé­rable, avec son roman, Le Dernier des Mohicans. Il raconte les aven­tures d'un trappeur, Bas de Cuir, fasciné par les Indiens et leur mode de vie libre et sauvage. Avec ce livre, Fenimore Cooper lancera en Europe le mythe romantique du bon Indien proche de la nature et menacé par la civilisation.

                                                                                      

    Navajos  C'est une tribu du sud-ouest des États-Unis.

    Les Navajos vivaient de chasse et de cueillette. Mais avec l'arrivée des Blancs, qui leur firent connaître les moutons, ils devinrent d'habiles éle­veurs. Ils habitaient dans des huttes d'écorce et de terre: les hogans.

    Leur tranquillité prit fin lorsque le général Carleton décida de leur faire quitter leur territoire pour les ins­taller dans les plaines arides du Sud-Est. Il chargea le célèbre Kit Carson de les pourchasser sans relâche. Celui-ci, à la tête de ses mercenaires, leur mena une guerre impitoyable, brûlant leurs champs de maïs et de pêchers (près de 3 000 au canyon de Chelly !) et anéantissant leurs troupeaux de moutons. Les Navajos furent alors contraints, en 1864, de rejoindre sous une escorte de soldats la réserve qu'on leur avait imposée. Au cours de ce qu'on a appelé la Longue Marche (500 km !), plus de 200 Navajos moururent.

    Après quatre années terribles, ils réussirent à reconquérir une partie de leur ancien territoire. Ils y re­prirent l'élevage et leur mode de vie, dans lequel la beauté et la spiri­tualité tiennent une grande place. Ils sont aujourd'hui près de 160 000 (soit la plus forte population indienne du continent!), répartis dans plusieurs réserves (en Arizona, au Nouveau-Mexique et en Utah).

    Pendant la Seconde Guerre mon­diale et dans sa lutte contre les Japonais, l'armée américaine se servit de codeurs navajos pour transmettre des messages. Ceux-ci utilisaient les secrets de leur langue pour communiquer les informations importantes. Jamais les Japonais ne réussirent à percer leur code secret!

     

    « La beauté devant moi

    Fasse que je marche

    La beauté derrière moi

    Fasse que je marche

    La beauté au-dessus

    De moi fasse que je marche

    La beauté au-dessous

    De moi fasse que je marche

    La beauté tout autour de moi

    Fasse que je marche. »

    Strophe du Kledze Hatal,
     chant chamane navajo.

     

     

    February 08

    Iktomi

    Dans les contes Lakota, Iktomi (l'homme-araignée) est le plus far­ceur et le plus coquin des dieux. On l'appelle aussi le Tricheur ou Vieil Homme coyote. Il joue sans cesse de bons tours à tout le monde. Mais il n'a que rarement la forme d'une araignée car il possède le pouvoir de changer d'apparence. Ses pou­voirs sont immenses: selon la mythologie Lakota, c'est lui qui a créé l'espace et le temps, qui a inventé le langage et donné leurs noms aux animaux. On prétend même qu’Iktomi aurait annoncé la venue de l'homme blanc.

      

    Un jour, Iktomi s'ennuyait lorsqu'il vit passer Faucon. Il lui demanda donc de l'emmener faire un tour. Celui-ci le prit sur ses ailes et ils partirent survoler les grandes plaines. Mais Iktomi ne peut pas s'empêcher de jouer des tours, Aussi, chaque fois qu'ils croisaient un autre oiseau, il utilisait le langage des signes pour lui dire que Faucon n'était qu'un imbécile. Il pensait que là où il était perché, Faucon ne pouvait pas le voir. Hélas, Faucon pouvait voir leur ombre sur le sol et il se rendit compte qu'Iktomi se moquait de lui. Pour se venger, il monta donc à la verticale vers le ciel lktomi lâcha prise, tomba dans le vide et atterrit dans un arbre creux. Il était déjà bien en peine lorsqu'il se mit soudain à pleuvoir. Et plus il pleuvait, plus Iktomi gonflait comme une éponge. Il était bien près de mourir étouffé! Il eut si peur que cela lui inspira une prière:

       

    Ô Grand Esprit, pourquoi m'as-tu fait si rusé,

    Toujours prêt à jouer des tours?

    Cela ne me cause que des malheurs.

    Je t'en prie, aie pitié de moi!

    Il s'humilia, se fit tout petit,

    Si petit qu'il réussit enfin à sortir de son  arbre creux.

    Il jura qu'il ne recom­mencerait plus.

     

    Mais qui peut croire Iktomi ? »

     

    February 04

    LeS TrIbUs (1er partie)

    Algonquins  Ce nom désigne deux choses: un groupe de plusieurs tribus éparpillées de la côte Nord Est aux grandes plaines et parlant la même langue (les Delawares, les Ottawas, les Ojibways, les Illinois...), et une tribu plus particulièrement, celle des Algonquins.

     À la différence de leurs voisins  IROQUOIS, les Algonquins sont nomades. Leur territoire couvre presque tout le Québec d'aujour­d'hui. Les hommes chassent le daim dans les forêts où pêchent dans les nombreux lacs et rivières sur leurs canoës en bouleau. Des canoës si légers qu'ils peuvent les porter sur le dos pour franchir des rapides. Quand aux femmes, elles entretiennent le wigwam et cultivent, par brûlis sur la forêt, des petites parcelles de maïs, de fèves et de potirons.

    Les Algonquins furent les premiers Indiens à accueillir les Européens (Français, Anglais et Hollandais) et les premiers à se battre pour ré­sister à leur avancée. Mais les épidémies apportées par les Blancs entraînèrent leur perte. En 1780, la variole décima les tribus. Et les Anglais n'hésitèrent pas à aban­donner en forêt des mouchoirs et des couvertures contaminés par la petite vérole pour les exterminer. Ce fut la première guerre bactério­logique de l'histoire! 

                                  


    APACHES  Ensemble de tribus du Nouveau-Mexique et  de l'Arizona.   Ce nom,  qui signifie les « ennemis », leur a été donné par les ZUNIS.

      Les Apaches vivent de cueillette et d'un peu d'agriculture. Ce sont aussi des guerriers redoutables qui orga­nisent des raids pour piller leurs voisins. On les disait capables de parcourir plus de 60 km à pied en une seule journée, pendant plu­sieurs jours d'affilée. Leurs chefs, Geronimo et Cochise, sont restés dans les mémoires. Ils résistèrent longtemps aux envahisseurs blancs.

      La guerre entre les blancs et les apaches débuta en 1861 lorsque des colons accusèrent à tort leur chef Cochise d’avoir enlevé un jeune blanc. Cochise vint parlementer avec un drapeau blanc. L’armée tenta alors de s’emparer de lui. Il s’enfuit sous une pluie de balle, mais jura de se venger. La guerre qui s'ensuivit fut terrible car les Apaches étaient passés maîtres dans l'art de la guérilla, des embus­cades et des attaques surprises.

    Cependant, l'armée mit en œuvre d'énormes moyens et Cochise se rendit en 1872. Il mourut en 1874 dans une réserve, désespéré. Mais lorsque les Blancs voulurent de nou­veau déplacer les Apaches dans la réserve de San Carlos, un marais infester par la malaria, beaucoup de guerriers apaches s'enfuirent au Mexique. Sous la conduite de leurs chefs Victorio et Nana, ils menèrent de terribles razzias dans le Nou­veau-Mexique et l'Arizona avant d'être vaincus. Le chef des Apaches Chiricahuas, Geronimo, fut le der­nier à capituler, en juin 1883.

     

    «  Mon fils, tu dois savoir que per­sonne ne t'aidera en ce monde. C'est toi qui dois te préparer. Apprends à courir dans les montagnes, cela te rendra fort. Seuls ton cerveau, tes jambes, tes yeux, tes cheveux, tes mains seront tes amis; c'est avec ça que tu dois te préparer. ))

    Conseil d'un père apache à son fils

     

                                         
     ARAPAHOS   De leur vrai nom Hinono'eho, le « peuple du ciel »

      Cette tribu vivait à l’origine à l'ouest des Grands lacs.

    Au XVII ème  siècle, elle  se déplaça vers les plaines où elle adopta un mode de vie nomade, fondé sur la chasse aux bisons.

    Ces remarquables cavaliers s'illus­trèrent dans les guerres contre les Blancs aux côtés des Cheyennes et des Lakotas. Ils étaient pré­sents à la bataille de Little Big Horn sous les ordres des grands chefs lakotas Sitting Bull et  Crazy Horse.

    On trouve aujourd'hui des Arapahos dans la réserve de Wind River (Wyoming).

     

                                        
     BLACKFEET Cette tribu s’appelait en fait nitsitapix, le « vrai peuple »

      Le nom de Blackfeet (Pieds Noirs) leur a été donné par les trappeurs français, sans doute en raison de la suie noire dont ils enduisaient leurs mocassins, afin de les imperméabiliser.

    Avant l’arrivée des blancs, ils constituaient une puissante confédération guerrière qui les faisait craindre de leurs voisins. Leurs tribus nomades vivaient et chassaient dans les plaines du Nord et le long des montagnes Rocheuses. Mais ils furent décimés par l’épidémie de variole de 1836.

    Il existe encore aujourd’hui des réserves Blackfeet dans le Montana et l’Alberta canadien.

     

    CHEYENNES  De leur vrai nom les Tse-tsehese-staestse, c’est à dire les « êtres humains ». Beaucoup de tribus s’appelaient tout simplement dans leur langue hommes ou peuple : Apaches (le peuple) Hopis (le peuple pacifique), Cherokees (le peuple des cavernes)... Cheyennes est le nom que leur donnèrent les Lakotas et qui signifie ceux qui parlent en langue étrangère.

      Les Cheyennes sont l’une des grandes tribus nomades des Plaines qui se battit  farouchement pour conserver ses terres ancestrales. Mais ils payèrent chèrement leur esprit de liberté lors du massacre de Sand Creek, en 1864. Trois cents femmes et enfants y furent tués sans pitié par les tuniques bleues. Ils participèrent  cependant aux cotés des Lakotas à la bataille de Little Big Horn (1876) où ils battirent les armées du général Custer... avant de devoir eux aussi se soumettre.

    Les Cheyennes étaient réputé pour leur courage et pour la beauté de leurs vêtements et parures.