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March 28 Les cheveux de la vieille
Depuis des temps immémoriaux,
« Peu importe, nous finirons bien par trouver de braves gens qui nous accueilleront, » disait la grand-mère à son petit-fils pour le réconforter. Et ils continuaient leur route, par monts et par vaux. Un jour enfin ils échouèrent au camp de la tribu des Alligators. C'étaient des Indiens parmi les plus pauvres, mais au cœur généreux. Ils invitèrent les deux pèlerins à se chauffer à leur feu, et partagèrent avec eux le peu de nourriture qu'ils avaient. Leur chef, Dent d'Alligator, leur tint ce langage: « Si tel est votre désir, vous pouvez rester parmi nous. Mais vous devez savoir que nous souffrons souvent de la faim. Nos terrains de chasse ne sont pas riches en gibier. De plus, il nous faut sacrifier nos meilleures prises aux Alligators, si nous ne voulons pas perdre leur protection. » « Nous serons heureux de partager votre sort, quel qu'il soit,» répondit la vieille. «En retour, je veillerai sur les enfants. Ainsi, je ne serai pas une charge inutile. » Dès le lendemain à l'aube, tous les chasseurs quittèrent le camp, bientôt suivis par toutes les femmes. Seuls les enfants étaient restés avec la vieille. A vrai dire, les enfants avaient l'habitude d'être livrés à eux-mêmes toute la journée. Ils jouaient ensemble, sans trop se soucier de leur abandon. Mais ce qu'ils ne pouvaient pas faire, c'était se procurer leur nourriture. Si bien qu'ils restaient toujours sans manger jusqu'au retour de leurs parents, le soir.
La vieille n'était pas seulement une excellente narratrice de contes merveilleux. Elle savait à quelle heure exacte les petits commençaient à avoir faim. Elle disparaissait alors un moment, et revenait bientôt chargée d'une énorme marmite d'où s'exhalait un fumet appétissant. « C'est du gruau de maïs, » leur expliquait-elle. « Tant que vous resterez des enfants bien sages, vous en aurez toujours à volonté. » Ainsi passèrent les semaines et les mois, jusqu'au dernier de l'année: le mois de la Longue Nuit. La vieille continuait à servir aux enfants son savoureux gruau de maïs, mais elle devenait de plus en plus frêle. On eût dit qu'elle s'évaporait lentement comme la fumée, au-dessus de sa marmite. Un matin, elle se sentit si faible qu'elle ne put se lever. Elle fit alors venir son petit fils et lui dit:
Ce furent les dernières paroles de la bonne vieille. Tous les jours à midi, elle donnait cependant encore à son petit-fils une marmite de gruau de maïs, mais le jour où le premier épi mûrit derrière son wigwam, elle disparut et plus personne ne la revit. « Hélas, nous ne la reverrons plus! » dit Dent d'Alligator. « Mais elle restera parmi nous. Voyez » et il désigna de la main, le maïs mûrissant tout autour du camp « elle s'est changée en ces plantes qu'elle nous a apportées pour que nous ne souffrions plus jamais de la faim. » C'est de cette façon, que la bonne vieille rendit son hospitalité à la tribu. Et depuis, les Indiens ont toujours bien soigné leur cher maïs. Lorsque les cheveux sortent des oreilles vertes des épis, ils croient y voir les cheveux d'argent de la bonne vieille.
March 24 une passerelle vertigineuse et controversée inaugurée au Grand Canyon
C'est l'astronaute Buzz Aldrin qui a inauguré le "Skywalk" (la promenade dans le ciel), une prouesse architecturale dont les parois et le fond sont transparents. Elle avance de plus de 22 mètres dans le canyon et se trouve à près de 1,3 km au-dessus du vide. "Je me suis senti très bien", a lancé Aldrin, 77 ans, le deuxième homme à avoir marché sur la Lune après Neil Armstrong en 1969, peu après avoir arpenté le "Skywalk" avec des membres de la tribu Hualapai. "Ce n'était pas vraiment comme flotter dans l'air ou marcher dans l'espace, mais ça a été formidable", a-t-il dit aux journalistes.
Pesant quelque 500 tonnes, la passerelle est construite en verre feuilleté renforcé et soutenue par des attaches en acier colossales, enfoncées à plus de 14 mètres dans le roc. Des amortisseurs géants empêchent la structure de vibrer sous le poids des visiteurs, selon les architectes. Grâce à cette passerelle, située à 192 km de la capitale du jeu Las Vegas (Nevada, ouest), la principale destination de vacances des Américains, les Hualapai espèrent attirer les touristes pour sortir de la pauvreté, mais certains membres de la tribu critiquent une réalisation qui "désacralise" la terre de leurs ancêtres.
"Notre peuple souffre de la pauvreté et du chômage depuis des années. Je ne crois que l'on puisse nous critiquer pour vouloir que cela change", a indiqué Sheri Yellowhawk, qui a participé au projet réalisé par un homme d'affaires de Las Vegas, David Jin, qui a investi 30 millions de dollars. En vertu d'un accord avec la tribu Hualapai, celle-ci lui reversera pendant 25 ans la moitié des recettes. Le ticket d'entrée sur la passerelle a été fixé à 25 dollars. Charlie Vaughn, dirigeant du conseil tribal des Hualapai, a souligné pour sa part que le projet n'avait pas soulevé de protestations des membres de la tribu lorsqu'il a été annoncé. "J'ai considéré que ce silence était un accord. Je comprends que les gens soient mécontents de l'impact sur l'environnement, mais lorsque je compare cela à l'avenir de nos enfants, cela met ces problèmes en perspective".
"La Tour Eiffel est une merveille architecturale", a-t-il déclaré à CNN. "Mais est-ce que je veux une Tour Eiffel au bord du Grand Canyon? Non". La passerelle sera accessible au grand public Qu'en pensez vous?
March 15 Comment les Indiens ont eu des chevaux
C'est que vois-tu, en ce temps-là, les Indiens n'avaient pas encore de chevaux. Sans doute Tirawa, le Grand Esprit, avait-il oublié de les doter de cet animal si utile? Alors, pour tous leurs transports, ils devaient utiliser les chiens, ou leur propre dos.
Tous les printemps, dès qu'au loin le roulement de sabots des bisons se faisait entendre et que les premières crinières noires se profilaient à l'horizon, les Indiens quittaient en masse le village. Ils pourchassaient les troupeaux qui leur procuraient la viande et les fourrures pour l'hiver. C'étaient les jours que craignait le plus l'orphelin. Alors, il était abandonné de tous. Seul, il lui était bien difficile de se procurer à manger. Déjà, plus d'une fois il était arrivé que les gens, à leur retour, le retrouvassent à moitié mort d'inanition.
Pauvre gamin! Il était là, tout seul, assis sur le seuil de sa cabane. Son regard restait attaché au nuage de poussière soulevé par les derniers chasseurs et leurs chiens, et qui lentement retombait. Les cris et les aboiements étaient encore perceptibles, mais les ombres s'étaient déjà évanouies dans la Prairie.
La poussière se trouva bientôt toute trempée de ses larmes. Soudain il lui sembla entendre une voix, douce et fluette, qui commandait: « Allons, assez pleuré! Va jouer! Montre de quoi tes faibles doigts sont capables! » Qui avait parlé? Et avec quoi devait-il jouer? Son regard restait penché, fixant le petit tas de poussière transformée en boue par ses larmes, entre ses pieds. Ça avait l'air d'être tout juste prêt à modeler.
Le grand Tirawa en personne quittait sa lointaine demeure pour venir lui dire : « C'est moi qui t'ai ordonné de jouer. A mon instigation, tes doigts ont modelé les chevaux que tu pourras désormais employer pour tirer des charges ou pour te porter. Comme ils sont encore beaucoup trop petits, tu dois les mener paître et les abreuver durant quatre jours et quatre nuits, au long de la Grande Rivière. Ils grandiront, puis te rendront bien des services! »
Le gamin s'éveilla. Prenant ses deux figurines, il courut avec elles jusqu'à la Grande Rivière; Il savait où se trouvait l'herbe la plus fraîche et la plus abondante. Il déposa ses statuettes avec de grandes précautions, pour ne pas les abîmer. Dès qu'ils eurent touché le sol, les chevaux s'animèrent, et se mirent à hennir. L'orphelin n'en croyait pas ses yeux. Et, miracle entre les miracles, ils grandissaient à vue d'œil!
Dans son inexpérience, il n'avait jamais vu de cheval, auparavant. C'est pourquoi il avait pensé que de toute façon, ils n'auraient plus grandi, le quatrième jour. Mais le grand Tirawa l'observait. Il fut d'abord un peu décontenancé, car sa première intention avait été de donner aux Indiens un cheval aussi grand que celui des Visages Pâles. Puis il se dit qu'après tout, un petit cheval c'est plus leste, ça rendrait de meilleurs services à la chasse. C'est pourquoi un cheval indien s'appelle un poney, ce qui veut dire « petit cheval».
A sa vue, le chef et les autres furent rudement surpris. Leurs yeux ne pouvaient se détacher des deux poneys. Quant à notre héros, désormais il ne serait plus jamais un pauvre et faible enfant abandonné. Il était en train de devenir un solide jeune gaillard, qui sans doute deviendrait chef de tribu, dans quelques années.
March 07 LeS tRiBus (fin)
Les noms qui figurent sur cette carte
Dans le Sud-Est, les Cherokees, les Choctaws, les Creeks, les Natchez sont des agriculteurs fixés dans de gros villages. En Floride, les Timucuas étaient des chasseurs pêcheurs. Autour des Grands Lacs séjournaient les Sauks, les Fox, les Miamis, les Ojibwas, qui récoltaient le riz sauvage et pêchaient le « poisson blanc» (une sorte de grosse truite). Dans le Sud-Ouest, les Hopis, les Navajos, les Zunis cultivaient le maïs alors que, dans les déserts voisins, les Mohaves, Pimas, traquaient le petit gibier et ramassaient des baies.
En Californie, les Pomos, les Maidus, les Hupas récoltaient les glands et vivaient de la chasse au petit gibier. Dans le Nord-Ouest, les Kwakiuds, les Nootkas, les Haidas, les Tlingits et les Tsimshians sont pêcheurs de saumon. A la limite du Grand Nord, les chipewyans et les Crees traquaient le caribou.
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