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    March 28

    Les cheveux de la vieille

    Depuis des temps immémoriaux,
    Les Indiens employaient le maïs en guise de froment,
    Car ils ne connaissaient pas cette céréale.
    Le pain, les gâteaux, tout était fait de farine de maïs.
    Il existe une jolie légende indienne
    Sur l'apparition du maïs dans le monde.

    Il était une fois une vieille grand-mère qui errait à travers le pays indien, accompagnée de son petit-fils. Personne ne savait d'où ils venaient, ni où ils allaient. Personne non plus n'invitait les deux voyageurs à se réchauffer au coin du feu, malgré leurs prières. C'était à une époque où la plupart des Indiens avaient brandi leur tomahawk et se faisaient la guerre entre tribus. Tout nouveau venu était suspect, on craignait les espions.

    « Peu importe, nous finirons bien par trouver de braves gens qui nous accueilleront, » disait la grand-mère à son petit-fils pour le réconforter.

    Et ils continuaient leur route, par monts et par vaux. Un jour enfin ils échouèrent au camp de la tribu des Alligators. C'étaient des Indiens parmi les plus pauvres, mais au cœur généreux. Ils invitèrent les deux pèlerins à se chauffer à leur feu, et partagèrent avec eux le peu de nourriture qu'ils avaient. Leur chef, Dent d'Alligator, leur tint ce langage:

    « Si tel est votre désir, vous pouvez rester parmi nous. Mais vous devez savoir que nous souffrons souvent de la faim. Nos terrains de chasse ne sont pas riches en gibier. De plus, il nous faut sacrifier nos meilleures prises aux Alligators, si nous ne voulons pas perdre leur protection. »

    « Nous serons heureux de partager votre sort, quel qu'il soit,» répondit la vieille.

    «En retour, je veillerai sur les enfants. Ainsi, je ne serai pas une charge inutile. »

    Dès le lendemain à l'aube, tous les chasseurs quittèrent le camp, bientôt suivis par toutes les femmes. Seuls les enfants étaient restés avec la vieille.

    A vrai dire, les enfants avaient l'habitude d'être livrés à eux-mêmes toute la journée. Ils jouaient ensemble, sans trop se soucier de leur abandon. Mais ce qu'ils ne pouvaient pas faire, c'était se procurer leur nourriture. Si bien qu'ils restaient toujours sans manger jusqu'au retour de leurs parents, le soir.

    Maintenant, c'était mieux. Les enfants se serraient autour des jupes de la vieille, comme des poussins autour de la mère poule. Elle leur racontait des histoires. Il y en avait une qui leur plaisait plus que tout: celle qui expliquait pourquoi la terre n'était pas seulement couverte d'herbe et de fleurs mais aussi d'arbres très hauts. Un jour, le puissant Manitou eut envie de caresser des fleurs qu'il voyait palpiter au vent sur leur tige gracile. Mais, du haut de son ciel, il avait beau se pencher, il ne pouvait pas les attein­dre.  Elles restaient trop basses, hors de sa portée. Alors, il exprima le souhait que les tiges poussent jusqu'à ce que les fleurs arrivent à ses paumes. Et les pins, les sapins, les érables se sont élancés, ils ont poussé, poussé tant et si bien que leurs magnifiques couronnes ont atteint les cieux. Maintenant, Manitou peut les caresser à sa guise, il lui suffit d'étendre la main et l'on peut voir les arbres onduler mollement sous sa caresse, avec un doux murmure.

     La vieille n'était pas seulement une excellente narratrice de contes merveilleux. Elle savait à quelle heure exacte les petits commençaient à avoir faim. Elle disparaissait alors un moment, et revenait bientôt chargée d'une énorme marmite d'où s'exhalait un fumet appétissant.

     « C'est du gruau de maïs, » leur expliquait-elle. « Tant que vous resterez des enfants bien sages, vous en aurez toujours à volonté. »

     Ainsi passèrent les semaines et les mois, jusqu'au dernier de l'année: le mois de la Longue Nuit. La vieille continuait à servir aux enfants son savoureux gruau de maïs, mais elle devenait de plus en plus frêle. On eût dit qu'elle s'évaporait lentement comme la fumée, au-dessus de sa marmite.

    Un matin, elle se sentit si faible qu'elle ne put se lever. Elle fit alors venir son petit­ fils et lui dit:

    « Mon cher enfant, je sens que je vais bientôt quitter ce monde. Les grains de maïs que j'ai semés ont pris racine et vont bientôt pousser: j'ai accompli ma tâche. Maintenant, il incombe à toi et aux autres enfants, de les soigner. Il faut les arroser, les biner, sarcler. Sinon, il n'y aura pas de récolte. »

    Ce furent les dernières paroles de la bonne vieille. Tous les jours à midi, elle donnait cependant encore à son petit-fils une marmite de gruau de maïs, mais le jour où le premier épi mûrit derrière son wigwam, elle disparut et plus personne ne la revit.

    « Hélas, nous ne la reverrons plus! » dit Dent d'Alligator. « Mais elle restera parmi nous. Voyez » et il désigna de la main, le maïs mûrissant tout autour du camp « elle s'est changée en ces plantes qu'elle nous a apportées pour que nous ne souffrions plus jamais de la faim. »

    C'est de cette façon, que la bonne vieille rendit son hospitalité à la tribu. Et depuis, les Indiens ont toujours bien soigné leur cher maïs. Lorsque les cheveux sortent des oreilles vertes des épis, ils croient y voir les cheveux d'argent de la bonne vieille.

    March 24

    une passerelle vertigineuse et controversée inaugurée au Grand Canyon

    Une passerelle de verre surplombant le Grand Canyon a été inaugurée mardi par des Indiens en Arizona (sud-ouest) voulant attirer les touristes, un édifice vertigineux qui a aussi été critiqué par des écologistes et certains membres de la tribu.

    C'est l'astronaute Buzz Aldrin qui a inauguré le "Skywalk" (la promenade dans le ciel), une prouesse architecturale dont les parois et le fond sont transparents. Elle avance de plus de 22 mètres dans le canyon et se trouve à près de 1,3 km au-dessus du vide.

    "Je me suis senti très bien", a lancé Aldrin, 77 ans, le deuxième homme à avoir marché sur la Lune après Neil Armstrong en 1969, peu après avoir arpenté le "Skywalk" avec des membres de la tribu Hualapai. "Ce n'était pas vraiment comme flotter dans l'air ou marcher dans l'espace, mais ça a été formidable", a-t-il dit aux journalistes.

    Les architectes du projet, véritable défi à la gravité, affirment que la structure est capable de supporter le poids de plusieurs centaines de personnes en même temps et ne sera pas affectée par les vents parfois violents qui soufflent dans le Grand Canyon, au fond duquel coule le fleuve Colorado.

    Pesant quelque 500 tonnes, la passerelle est construite en verre feuilleté renforcé et soutenue par des attaches en acier colossales, enfoncées à plus de 14 mètres dans le roc. Des amortisseurs géants empêchent la structure de vibrer sous le poids des visiteurs, selon les architectes.

    Grâce à cette passerelle, située à 192 km de la capitale du jeu Las Vegas (Nevada, ouest), la principale destination de vacances des Américains, les Hualapai espèrent attirer les touristes pour sortir de la pauvreté, mais certains membres de la tribu critiquent une réalisation qui "désacralise" la terre de leurs ancêtres.

    "Je dirais que la plupart des Hualapai y sont opposés", a souligné Don Havatone, un guide touristique de 46 ans. "C'est difficile à accepter. Il s'agit d'une terre sacrée pour nous et nous la dérangeons. Mais d'un autre côté, je pense que les gens finiront par l'accepter s'ils voient que nos enfants peuvent bénéficier du tourisme".

    "Notre peuple souffre de la pauvreté et du chômage depuis des années. Je ne crois que l'on puisse nous critiquer pour vouloir que cela change", a indiqué Sheri Yellowhawk, qui a participé au projet réalisé par un homme d'affaires de Las Vegas, David Jin, qui a investi 30 millions de dollars. En vertu d'un accord avec la tribu Hualapai, celle-ci lui reversera pendant 25 ans la moitié des recettes. Le ticket d'entrée sur la passerelle a été fixé à 25 dollars.

    Charlie Vaughn, dirigeant du conseil tribal des Hualapai, a souligné pour sa part que le projet n'avait pas soulevé de protestations des membres de la tribu lorsqu'il a été annoncé. "J'ai considéré que ce silence était un accord. Je comprends que les gens soient mécontents de l'impact sur l'environnement, mais lorsque je compare cela à l'avenir de nos enfants, cela met ces problèmes en perspective".

    Les écologistes ont également fustigé la construction de la passerelle qui, selon eux, dénature l'un des plus beaux paysages naturels au monde, comme Kieran Suckling, du "Centre pour la biodiversité".

    "La Tour Eiffel est une merveille architecturale", a-t-il déclaré à CNN. "Mais est-ce que je veux une Tour Eiffel au bord du Grand Canyon? Non".

                           La passerelle sera accessible au grand public
                           à compter du 28 mars.

    Qu'en pensez vous? 

     

     

    March 15

    Comment les Indiens ont eu des chevaux

     

    Dans un village indien planté au bord de la Grande Rivière vivait un jeune orphelin, très pauvre. Sa hutte de terre était la plus petite de toutes, et comme il était encore trop petiot et trop faible pour porter une arme, il devait mendier sa nourriture. Hélas, on le chassait souvent. «Pourquoi devrions-nous te nourrir? Tu n'es bon à rien!» disaient les gens, et ils ajoutaient, pour se moquer: « Un bébé te rendrait des points pour porter les fardeaux! »

    C'est que vois-tu, en ce temps-là, les Indiens n'avaient pas encore de chevaux. Sans doute Tirawa, le Grand Esprit, avait-il oublié de les doter de cet animal si utile? Alors, pour tous leurs transports, ils devaient utiliser les chiens, ou leur propre dos.

    Le chef de tribu, cependant, ne refusait jamais de donner à l'orphelin quelque chose à se mettre sous la dent. Un jour, il lui fit même cadeau d'une paire de mocassins. Il invitait les gens de la tribu à aider le petit, en leur disant: « Tirawa sait pourquoi ce petit garçon est venu au monde. Peut-être un jour sera-t-il un grand héros qui fera la gloire du village.» Rares cependant étaient ceux qui ajoutaient foi à ces paroles. Quel genre de héros pouvait sortir de ce gringalet, on se le demandait?

    Tous les printemps, dès qu'au loin le roulement de sabots des bisons se faisait entendre et que les premières crinières noires se profilaient à l'horizon, les Indiens quittaient en masse le village. Ils pourchassaient les troupeaux qui leur procuraient la viande et les fourrures pour l'hiver. C'étaient les jours que craignait le plus l'orphelin. Alors, il était abandonné de tous. Seul, il lui était bien difficile de se procurer à manger. Déjà, plus d'une fois il était arrivé que les gens, à leur retour, le retrouvassent à moitié mort d'inanition.

    Un beau matin du Mois des Fleurs, les sentinelles virent pointer au loin les familières crinières noires. «Les bisons! Les bisons!» entendait-on crier partout. Et avant même que les premiers rayons du soleil n'aient dissipé la brume matinale, le village s'était presque complètement vidé.

    Pauvre gamin! Il était là, tout seul, assis sur le seuil de sa cabane. Son regard restait attaché au nuage de poussière soulevé par les derniers chasseurs et leurs chiens, et qui lentement retombait. Les cris et les aboiements étaient encore perceptibles, mais les ombres s'étaient déjà évanouies dans la Prairie.

    On l'avait laissé tout seul! Des larmes amères jaillirent de ses yeux, et tombèrent jus­qu'à ses mocassins. Il aurait tant voulu suivre les autres, mais personne ne voulait de lui.

    La poussière se trouva bientôt toute trempée de ses larmes. Soudain il lui sembla  entendre une voix, douce et fluette, qui commandait:

    « Allons, assez pleuré! Va jouer! Montre de quoi tes faibles doigts sont capables! »

    Qui avait parlé? Et avec quoi devait-il jouer? Son regard restait penché, fixant le petit tas de poussière transformée en boue par ses larmes, entre ses pieds. Ça avait l'air d'être tout juste prêt à modeler.

    «Je vais me faire un chien, ainsi, je ne me sentirai plus si seul, » se dit-il, tout en entreprenant de modeler entre ses doigts la terre molle et souple. Mais, qu'est-ce qui se passe? Voilà qu'au lieu de courtes pattes de chien, il fait sortir quatre longues pattes, avec des sabots. La tête aussi, était trop longue pour être celle d'un chien, et puis elle avait des oreilles pointues, redressées, quelque chose comme une crinière de bison sur le cou. Et, derrière, une queue pas du tout pareille à celle d'un chien. Qu'avait-il créé là ? Jamais il n'avait vu un animal pareil! «Quel drôle de chien ! Je vais recommencer. Mais cette fois-ci, je vais faire attention! » Il eut beau faire attention. C'était comme si quelque chose guidait ses doigts. Il refit malgré lui un animal du même genre que le précédent.

    Perplexe, il contemplait ses deux figurines. Il les avait posées sur le sol, devant lui. On eût dit qu'elles allaient prendre leur élan d'un instant à l'autre. Le garçonnet se sentit soudain très las. S'étendant à même le sol, il s'endormit immédiatement. Et il eut un rêve:

    Le grand Tirawa en personne quittait sa lointaine demeure pour venir lui dire :

    « C'est moi qui t'ai ordonné de jouer. A mon instigation, tes doigts ont modelé les chevaux que tu pourras désormais employer pour tirer des charges ou pour te porter. Comme ils sont encore beaucoup trop petits, tu dois les mener paître et les abreuver durant quatre jours et quatre nuits, au long de la Grande Rivière. Ils grandiront, puis te rendront bien des services! »

    Tirawa se tut et se dissipa dans l'espace, tel un frisson à la surface de l'eau.

    Le gamin s'éveilla. Prenant ses deux figurines, il courut avec elles jusqu'à la Grande Rivière; Il savait où se trouvait l'herbe la plus fraîche et la plus abondante. Il déposa ses statuettes avec de grandes précautions, pour ne pas les abîmer. Dès qu'ils eurent touché le sol, les chevaux s'animèrent, et se mirent à hennir. L'orphelin n'en croyait pas ses yeux. Et, miracle entre les miracles, ils grandissaient à vue d'œil!

    Il les laissa brouter l'herbe et boire l'eau de la rivière tout leur content. Le soir, il les ramena au village. En si peu de temps, ils avaient tant grandi, que c'est à peine s'ils tenaient dans sa cabane. La nuit suivante, il dut les abriter dans le wigwam du chef, plus haut et plus spacieux.

    Le garçon était rudement content, de voir ses chevaux devenir si grands et si forts! Au matin du troisième jour, il chevaucha par le village, et avait grande envie d'aller rejoindre ses voisins et ses amis à la chasse au bison. Ne pouvant résister, il oublia le conseil du puissant Tirawa, et s'élança. Il traversa la Grande Rivière et mena ses deux petits chevaux sur les traces du troupeau de bisons.

    Dans son inexpérience, il n'avait jamais vu de cheval, auparavant. C'est pourquoi il avait pensé que de toute façon, ils n'auraient plus grandi, le quatrième jour. Mais le grand Tirawa l'observait. Il fut d'abord un peu décontenancé, car sa première intention avait été de donner aux Indiens un cheval aussi grand que celui des Visages Pâles. Puis il se dit qu'après tout, un petit cheval c'est plus leste, ça rendrait de meilleurs services à la chasse. C'est pourquoi un cheval indien s'appelle un poney, ce qui veut dire « petit cheval».

    Au bout d'un moment de trot, le jeune cavalier vit s'élever au loin la fumée du camp des chasseurs. A cheval, la route lui avait paru très courte.

    A sa vue, le chef et les autres furent rudement surpris. Leurs yeux ne pouvaient se détacher des deux poneys. Quant à notre héros, désormais il ne serait plus jamais un pauvre et faible enfant abandonné. Il était en train de devenir un solide jeune gaillard, qui sans doute deviendrait chef de tribu, dans quelques années.

    Et en vérité, il en fut ainsi. Il ne lui fallut pas longtemps pour battre tous les autres à la course, au tir et à la chasse. Si bien que lorsque le vieux chef s'en fut rejoindre des ancêtres, toute la tribu fut unanime pour le choisir, lui, l'ancien orphelin pauvre, pour leur servir de père à tous. Et il les dirigea avec une grande sagesse, durant de longues années.

     

    March 07

    LeS tRiBus (fin)

    Les noms qui figurent sur cette carte
    Sont ceux des principales tribus indiennes
    Au début du XIXe siècle.
    Mais le nombre des tribus 
     Est beaucoup plus important.
    Ethnologues et historiens
    Divisent l'Amérique du Nord 
     En « aires culturelles » 
     Correspondant à une certaine unité
    Du milieu écologique et du mode de vie,
    Avec toutefois des  exceptions.

     

    Dans le Nord-Est prédominent les villages d'agriculteurs sédentaires, tels que les Iroquois, les Hurons, les Delawares, les Shawnees; Les Algonquins, eux, sont des chasseurs cueilleurs. Près des côtes, les tribus associent pêche et chasse, tels les Micmacs, les Abenakis, les Beothuks, les Penobscots.

    Dans le Sud-Est, les Cherokees, les Choctaws, les Creeks, les Natchez sont des agriculteurs fixés dans de gros villages.

    En Floride, les Timucuas étaient des chasseurs pêcheurs. Autour des Grands Lacs séjournaient les Sauks, les Fox, les Miamis, les Ojibwas, qui récoltaient le riz sauvage et pêchaient le « poisson blanc» (une sorte de grosse truite).

    Dans le Sud­-Ouest, les Hopis, les Navajos, les Zunis cultivaient le maïs alors que, dans les déserts voisins, les Mohaves, Pimas, traquaient le petit gibier et ramassaient des baies.

    Les Grandes Plaines étaient le royaume, des chasseurs de bisons : Sioux, Pawnees, Comanches, Cheyennes, Osages, Kiowas, Assiniboins, Blackfeet, Nez-Percés, Shoshones. Les Mandans sont les seuls Indiens des Plaines à associer chasse et agriculture.

    En Californie, les  Pomos, les Maidus, les Hupas récoltaient les glands et vivaient de la chasse au petit gibier.

    Dans le Nord-Ouest, les Kwakiuds, les Nootkas, les Haidas, les Tlingits et les Tsimshians sont pêcheurs de saumon.

    A la limite du Grand Nord, les chipewyans et les Crees traquaient le caribou.