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May 23 Le serpent Arc-En-Ciel
Lorsqu'un arc-en-ciel se dessine devant nos yeux,
C'était lors d'une vague de chaleur d'une gravité exceptionnelle. On étouffait littéralement. L'air chaud vibrait sur la prairie roussie, les lacs et rivières étaient à sec, les sources taries. Bêtes et gens cherchaient un abri précaire à l'ombre des maigres feuillages. Les habitants d'un coin particulièrement touché se lamentaient: « Hélas, nous en périrons tous! » « Les troupeaux nous quittent. Ils vont à la recherche de l'eau! » « Les poissons sont partis avec la dernière eau de nos rivières. » « Les roses elles-mêmes ne nous laisseront pas une graine à croquer. Elles se fanent toutes avant même de s'épanouir. » Ces lamentations émurent un petit serpent à écailles. Ce n'était pas un serpent ordinaire. Sortant de sa cachette, il s'adressa d'une voix humaine à ces gens désolés et ils en furent assez surpris. Le serpent leur dit tout de go : «J'ai de grands pouvoirs magiques, et j'ai décidé de vous venir en aide. Tout ce que vous aurez à faire, c'est de me jeter dans le ciel. » « Mais tu vas retomber et te briser l'échine, » répondit le sorcier du village. Il était considéré comme le plus grand magicien de la région, et le serpent ne lui inspirait aucune confiance. Puis, il craignait la concurrence! «Je ne vais rien me briser du tout! » repartit le serpent. «Je m'accrocherai au ciel avec mes écailles, et en même temps j'y gratterai un peu de pluie et de neige à votre intention. La prairie là-haut est en glace bleue. » Le sorcier n'abandonnait pas son opposition: «Mais tu es bien trop petit! » protestait-il encore. «Qu'à cela ne tienne! Je peux ramper d'un bout à l'autre de l’horizon. Allez y, lancez-moi de toutes vos forces, aussi haut que vous le pourrez! » Le sorcier ne souffla mot mais, saisissant le serpent qui s'était lové, il le lança rageusement vers le ciel, de toutes ses forces ! Comme pour s'en débarrasser à. jamais. Dans son envol, le serpent se dérou1a. Il devenait de plus en plus long. Il s'étira tellement qu'à la fin sa tête et sa queue touchaient à la terre, de chaque côté de 1'horizon, tandis que son épine dorsale s'incurvait en suivant la voûte céleste. Il se trémoussait un peu pour gratter la glace du ciel avec ses écailles. Comme il grattait tant et plus, son corps se mit à changer de couleur, passant du rouge au jaune, au vert, au bleu, au violet. La glace du ciel commença à fondre, et les gouttes de pluie tombèrent sur la terre, en ondée bienfaisante. Tout renaissait. L'eau revenait dans les rivières, les sources chantaient, les animaux revenaient vers le sol natal, les roses s'épanouissaient. Et les Indiens? Dans leur joie, les Indiens levèrent le visage vers le ciel. Ils laissaient la pluie arroser leurs corps et lui redonner la vitalité. Et, sous la douche céleste, ils se mirent à danser en l'honneur du serpent qui, depuis ce jour-là, continue à incurver son corps élastique, tel un ruban coloré, chaque fois qu'il pleut, un jour de soleil.
May 15 Le Grand Géronimo
Géronimo fait partie de ces chefs Il y avait quatre tribus apaches distinctes:
Tout enfant, je rampais sur le sol souillé du tepee de mon père, ma mère me portait sur son dos, suspendu dans mon tsoch (berceau, en apache) ou me suspendait à une branche d'arbre. Le soleil me réchauffait, le vent me berçait, les arbres m'abritaient comme tous les autres enfants apaches. Quand je fus plus grand, ma mère m'apprit les légendes de notre peuple, me parla du soleil et du ciel, de la lune et des étoiles, des nuages et des orages. Elle m'apprit aussi à m'agenouiller pour prier Usen qu'il me donne la force, la santé, la sagesse et sa protection. Nous ne demandions jamais à Usen de punir une autre personne mais si nous avions quoi que ce soit contre quelqu'un, nous nous vengions nous-mêmes. On nous avait appris qu'Usen ne se préoccupait pas des querelles mesquines des hommes. Mon père me parlait souvent des hauts faits de nos guerriers, des plaisirs de la chasse et des gloires du sentier de la guerre. Quand nous fûmes assez grands pour être de quelque utilité, nous allâmes aux champs avec nos parents. Non plus pour jouer mais pour travailler dur. Quand venait le moment de planter la récolte, nous préparions le sol avec des houes de bois. Nous plantions le maïs en rangs bien droits, les haricots entre les plants de maïs, et les melons et les citrouilles, irrégulièrement à travers le champ. Nous cultivions ces plantes parce que c'était nécessaire. Notre champ n'avait généralement pas plus d'un hectare. Les champs n'étaient jamais clos. Il n'était pas rare que plusieurs familles cultivent la terre dans la même vallée et partagent la tâche de veiller sur la récolte et d'empêcher les poneys de la tribu, les daims ou d'autres animaux sauvages de la détruire. Nous ramassions les melons quand nous voulions en manger. A l'automne, nous récoltions les citrouilles et les haricots et les mettions dans des sacs ou des paniers. Nous liions ensemble les enveloppes des épis de maïs et les poneys portaient ainsi la récolte jusque chez nous. Là, nous décortiquions le maïs et nous placions toute la récolte dans des caves ou tout autre lieu retiré pour ne l'utiliser que l'hiver. Nous ne donnions jamais de maïs à nos poneys mais si nous les gardions' l'hiver, nous leur donnions du fourrage. Nous ne possédions pas de bétail ou autres animaux domestiques, à part nos chiens et nos poneys. Nous ne cultivions pas le tabac car nous le trouvions à l'état sauvage. Nous le coupions et le faisions sécher l'automne mais s'il venait à manquer, le chaume laissé dans les champs remplissait cet office. Tous les Indiens fumaient, hommes et femmes. Les garçons n'avaient le droit de fumer qu'après avoir chassé seuls et tué du gros gibier, comme des loups ou des ours. Il n'était pas interdit aux femmes qui n'étaient pas encore mariées de fumer mais on les trouvait impudentes si elles le faisaient. Presque toutes les mères de famille fumaient. Je me joignais fréquemment à eux et lors d'une de ces excursions, une femme du nom de Cho-ko-le se perdit et, montée sur son poney, partit dans les fourrés à la recherche de ses amies. Son petit chien la suivait tandis qu'elle se frayait difficilement un chemin à travers le sous-bois épais et les pins. Soudain, un grizzli surgit sur son chemin et attaqua le poney. Elle sauta à terre et le poney s'enfuit. L'ours s'attaqua alors à elle et elle se battit du mieux qu'elle put avec son couteau. Son petit chien qui mordait les talons de l'ours et distrayait ainsi son attention lui permit pendant quelque temps de rester hors de sa portée. Finalement, le grizzli la frappa sur le dessus de la tête, lui arrachant presque totalement son scalp. Elle tomba mais ne perdit pas connaissance et, malgré sa chute, elle parvint à lui donner quatre grands coups de couteau et il se retira. Quand il fut parti, elle replaça son scalp arraché et l'attacha du mieux qu'elle put. Puis, elle se sentit mal et s'allongea. Celle nuit-là, son poney revint au camp avec son fardeau de noix et de baies mais sans sa cavalière. Les Indiens se mirent à sa recherche mais ne la trouvèrent qu'au bout de deux jours. Ils la ramenèrent au camp et, grâce aux soins des hommes médecine, toutes ses blessures furent guéries. Les Indiens connaissaient les herbes pour soigner, ils savaient comment les préparer et comment les appliquer. Ceci leur avait été enseigné par Usen, au commencement, et dans chaque génération il y avait des hommes habiles dans l'art de guérir. Certains Indiens étaient habiles à extraire les balles, les têtes de flèches ou autres projectiles qui pouvaient blesser nos guerriers. Je l'ai moi-même fait à l'aide d'un simple poignard ou d'un couteau pour dépecer la viande. Les jeunes enfants étaient vêtus très légèrement l'hiver et ne portaient rien l'été. Les femmes, en général, portaient une jupe rudimentaire qui consistait en un morceau de cotonnade noué autour de la taille et qui s'arrêtait aux genoux. Les hommes portaient des pantalons et des mocassins. L'hiver, ils mettaient des chemises et des jambières. Souvent, quand la tribu avait établi son campement, un certain nombre de garçons et de filles sortaient à la dérobée et se retrouvaient à quelques kilomètres de là pour jouer toute la journée et éviter de travailler. Ils n'étaient jamais punis pour ces fredaines mais si l'on découvrait où ils se cachaient, on se moquait d'eux. Pendant l'été 1858, la tribu des Apaches Bedonkohe Je me rendis chez les Apaches Chokonen (Chiricahuas) et Cochise, leur chef, convoqua le conseil dès l'aurore. Silencieusement, les guerriers s'assemblèrent dans une clairière, dans le vallon d'une montagne, et s'assirent sur le sol en cercle selon leur rang. Ils fumèrent en silence. Au signal du chef, je me levai et présentai ainsi ma cause: Je rentrai à notre campement rapporter ce succès à notre chef et je repartis immédiatement vers le sud, dans le territoire des Apaches Nedni. Leur chef, Whoa, m'écouta sans un mot puis il donna l'ordre de réunir immédiatement le conseil et quand ils furent tous présents, il me fit signe de parler. Je leur tins les mêmes propos que j'avais tenus à la tribu Chokonen et ils promirent également de nous aider. Ce fut pendant l'été 1859, presque un an après le massacre de Kaskiyeh que ces trois tribus se rassemblèrent à la frontière mexicaine pour prendre le sentier de la guerre. Ils avaient peint leurs visages, attaché les bandeaux de guerre à leurs fronts, leurs longues chevelures prêtes pour le couteau du guerrier qui les vaincrait. Ils avaient mis leurs familles à l'abri dans les montagnes, près de la frontière mexicaine. Un guerrier était chargé de veiller sur ces familles et ils étaient convenus de plusieurs autres endroits de rendez-vous, au cas où le camp aurait été attaqué. Quand nous fûmes presque arrivés à Arispe, nous dressâmes nos tentes et huit hommes sortirent de la ville à cheval pour parlementer avec nous. Ces hommes, nous les capturâmes, nous les tuâmes et nous les scalpâmes. Il était certain qu'après cela les troupes allaient sortir de la ville et, en effet, le lendemain, elles nous attaquèrent. Les escarmouches se multiplièrent toute la journée sans que nous engagions un combat général. Mais à la nuit tombante, nous capturâmes leur convoi de ravitaillement et nous eûmes ainsi des vivres en abondance et des fusils en plus.
Cette nuit-là, nous postâmes des sentinelles et nous restâmes dans notre camp pour nous reposer car nous nous attendions à un dur combat le jour suivant. Le lendemain matin, très tôt, les guerriers se rassemblèrent pour prier, non pas pour demander de l'aide mais pour avoir la force et éviter les embuscades et les duperies de l'ennemi. Mon compagnon fut tué d'un coup de sabre mais je réussis à atteindre l'endroit où se tenaient nos guerriers, pris une lance et me retournai. Celui qui me poursuivait manqua son but et s'empala sur ma lance. Je m'emparai de son sabre et m'élançai sur le soldat qui avait tué mon compagnon. Je le saisis à bras-le-corps et nous roulâmes par terre. Je le tuai avec mon couteau et, vivement, me redressai, brandissant son sabre, cherchant déjà d'autres soldats à tuer. Il n'yen avait plus. Mais les Apaches avaient vu. Sur le champ sanglant, couvert des corps des Mexicains, s'éleva le fier cri de guerre des Apaches.
Encore couvert du sang de mes ennemis, tenant encore mon arme victorieuse, encore submergé du bonheur que m'avait procuré la bataille, je fus entouré par tous les braves et sacré chef de tous les Apaches. Puis, je donnai l'ordre de scalper les morts. Géronimo, Mémoires Edition La Découverte, 1987.
May 09 les gardiens de la sagesse
Nous sommes les Hodenosaunee. Oren Lyons (Onondaga)
May 01 Le calendrier autochtone ancien & nouveau
Le calendrier Míkmaw débutait à l'Équinoxe du printemps,
le 20 ou 21 mars (calendrier Gregorien), le jour de la Nouvelle Lune. L’année était composée de 13 lunes (mois), chacune ayant un cycle de 28 jours. Il existait un jour supplémentaire entre le 28 du mois de Apunknajit et le 1 du mois de Kjikús. Le «Dernier Jour de l'An», ce jour de repos et de célébrations, était appelé «Gtigi na'gwegwumg» ou «Stigi na'gwegwimpk» selon le dialecte. Lorsqu'on utilise ce calendrier, on ajoute un jour supplémentaire tous les quatre ans
le lendemain du «Dernier Jour de l'An».
Mi'gmewa'j e'w'g mtln kisna newtiskaq si'st tepgunset aq tapuiska'q jel
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