Indienne's profile๑۩۞۩๑ L'Indienne Solita...PhotosBlogListsMore Tools Help

Blog


    May 30

    Le Gardien de la Paix

     

    Il y a plusieurs siècles,
     Les nations iroquoises se sont unies pour établir une paix durable.
    Encore aujourd'hui,
    La légende du Gardien de la paix
    Leur rappelle la source profonde de cette alliance.

     

     

    Il est dit qu'à un endroit dans " la terre des langues tordues " (qui aujourd'hui correspond à l'est de l'Ontario), une vieille femme a vu en rêve un envoyé du Grand Esprit.

    " Ta fille enfantera, lui déclara l'envoyé, et l'enfant s'appellera Tekanawite, le Gardien de la paix. Adulte, il quittera sa demeure pour propager un message de paix parmi les nations. "

    Jeune garçon, Tekanawite eut la révélation du Message de la paix qui lui fit connaître sa mission. Il grandit et devint un bel homme robuste, intègre et honnête. Pourtant, Tekanawite n'avait pas l'estime de son peuple, car il attachait plus d'importance à la paix qu'à la guerre.

    Un jour, Tekanawite appela sa grand-mère et sa mère auprès de lui et leur parla en ces termes :

    " Je vais construire un canot, car l'heure est venue d'accomplir ma mission et de mettre fin aux effusions de sang parmi le peuple. "

    Tekanawite se fabriqua un canot de pierre et non d'écorce. Lorsqu'il l'eut fini, il expliqua à sa grand-mère :

    " Mon canot de pierre flottera, et ce sera le signe que je porte la vérité. "

    On raconte qu'après que Tekanawite se fut installé dans le canot, l'embarcation se mit à voguer toute seule vers Sganyadaii-yo, le Grand Lac de Beauté (aujourd'hui appelé le lac Ontario), puis vira vers le sud, en direction de la terre du peuple de la Maison Longue.

    A cette époque, l'état de guerre était perpétuel. Entraînées par leurs chefs, les cinq nations iroquoises, que l'on dénomme aujourd'hui les Mohawks, les Onondagas, les Onéidas, les Cayugas et les Sénécas, s'enlisaient dans le cycle infernal de luttes et de représailles.

    Dans tous les villages, la valeur des hommes se mesurait selon les mêmes critères : on glorifiait leur bravoure et leur habileté au combat, on exaltait leurs exploits téméraires et on les félicitait pour les dépouilles qu'ils ramenaient de leurs incursions de pillage. Cependant, ces raids tissaient une chaîne de carnages et de revanches haineuses entre les villages. La méfiance et la peur obnubilaient les esprits. Chaque jour apportait son lot d'angoisses et de souffrances.

    A ce qu'on dit, la guerre entre les cinq nations battait son plein lorsque Tekanawite arrêta dans chacun des villages pour répandre le message de la Maison Longue, la Loi de la Grande Paix et le Pouvoir du Bon Esprit.

    " Que le peuple vive dans l'amour, disait-il. Nous sommes tous des enfants du Grand Esprit, nous sommes frères et soeurs. Renoncez à la vengeance, extirpez-la de vos esprits. Vivons en paix. "

    Les habitants l'écoutèrent et furent impressionnés, car, au fond de leur coeur, ils étaient las des tueries. Ils désiraient ardemment cultiver leurs champs de maïs et de courges sans craindre les pillards. Ils accueillirent donc favorablement la proposition de Tekanawite qui prônait une alliance permanente entre les nations.

    Bien entendu, le message de paix de Tekanawite ne parvint pas à rallier tout le monde : pour certains, la guerre était devenue indispensable. L'un d'eux était le vieux Atotárho, un sorcier des Onondagas.

    Plusieurs racontent qu'Atotárho avait le corps aussi noueux que l'esprit retors, et que sa chevelure n'était qu'un grouillement de serpents. Sa seule vue glaçait les sens, et le son de sa voix suffisait à semer la terreur sur tout le territoire onondaga.

    Aiionwatha était un Mohawk qui vivait parmi les Onondagas. Las des dissensions acerbes au sein de son peuple, il tenta d'instaurer un conseil de paix. Mais cette initiative le plaça directement en travers des visées belliqueuses d'Atotárho ; celui-ci recourut à la sorcellerie pour tuer les trois filles d'Aiionwatha et força ce dernier à s'exiler.

    Repoussé de tous, Aiionwatha trouva refuge dans la forêt. Un jour, tandis qu'il était assis au bord d'un ruisseau, Aiionwatha leva les yeux et vit Tekanawite.

    " Mon frère, dit Tekanawite, je constate qu'un profond chagrin t'accable ; tu est chef parmi les tiens et, pourtant, tu es sans abri. "

    Lorsque Aiionwatha eut fini de lui raconter sa triste histoire, Tekanawite commença sa mission de paix en apaisant sa douleur. Les douces condoléances qu'offrit le Gardien de la paix asséchèrent les larmes d'Aiionwatha, dégagèrent ses oreilles et allégèrent sa respiration : la peine qui habitait le Mohawk s'évanouit sur-le-champ.

    " Maintenant, reprends-toi, lui dit Tekanawite. Tu es prêt à joindre tes efforts aux miens afin que ma mission s'accomplisse : allons répandre le message d'entente parmi les peuples des cinq nations. "

    Dès lors, les deux hommes voyagèrent ensemble et se firent les hérauts de la Loi de la grande paix auprès des nations iroquoises. Les Mohawks, les Onéidas, les Cayugas et les Sénécas entendirent le message et formèrent la Confédération. Les Onondagas s'y joignirent aussi, tous sauf Atotárho, le puissant sorcier.

    " Il faut que nous combattions le mal qui dévore Atotárho, déclara Tekanawite. Lui seul nous empêche d'avancer. Il a l'esprit retors et le corps noué en sept endroits. Pour la survie de la Confédération, nous devons redresser et guérir Atotárho de ces torts. "

    " Toi et moi, nous irons visiter le grand magicien Atotárho. Je chanterai le Chant de la paix et tu prononceras les paroles de la Loi. Ensuite, tu retireras les serpents de sa chevelure, et je dénouerai son corps. "

    " Que sont ces propos insensés ? " s'emporta Atotárho lorsque Tekanawite et Aiionwatha se mirent à lui chanter le Chant de la paix et à énoncer les paroles de la Grande Loi de la Maison Longue.

    " Nous sommes porteurs d'une lumière nouvelle, déclara Tekanawite. Nos paroles annoncent une nouvelle vie pour les nôtres. Nos paroles s'adressent à ceux qui souhaitent élever leur famille dans la paix et l'harmonie. L'ordre règne lorsque le peuple est animé du désir de justice, la santé est florissante lorsque la raison prévaut, la puissance habite le peuple qui embrasse la Grande Loi de la Maison Longue. "

    " En quoi cela me concerne-t-il ? " demanda Atotárho.

    " Toi, Atotárho, répondit Tekanawite, tu seras le gardien du feu de la Ligue des cinq nations. Tu attiseras le feu du Conseil, le feu qui ne s'éteint jamais. La fumée du feu atteindra le firmament, et tous la verront. "

    A ce moment - comme le dit son nom " Celui-qui-peigne-les-cheveux " -, Aiionwatha démêla les serpents de la chevelure du sorcier, et Tekanawite redressa son corps d'une simple imposition des mains.

    " Atotárho, annonça Tekanawite, tu présideras le Grand Conseil et tu feras tout en ton pouvoir pour faire triompher la raison et la paix. Ta voix sera celle de la Grande Loi. " Dès que Tekanawite prononça ces mots, l'esprit d'Atotárho se purifia.

    Tekanawite choisit le pin comme symbole de la Ligue des cinq nations. Il planta un jeune pin, le laissa croître puis le déterra. A la place des racines, il y avait un énorme trou béant au fond duquel bouillonnaient les eaux d'un torrent souterrain. Les guerriers y précipitèrent leurs tomahawks et leurs massues de guerre et, tous ensemble, ils redressèrent l'arbre couché et l'enracinèrent solidement dans le sol des Onondagas, la terre d'élection du Feu du Grand Conseil.

    A l'ombre de l'Arbre de la paix siégeaient Atotárho et ses chefs, gardiens de la Grande Paix. Les puissantes racines de l'arbre s'étendaient aux quatre points cardinaux. Toute nation souhaitant se joindre à la Ligue n'avait qu'à remonter ces racines jusqu'au tronc pour bénéficier de l'ombre bienfaisante du pin protecteur. Au faîte, Tekanawite avait posté l'Aigle-à-la-vue-perçante qui sonnait l'alerte à l'approche d'un danger.

    " Nous allons unir nos destinées, déclara Tekanawite. Tenons-nous la main si fermement, formons un cercle si parfait que même la chute d'un arbre ne parviendra pas à l'ébranler ni à le rompre. Ainsi, notre peuple et les enfants de nos enfants s'épanouiront en notre sein, dans la paix, la sécurité et la joie. "

     

    La ligue iroquoise s'est perpétuée durant plus de 1 500 ans.
    En 1713, les Tuscaroras s'unirent aux cinq nations
    Pour former l'actuelle Confédération des six nations.
    La Grande Paix fut conclue par toutes les nations autochtones d'Amérique du Nord.

     

     

     

    May 27

    Paroles d’Oren Lyons - Iroquois Onondaga

     

     
    Oren Lyon, Faithkeeper de la Nation Onondaga,
     
    En s'adressant à l'Assemblée Générale des Nations Unies,
    A l'occasion du lancement de l'année internationale
    Du Peuple autochtone du Monde en 1993
    Les Onodaga sont une des cinq tribus
    Constituantes originales de la ligue de l'Iroquois
    Leur patrie traditionnelle est autour du comté Onondaga, New York
     
     
     
     
    Sous quelle loi vivez-vous ? La loi du gouvernement des Etats Unies ? C'est la loi de l'homme !
     
    Si vous la violez, vous payez une amende où vous allez en prison - en principe. Il en va ainsi avec la loi de l'homme
     
    Vous pouvez ne pas l'appliquer et vous en tirez néanmoins à bon compte. Peut-être même ne serez pas puni du tout.
     
     
    Cela arrive tout le temps. Les gens croient toujours qu'ils peuvent faire n'importe quoi et s'en sortir indemnes, et c'est vrai une fois sur deux
     
    Mais ils oublient qu'il y a une autre loi, celle du Créateur.
     
    Nous l'appelons la Loi Naturelle.
     
    La Loi Naturelle prévaut partout. Elle est plus forte que la loi humaine
     
     
    Si vous la violez, elle ne vous épargnera pas. Elle fonctionne sans juges ni jurys, sans avocats ni tribunaux, sans personne que vous pouvez soudoyer, séduire ou convaincre, pour éviter le châtiment
     
    Quand vous ne vous respectez pas la Loi Naturelle, elle vous frappe, et elle vous frappe durement
     
    Une des Loi Nature exige que vous mainteniez les choses pures, en particulier l'eau
     
    Préserver la pureté de l'eau est une des premières règles de vie. N'importe qui sait cela
     

    Toute la vie sur notre Mère la Terre est liée à l'eau pure, et pourtant nous ne cessons de la polluer avec nos ordures et nos poisons.

    C'est agir en dépit du bon sens. Vos gouvernements peuvent voter une loi disant que tout est désormais réglé, mais ce n'est pas vrai du tout !

    La Loi Naturelle se moque de la loi de l'homme

    La Loi Naturelle vous poursuit et vous rattrape. Vous ne pouvez pas lui échapper !

    Vous ne pouvez pas jouer avec la Loi Naturelle sans en subir les conséquences.

    Si vous tuez l'eau, vous tuez la Vie qui dépend d'elle - y compris la vôtre.

    Telle est la Loi Naturelle. C'est aussi le sens commun.

    Selon une autre Loi de la Nature, toute vie est également respectable.

    C'est notre philosophie. Vous devez respecter la Vie - toute la Vie, mais pas seulement la vôtre - Le mot clé le " respect ".

    Si vous ne respectez pas la Terre, vous la détruisez. Si vous ne respectez pas toutes les formes de la Vie de la même manière que la vôtre, vous devenez un destructeur, un meurtrier.

    L'homme croit quelque fois - et même souvent - qu'il a été créé pour dominer, pour diriger. Mais il se trompe.

    Il fait seulement partis d'un tout. Sa fonction ne consiste pas à exploiter, mais à surveiller, à être un régisseur. L'homme n’à ni pouvoir ni privilèges, seulement des responsabilités !

    Dans notre vie quotidienne - à nous - dans notre gouvernement, nous ne prenons jamais aucune décision sans penser à la septième génération à venir.

    Il est de notre devoir de veiller à ce que ceux qui vivront après nous, les générations encore à naître, héritent d'un monde qui ne soit pas pire que le nôtre - qui soit peut-être meilleur, comme nous l'espérons tous.

    Quand nous marchons sur la Terre Mère, nous la foulons toujours avec la plus grande considération, parce que nous savons que les générations futures, qui montent de sous le sol, nous regardent.

    Nous pensons sans cesse à elles