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September 23 Les peuples du cheval (1er partie)
Même les tribus qui ne renoncèrent pas. complètement à la vie de villages cédèrent à l'attrait du cheval et de la liberté qu'il offrait. Pour les semi-sédentaires qu'étaient les Pawnees, les Mandans, les Hidatsas et les Arikaras la chasse au bison prit une importance nouvelle. Alors qu'autrefois ils ne quittaient le village que pour quelques semaines, maintenant les hommes chevauchaient dans la prairie pendant des mois, ne revenant chez eux que pour la période des semailles et des récoltes, et en hiver.
On imagine difficilement les habitants des Plaines sans leurs montures tant ils surent vite en utiliser toutes les possibilités. Les Indiens des Plaines saluèrent la venue du cheval avec une sorte' de vénération et, puisqu'il remplaçait le chien comme bête de somme, ils l'appelèrent Chien Esprit, Chien Sacré, ou Chien Médecine. En 1541, Coronado avait le premier amené des chevaux dans la prairie mais ce n'est que deux siècles plus tard que ces animaux devinrent partie intégrante du paysage des Plaines.
Les Indiens du Sud-Ouest qui étaient en rapports constants avec les Espagnols depuis la fin du XVIe siècle furent les premiers à posséder des chevaux. Au début ils s'étaient contentés de soigner les chevaux des Européens mais inévitablement le moment vint où ils possédèrent leurs propres montures. Vers le début du XVII" siècle, les hommes des Plaines s'étaient procuré leurs premiers chevaux pu cours de leurs incursions vers le sud, par troc ou par vol. Vers les années 1770, chaque tribu des Plaines était à la tête d'un nombre important de chevaux.
Les Indiens devinrent non seulement des cavaliers émérites mais aussi des éleveurs sans pareil. Pour améliorer les qualités de leurs chevaux, ils les castraient, n'utilisant pour les saillies que leurs meilleurs étalons. Vers 1800, les demi-sang andalous et arabes introduits par les Espagnols en Amérique du Nord s'étaient métamorphosés en ces chevaux indiens typiques, dont la robe à poils rudes et la petite stature n'annonçaient en rien leur rapidité et leur vivacité. L'homme blanc arrivant dans les Plaines ne pouvait imaginer que ces chevaux pies, ou louvets, et ces poneys tachetés puissent rivaliser avec ses lourds chevaux gavés de grains; et pourtant au combat comme à la chasse les chevaux des Indiens surpassaient de loin ceux des Européens.
De plus, l'Indien parait son cheval de plumes d'aigle mêlées à sa crinière ou à sa queue, de scalps accrochés aux brides, puis lorsqu'il fit du troc avec les Blancs, de rubans rouges. Tous ces soins accordés à un cheval étaient justifiés: souvent c'était à la rapidité de ses réflexes, à sa vivacité, et à son endurance que son maître devait la vie. Avant une bataille, un guerrier sioux appelé Siyaka met pied à terre et se place devant son cheval « Nous sommes en danger. Obéis-moi vite et nous serons vainqueurs. Si tu cours, cours pour sauver ta vie et la mienne. Fais tout ton possible et si nous retournons chez nous, je t'offrirai la plus belle plume d'aigle que je pourrai trouver et la plus belle étoffe. Tu seras peint de la façon la plus superbe qu'on puisse imaginer. « Ainsi honorait-on un bon cheval de guerre.
Au combat les Indiens se laissaient glisser le long du flanc de leur cheval, une jambe accrochée à son dos et un bras passé dans une lanière fixée au cou de l'animal. Ils avaient ainsi les mains libres et derrière le rempart de leur monture pouvaient décocher leurs flèches pardessus son dos ou par-dessous son encolure.
C'était aux hommes qu'il revenait de soigner les chevaux, de les nourrir, de les étriller. En revanche, lorsque la tribu se déplaçait, c'étaient les femmes qui emballaient le matériel et le chargeaient. En chemin, elles conduisaient les chevaux et veillaient à ce que les membres de leur famille restent groupés, tandis que les hommes sur leur monture entouraient le convoi pour le protéger ou bien se déployaient à la recherche du gibier ou d'éventuels ennemis. On bougeait souvent car les bandes abandonnaient leurs territoires dès qu'elles en avaient épuisé les ressources. Cela revenait à lever le camp plusieurs fois par mois.
September 11 La légende des indiens Snake
September 05 Quant l’art est un remède. Les peintures de sable Navajos
Contrairement aux chamans de la plupart des tribus indiennes qui traitaient les symptômes des maladies à l'aide de préparations à base de plantes, les Navajos préféraient se consacrer à ce qui était, selon eux, la cause la maladie: les sorts jetés par les sorcières, les esprits, le Peuple Saint ou encore le contact avec des non-Navajos. Les chamans organisaient des cérémonies très complexes pour exorciser la cause de la maladie. L'une des plus courantes était la confection de peintures de sable, dessins composés à l'aide de minéraux ou de végétaux finement broyés répandus sur un lit de sable.
Quinze hommes pouvaient travailler pendant toute une journée sur une seule peinture: il existait des centaines de peintures différentes qui permettaient de guérir selon la nature et l'origine du maléfice.
Si, par exemple, un Navajo attribuait ses maux au contact avec une personne étrangère à la tribu, on confectionnait la peinture dite de la voie ennemie.
Quand quelqu'un tombe malade, comme un bébé, un chaman spécial appelé le Chanteur se rend dans le hoqan familial en compagnie de ses aides. Ils arrivent avec des couvertures pleines de sable pur, qu'ils étalent soigneusement sur le sol pour donner un fond uniforme aux peintures. Après avoir lissé le sable, le chaman et ses assistants commencent à dessiner les motifs à l'aide de poudres blanches, rouges, jaunes, noires et bleues, faites de grès, de charbon de bois, de gypse ou d'ocre broyé. Le chaman et ses aides prennent un peu de poudre de la couleur désirée dans leurs mains et la font couler entre le pouce et l'index, répétant l'opération jusqu'à l'achèvement du dessin.
Quand le chaman et ses assistants ont terminé le dessin, la mère et l'enfant malade viennent se placer dessus pour que pénètre en eux le pouvoir curatif propre à l'œuvre.
Le chaman secoue un grelot, prie et chante, pour finir, dans un geste rituel, il appose ses mains sur la mère et l'enfant afin de guérir ce dernier.
Lorsque la cérémonie est terminée, la peinture doit être immédiatement détruite, cependant, chaque personne présente dans le hogan peut ramasser un peu de poudre colorée désormais dotée de pouvoirs curatifs. Celui qui souffre d'une migraine pourra en placer sur sa tête: on peut aussi en conserver dans de petits sacs afin de l'utiliser au cours d'autres cérémonies curatives. Ce qui reste du dessin est alors rassemblé dans des couvertures et secoué au-dehors, au nord du hogan.
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