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    September 23

    Les peuples du cheval (1er partie)

     

     

     

    L'Indien, le bison, le cheval - ces trois mots résument l'essentiel de la vie des Plaines aux XVIIIe et XIXe siècles. Tandis que se peuplait le pourtour de la prairie au XVII" siècle et au début du XVIIIe siècle, seul le cheval manquait dans l'équation. Sans la mobilité que leur conférerait cet animal les tribus jouissaient des bienfaits que leur offrait la culture des terres alluviales et des intermèdes que constituaient les chasses d'été et d'automne. Mais tout changea lorsque au XVIIIe siècle ces Indiens découvrirent le cheval. Dans la plupart des tribus - parmi lesquelles les Sioux, les Crows, les Cheyennes et les Arapahos - la vie au village parut soudain monotone et terne alors que l'on pouvait maintenant rivaliser avec le vent, surprendre les troupeaux de bisons, et lancer des raids téméraires contre les tribus voisines.

     

    Même les tribus qui ne renoncèrent pas. complète­ment à la vie de villages cédèrent à l'attrait du cheval et de la liberté qu'il offrait. Pour les semi-sédentaires qu'étaient les Pawnees, les Mandans, les Hidatsas et les Arikaras la chasse au bison prit une importance nouvelle. Alors qu'autrefois ils ne quittaient le village que pour quelques semaines, maintenant les hommes chevauchaient dans la prairie pendant des mois, ne revenant chez eux que pour la période des semailles et des récoltes, et en hiver.

     

    On imagine difficilement les habitants des Plaines sans leurs montures tant ils surent vite en utiliser toutes les possibilités. Les Indiens des Plaines saluèrent la venue du cheval avec une sorte' de vénération et, puisqu'il remplaçait le chien comme bête de somme, ils l'appelèrent Chien Esprit, Chien Sacré, ou Chien Médecine. En 1541, Coronado avait le premier amené des chevaux dans la prairie mais ce n'est que deux siècles plus tard que ces animaux devinrent partie intégrante du paysage des Plaines.

     

    Les Indiens du Sud-Ouest qui étaient en rapports constants avec les Espagnols depuis la fin du XVIe siècle furent les premiers à posséder des chevaux. Au début ils s'étaient contentés de soigner les chevaux des Euro­péens mais inévitablement le moment vint où ils possédèrent leurs propres montures. Vers le début du XVII" siècle, les hommes des Plaines s'étaient procuré leurs premiers chevaux pu cours de leurs incursions vers le sud, par troc ou par vol. Vers les années 1770, chaque tribu des Plaines était à la tête d'un nombre important de chevaux.

                                         

    Les Indiens devinrent non seulement des cavaliers émérites mais aussi des éleveurs sans pareil. Pour améliorer les qualités de leurs chevaux, ils les castraient, n'utilisant pour les saillies que leurs meilleurs étalons. Vers 1800, les demi-sang andalous et arabes introduits par les Espagnols en Amérique du Nord s'étaient métamorphosés en ces chevaux indiens typiques, dont la robe à poils rudes et la petite stature n'annonçaient en rien leur rapidité et leur vivacité. L'homme blanc arrivant dans les Plaines ne pouvait imaginer que ces chevaux pies, ou louvets, et ces poneys tachetés puissent rivaliser avec ses lourds chevaux gavés de grains; et pourtant au combat comme à la chasse les chevaux des Indiens surpassaient de loin ceux des Européens.

     

    Un guerrier gardait toujours son cheval à l'attache près de son tipi. Lui seul avait le droit de le monter. Non seulement il se peignait le corps, avant de partir au' combat, mais il couvrait aussi son cheval de dessins variés et multicolores dont beaucoup symbolisaient les actions d'éclat de son maître.

     

    De plus, l'Indien parait son cheval de plumes d'aigle mêlées à sa crinière ou à sa queue, de scalps accrochés aux brides, puis lorsqu'il fit du troc avec les Blancs, de rubans rouges. Tous ces soins accordés à un cheval étaient justifiés: souvent c'était à la rapidité de ses réflexes, à sa vivacité, et à son endurance que son maître devait la vie.

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    Avant une bataille, un guerrier sioux appelé Siyaka met pied à terre et se place devant son cheval « Nous sommes en danger. Obéis-moi vite et nous serons vainqueurs. Si tu cours, cours pour sauver ta vie et la mienne. Fais tout ton possible et si nous retournons chez nous, je t'offrirai la plus belle plume d'aigle que je pourrai trouver et la plus belle étoffe. Tu seras peint de la façon la plus superbe qu'on puisse imaginer. «  Ainsi honorait-on  un bon cheval de guerre.

     

    Au combat les Indiens se laissaient glisser le long du flanc de leur cheval, une jambe accrochée à son dos et un bras passé dans une lanière fixée au cou de l'animal. Ils avaient ainsi les mains libres et derrière le rempart de leur monture pouvaient décocher leurs flèches par­dessus son dos ou par-dessous son encolure.

     

    Le cheval transforma tout aussi radicalement la vie des femmes des Plaines. En fait, le nombre de chevaux qu'un soupirant donnait au père de la jeune fille qu'il voulait épouser disait la valeur de celle-ci. Dans les nombreuses tribus où les femmes possédaient leurs propres travois tirés par des chiens, il était naturel, qu'elles finissent par avoir leurs chevaux. Une femme blaçkfoot était fière de ses nombreuses montures et impatiente d'en acquérir de nouvelles par le troc ou un héritage. Les jeunes Comanches, cavalières intrépides, égalaient les hommes lors des chasses à l'antilope.

     

     C'était aux hommes qu'il revenait de soigner les chevaux, de les nourrir, de les étriller. En revanche, lorsque la tribu se déplaçait, c'étaient les femmes qui emballaient le matériel et le chargeaient. En chemin, elles conduisaient les chevaux et veillaient à ce que les membres de leur famille restent groupés, tandis que les hommes sur leur monture entouraient le convoi pour le protéger ou bien se déployaient à la recherche du gibier ou d'éventuels ennemis. On bougeait souvent car les bandes abandonnaient leurs territoires dès qu'elles en avaient épuisé les ressources. Cela revenait à lever le camp plusieurs fois par mois.

     

     

    September 11

    La légende des indiens Snake

     

    Il y a très longtemps existait un serpent très différent des autres serpents. Il avait en effet de grandes pattes. Aussi les autres serpents le méprisaient et finirent par le chasser de leur village en lui disant ”Vas rejoindre les autres monstrueuses créatures qui ont des pattes comme toi.” Le pauvre serpent du partir. Il marcha pendant des jours et des jours. Il faisait très froid et le pauvre serpent à pattes ne trouvait plus de nourriture. épuisé et les pieds gelés, il se laissa tomber sur le bord d'une rivière pour y mourir. Le chevreuil Esekotoye qui se cachait par là aperçut le pauvre serpent. Il eut pitié de lui et l'invita à se réchauffer dans son tipi. Il lui donna à manger et soigna ses pauvres pieds meurtris. Le chevreuil expliqua alors au serpent qu'il y avait ailleurs des créatures avec des grandes pattes comme lui. Il devrait quand même se méfier d'elles car elles essayeraient peut-être de le tuer. Le chevreuil montra aussi au serpent comment fabriquer des mocassins pour protéger ses pieds du froid. Le jours suivant, le serpent quitta la chaleur du tipi pour continuer sa route. Il marcha longtemps et ce ne fut que lorsque la nuit tomba qu'il s'arrêta pour préparer son campement. Il était en train de rassembler des branches pour construire un abri quand il vit Kaiskap, le porc-épic. Celui-ci avait froid et lui demanda de l'aide. Le serpent ne possédait pas grand-chose mais qu'il partagea malgré tout le peu qu'il avait avec le pauvre porc-épic. Ils s'installèrent pour la nuit dans l'abri de branches. Le porc-épic voulu remercier son hôte: “ tu as de bien beaux mocassins, mais il faudrait les assortir à ta peau. Mon frère, prend un peu de mes piquants pour les décorer. Cela te portera chance.”

     

    Ils travaillèrent ensemble pour broder les piquants du porc-épic sur les mocassins du serpent. Le lendemain chacun reprit son chemin. Comme le lui avait prédit le chevreuil, le serpent dut se battre contre des ennemis. Il sortit cependant victorieux de ces rencontres. Il rencontra alors un chef indien. Le serpent qui ne possédait que ses mocassins comme seule richesse il lui en fit cadeau. Il fut alors invité par le chef à séjourner parmi les siens. Dès lors, il fut bien traité et eut une vie heureuse. Ors ce chef avait une fille. Le serpent en tomba follement amoureux. Il aurait alors tant voulu être humain lui-aussi car il aurait alors pu épouser la jeune fille. Mais il savait que c'était sans espoir et que seul les Dieux pouvaient l'aider. Il jeûna et pria mais sans résultat et finit même par en tomber malade.

     

    Ors il y avait dans cette tribu un sorcier très puissant. Mo'kiya était très vieux et très sage, il connaissait également les esprits. On pouvait d'ailleurs souvent voir et entendre les esprits autour de son tipi. Mo'kiya eut pitié du serpent.Il quitta le village et escalada la montagne pour aller à la rencontre de Nato'Se le soleil. Nato'Se l'écouta avec attention parce que le sorcier était respecté.
    Transformer le serpent en homme n'était vraiment pas quelque chose de difficile à faire. Alors il dit à Mo'kiya: “Retourne dans ton village, tu feras un feu et tu y jetteras des poignées d'herbe douce. Quand la fumée en deviendra épaisse, tu déposeras le corps du serpent dans le brasier.” Mo'kiya retourna dans son village et suivit les conseils de Nato'Se. Il fit un grand feu au milieu de son tipi et quand la fumée s'éleva épaisse et tournoyante, il y déposa le serpent. Le sorcier murmura des prières, son chant se fit plus fort et plus fort encore et soudain la fumée se dissipa laissant apparaître un jeune homme. Le serpent, maintenant devenu un beau jeune homme fut accueilli avec des chants et des cris de joie par la tribu. Le Chef lui donna sa fille en mariage car il était fier d'avoir un gendre tant apprécié des Dieux. Le serpent et son épouse eurent des enfants et c'est ainsi qu'est née la tribu des “Snake” Pe-sik-na-ta-pe (Shoshone)

     

    September 05

    Quant l’art est un remède. Les peintures de sable Navajos

     

     Contrairement aux chamans de la plupart des tribus indiennes qui traitaient les symptômes des maladies à l'aide de préparations à base de plantes, les Navajos préféraient se consacrer à ce qui était, selon eux, la cause la maladie: les sorts jetés par les sorcières, les esprits, le Peuple Saint ou encore le contact avec des non-Navajos. Les chamans organisaient des cérémonies très complexes pour exorciser la cause de la maladie. L'une des plus courantes était la confection de peintures de sable, dessins composés à l'aide de minéraux ou de végétaux finement broyés répandus sur un lit de sable.

     

    Quinze hommes pouvaient travailler pendant toute une journée sur une seule peinture: il existait des centaines de peintures différentes qui permettaient de guérir selon la nature et l'origine du maléfice.

     

    Si, par exemple, un Navajo attribuait ses maux au contact avec une personne étrangère à la tribu, on confectionnait la peinture dite de la voie ennemie.

     

    Quand quelqu'un tombe malade, comme un bébé, un chaman spécial appelé le Chanteur se rend dans le hoqan familial en compagnie de ses aides. Ils arrivent avec des couvertures pleines de sable pur, qu'ils étalent soigneusement sur le sol pour donner un fond uniforme aux peintures. Après avoir lissé le sable, le chaman et ses assistants commencent à dessiner les motifs à l'aide de poudres blanches, rouges, jaunes, noires et bleues, faites de grès, de charbon de bois, de gypse ou d'ocre broyé. Le chaman et ses aides prennent un peu de poudre de la couleur désirée dans leurs mains et la font couler entre le pouce et l'index, répétant l'opération jusqu'à l'achè­vement du dessin.

     

     

     La peinture représente un per­sonnage connu sous le nom de Tueur des Dieux Ennemis, cette divinité guerrière bien­veillante a pour arme l'éclair, qu'elle tient à la main et sur lequel elle est montée.

     

     Quand le chaman et ses assistants ont terminé le dessin, la mère et l'enfant malade viennent se placer dessus pour que pénètre en eux le pouvoir curatif propre à l'œuvre.

     

    Le chaman secoue un grelot, prie et chante, pour finir, dans un geste rituel, il appose ses mains sur la mère et l'enfant afin de guérir ce dernier.

     

    Lorsque la cérémonie est terminée, la peinture doit être immédiatement détruite, cependant, chaque personne présente dans le hogan peut ramasser un peu de poudre colorée désormais dotée de pouvoirs curatifs. Celui qui souffre d'une migraine pourra en placer sur sa tête: on peut aussi en conserver dans de petits sacs afin de l'utiliser au cours d'autres cérémonies curatives. Ce qui reste du dessin est alors rassemblé dans des couvertures et secoué au-dehors, au nord du hogan.