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日志


1月30日

Comment Buse eut ses plumes

 

 

Il y a très longtemps, les oiseaux n'avaient pas d'habits. Ils parlaient comme les gens, mais ils étaient timides et se cachaient. Un jour ils décidèrent de se réunir en conseil. " Nous devons aller voir le Créateur et lui demander des habits, " dit Aigle. Tous acceptèrent. Mais qui serait le messager?
De nombreux oiseaux se portèrent volontaires. Mais ils choisirent finalement Buse. Il pouvait voler longtemps à cause de ses grandes ailes, monter plus haut que tous les autres oiseaux et donc se rapprocher plus facilement du soleil où le Créateur habitait. Tous les oiseaux brûlèrent du tabac et envoyèrent leurs prières au Créateur, puis Buse se mit en route. C'était un long voyage. Buse volait et volait. Il mangeait la nourriture qu'il avait emmenée et était toujours loin de l'endroit où vivait le Créateur.

 

Il commença à avoir faim, si faim qu'il s'arrêta et mangea des poissons morts rejetés sur le rivage en dessous de lui. Ils étaient pourris et puaient. Mais sa faim était grande et il ne le remarqua pas.


Il continua sa route. Maintenant il était près du soleil; il s'éleva encore plus. Le soleil dégageait une chaleur brûlante, mais il continua à s'élever. La peau de sa tête nue brûla à la chaleur du soleil, mais il arriva enfin à la maison du Créateur.


"Je t'attendais ", dit le Créateur, "parce que j'ai entendu les prières des oiseaux. Je vais te donner des habits faits de belles plumes pour rapporter chez toi." Puis il montra à Buse les habits qu'il avait préparés. C'était très beau en effet. Il y avait autant de couleurs dans les plumes qu'il y en a dans un arc-en-ciel après la pluie, et les plumes brillaient tellement que Buse dû tourner les yeux.


"Bon", dit le Créateur, " Je sais combien il t'a été dur de voler jusqu'à moi. Tu as le droit de choisir le premier ton costume de plumes. Mais souviens-toi, tu ne peux essayer chaque costume qu'une seule fois."


Buse était très content. " Je dois choisir les plus belles plumes, " se dit-il. " Comme çà tout le monde les verra et se rappellera que c'est moi qui ait rapporté des habits aux oiseaux. "


Il essaya un costume de plumes bleu clair et blanche avec une casquette désinvolte. "Non", dit-il en l'enlevant, "pas assez clair". Et ainsi ce costume fut pour Geai Bleu.


Il essaya un autre costume d'un rouge brillant et noir avec une grande crête. "Non", dit-il, " le rouge ne me va pas." Ce costume fut donc pour Cardinal.
Il essaya un autre costume gris et noir avec un gilet écarlate. Il fut de nouveau insatisfait, et ce costume fut pour Rouge-Gorge.
Il enfila un costume aussi jaune que le soleil avec de magnifiques marquages foncés. "Trop de noir sur celui là", dit-il; et ce fut pour Chardonneret.


Le Créateur regardait patiemment Buse qui essayait chaque costume. Aucun d'eux ne lui allait. Parfois les plumes étaient trop longues. Parfois elles ne l'étaient pas assez. Certaines étaient trop foncées, d'autres trop claires. Aucunes d'elles ne semblaient aller au messager de tous les oiseaux.


Finalement Buse essaya un costume qui était trop petit pour lui. Tous les autres costumes s'élargissaient ou se rétrécissaient pour aller à l'oiseau qui le choisissait, mais ce dernier costume était trés serré. Buse l'étira. Finalement il réussit à le mettre. Il laissait ses pattes et son cou nus; et la peau rouge de son crâne chauve restait découverte. Il regarda le costume. C'était pas beau. Pas beau du tout. Les plumes étaient à peine colorées- juste un peu maronnasse. Elles n'étaient pas brillantes et belles comme les autres. Buse n'était pas content. " C'est le pire de tous" dit-il.


Le Créateur sourit. "Buse", dit-il, " c'est le dernier costume. Ce sera désormais le tien."


Et désormais vous pouvez voir Buse avec le costume qu'il a mérité. Il mange toujours des choses mortes depuis longtemps en raison de ce qu'il a mangé lors de son voyage vers le Créateur. Et bien que certains se moquent de son style, Buse se souvient toujours qu'il est le seul à avoir pu faire ce long voyage.


Même dans son costume de plumes sales qui ne lui va pas, même avec son crâne brûlé par le soleil, il se souvient qu'il a été choisi pour être le messager des oiseaux. Lorsqu'il fait de nombreux cercles dans le ciel, il est près du Créateur. Alors, même dans son costume de plumes mal seyant, il est fier.

 

 

9月11日

La légende des indiens Snake

 

Il y a très longtemps existait un serpent très différent des autres serpents. Il avait en effet de grandes pattes. Aussi les autres serpents le méprisaient et finirent par le chasser de leur village en lui disant ”Vas rejoindre les autres monstrueuses créatures qui ont des pattes comme toi.” Le pauvre serpent du partir. Il marcha pendant des jours et des jours. Il faisait très froid et le pauvre serpent à pattes ne trouvait plus de nourriture. épuisé et les pieds gelés, il se laissa tomber sur le bord d'une rivière pour y mourir. Le chevreuil Esekotoye qui se cachait par là aperçut le pauvre serpent. Il eut pitié de lui et l'invita à se réchauffer dans son tipi. Il lui donna à manger et soigna ses pauvres pieds meurtris. Le chevreuil expliqua alors au serpent qu'il y avait ailleurs des créatures avec des grandes pattes comme lui. Il devrait quand même se méfier d'elles car elles essayeraient peut-être de le tuer. Le chevreuil montra aussi au serpent comment fabriquer des mocassins pour protéger ses pieds du froid. Le jours suivant, le serpent quitta la chaleur du tipi pour continuer sa route. Il marcha longtemps et ce ne fut que lorsque la nuit tomba qu'il s'arrêta pour préparer son campement. Il était en train de rassembler des branches pour construire un abri quand il vit Kaiskap, le porc-épic. Celui-ci avait froid et lui demanda de l'aide. Le serpent ne possédait pas grand-chose mais qu'il partagea malgré tout le peu qu'il avait avec le pauvre porc-épic. Ils s'installèrent pour la nuit dans l'abri de branches. Le porc-épic voulu remercier son hôte: “ tu as de bien beaux mocassins, mais il faudrait les assortir à ta peau. Mon frère, prend un peu de mes piquants pour les décorer. Cela te portera chance.”

 

Ils travaillèrent ensemble pour broder les piquants du porc-épic sur les mocassins du serpent. Le lendemain chacun reprit son chemin. Comme le lui avait prédit le chevreuil, le serpent dut se battre contre des ennemis. Il sortit cependant victorieux de ces rencontres. Il rencontra alors un chef indien. Le serpent qui ne possédait que ses mocassins comme seule richesse il lui en fit cadeau. Il fut alors invité par le chef à séjourner parmi les siens. Dès lors, il fut bien traité et eut une vie heureuse. Ors ce chef avait une fille. Le serpent en tomba follement amoureux. Il aurait alors tant voulu être humain lui-aussi car il aurait alors pu épouser la jeune fille. Mais il savait que c'était sans espoir et que seul les Dieux pouvaient l'aider. Il jeûna et pria mais sans résultat et finit même par en tomber malade.

 

Ors il y avait dans cette tribu un sorcier très puissant. Mo'kiya était très vieux et très sage, il connaissait également les esprits. On pouvait d'ailleurs souvent voir et entendre les esprits autour de son tipi. Mo'kiya eut pitié du serpent.Il quitta le village et escalada la montagne pour aller à la rencontre de Nato'Se le soleil. Nato'Se l'écouta avec attention parce que le sorcier était respecté.
Transformer le serpent en homme n'était vraiment pas quelque chose de difficile à faire. Alors il dit à Mo'kiya: “Retourne dans ton village, tu feras un feu et tu y jetteras des poignées d'herbe douce. Quand la fumée en deviendra épaisse, tu déposeras le corps du serpent dans le brasier.” Mo'kiya retourna dans son village et suivit les conseils de Nato'Se. Il fit un grand feu au milieu de son tipi et quand la fumée s'éleva épaisse et tournoyante, il y déposa le serpent. Le sorcier murmura des prières, son chant se fit plus fort et plus fort encore et soudain la fumée se dissipa laissant apparaître un jeune homme. Le serpent, maintenant devenu un beau jeune homme fut accueilli avec des chants et des cris de joie par la tribu. Le Chef lui donna sa fille en mariage car il était fier d'avoir un gendre tant apprécié des Dieux. Le serpent et son épouse eurent des enfants et c'est ainsi qu'est née la tribu des “Snake” Pe-sik-na-ta-pe (Shoshone)

 

7月8日

Petit-Frère capture le soleil

 

  

 

Au commencement, quand la terre était nouvelle, c'étaient les animaux qui dominaient. Plus puissants que les humains, c'est eux qui les chassaient, les tuaient et les mangeaient. Ils avaient fini par les tuer tous, sauf une fillette et son petit frère, qui vivaient cachés. Le petit frère était minuscule, pas plus grand qu'un nouveau-né, tandis que sa soeur était de taille normale. Comme elle était beaucoup plus grande, elle prenait soin de lui et s'occupait de tout.

 

Un jour d'hiver, la soeur devait aller au bois cueillir des baies sauvages. Pour occuper son petit frère pendant son absence, elle lui prêta son arc et ses flèches. "Tiens-toi caché, et quand tu verras un oiseau des neiges, attends qu'il se mette à chercher des vermisseaux dans ce gros arbre mort, et là, tu le tueras d'une flèche."

 

Et elle s'en alla. Un oiseau des neiges apparut, mais les flèches de Petit-Frère le manquèrent. "Qu'importe, dit la soeur en revenant de la forêt, tu essaieras de nouveau demain." Le lendemain elle partit dans les bois. L'oiseau revint, et cette fois la flèche du petit garçon l'atteignit et le tua. Quand sa soeur revint le soir, il exhiba fièrement son oiseau.

"Ma soeur, dit-il, je veux que tu dépouilles cet oiseau, et que tu mettes la peau à sécher. Je vais en tuer d'autres, et quand nous en aurons assez, tu me feras un manteau de plumes avec toutes ces peaux.

- Mais qu'allons-nous faire de la chair ?" demanda la jeune fille. En ce temps-là, en effet, on ne mangeait que des baies et des plantes, car les humains ne chassaient pas ; c'étaient, je vous l'ai dit, les animaux qui chassaient.

"Nous en ferons un bouillon", répliqua Petit-Frère, qui était intelligent malgré sa petite taille. Et, dix jours de suite, il tua chaque jour un oiseau des neiges, et sa soeur lui fit un beau manteau de plumes avec les peaux séchées.

 

Un jour, il questionna sa soeur : "Ma soeur, y a-t-il d'autres humains dans le monde, ou sommes-nous les seuls ?

- Il y en a peut-être d'autres, mais ce ne serait pas prudent d'aller à leur recherche. Il y a des animaux redoutables qui nous prendraient en chasse et nous tueraient."

Mais Petit-Frère demeurait dévoré de curiosité. Aussi, quand sa soeur partit à nouveau chercher à manger dans la forêt, il s'en alla lui aussi, voir s'il trouvait d'autres humains. Il marcha longtemps, mais sans rencontrer ni animaux ni humains. A la fin, épuisé, il s'allongea à un endroit où le soleil avait fait fondre la neige. Pendant qu'il dormait, le soleil prit de la hauteur et lui décocha des rayons ardents. A son réveil, il découvrit que son beau manteau de plumes avait rétréci au soleil et qu'il ne pouvait plus bouger. Il dut le déchirer pour se mouvoir. Dépité, il menaçait le soleil du poing : "Tu me le paieras, soleil ! Tu te crois hors d'atteinte parce que tu es là-haut. Attends un peu. Tu m'entends ?"

 

Petit-Frère rentra, désolé et furieux à la fois. En pleurs, il raconta à sa soeur comment son manteau de plumes s'était déchiré. Dix jours durant il resta allongé sur son flanc droit, refusant de boire et de manger. Puis, toujours jeûnant, il resta dix autres jours sur son flanc gauche. Au bout de vingt jours, il se leva et dit à sa soeur de lui fabriquer un piège pour attraper le soleil. Il ne restait à sa soeur qu'un morceau assez court de tendon de cerf séché, et elle en fit un noeud coulant. "Je ne peux pas attraper le soleil avec un collet si petit", protesta-t-il.

Sur quoi, sa soeur, prenant de sa chevelure, lui tressa une cordelette, mais il dit : "Ceci n'est pas assez long ni assez solide.

- Alors, dit-elle, il faut que je te fasse ce lacet à l'aide de choses secrètes." Elle alla dans les bois recueillir quantité de choses secrètes et les fila en une corde solide.

"Ah, voilà mon lacet !" s'écria Petit-Frère, dès l'instant qu'il vit le résultat. Pour l'assouplir, il le passa entre ses lèvres plusieurs fois, ce qui le rendit plus long et plus résistant.

 

Puis Petit-Frère attendit le milieu de la nuit, le moment le plus ténébreux. Là il sortit, trouva le trou d'où le soleil émergerait à son lever et disposa son lacet autour. Quand le soleil arriva à son heure habituelle, il se trouva pris et solidement ligoté. Il n'y eut pas de jour ce jour-là. Pas de lumière, pas de chaleur.

 

Les animaux avaient beau régner sur la terre, avoir tué et mangé tous les humains, ils n'en prirent pas moins peur. Ils convoquèrent un conseil de tous leurs anciens, où l'on palabra longtemps. A la fin, il fut décidé que le plus gros, le plus redoutables des animaux serait envoyé pour ronger le lacet qui entravait le soleil. On désigna donc le loir, qui n'était pas petit comme de nos jours, mais énorme comme une montagne. Cependant le loir, malgré sa taille, avait peur du soleil : "Ce que vous me demandez est très dangereux, dit-il, mais j'accepte le risque."

 

Loir se dirigea vers l'endroit où se lève le soleil et trouva celui-ci pris au collet. A force de se débattre et de se démener, le soleil s'était encore échauffé. Quand Loir s'approcha, le pelage de son dos se mit à fumer et à brûler, mais malgré cela il se recroquevilla et entreprit de grignoter le piège. Il rongea, rongea longtemps, et puis finit par couper le lien.

 

Le soleil, enfin libre, reprit aussitôt sa course et illumina toutes choses. Mais sa chaleur avait ratatiné Loir à la taille qu'il a aujourd'hui, et ses rayons l'avaient rendu presque aveugle. C'est pourquoi on lui donna la nom de Kug-e-been-gwa-kwa, la Vieille-Aveugle.

Ainsi le vaillant Loir avait libéré le soleil, mais chacun désormais savait en son coeur que l'être le plus intelligent en ce monde, et le plus puissant, était Petit-Frère, qui avait su piéger le soleil. Depuis ce jour, ce sont les humains qui dominent sur terre, qui sont les chasseurs et non plus le gibier.

 

Raconté par David Reb Bird

  

 

6月16日

Yanomamis, fils de la lune

 

                                                  

Les Indiens Yanomami
 Forment la dernière grande tribu d’Amazonie en Amérique du Sud.
Ils sont répartis de part et d’autre de l’Orénoque.

Au début des temps, la forêt n'étais peuplé que d'une seule famille Yanomamis. Ils vivaient en parfaite harmonie avec la nature et les esprits Hékuras qui peuplent l'univers.

Le pére de cette famille qui était un grand chamane vint à mourir. Son corps fut alors incinéré comme le veux la tradition.

Les fils et la mère cherchèrent alors tout ce qui avait appartenu au père afin de le bruler avec lui pour que plus rien ne puisse rappeller son souvenir. Pendant ce temps, la lune qui n'était pas encore monté au ciel, passa près du brasier et mangea les cendres refroidis du chamane défunt.

Quand la mère découvrit le sacrilège, elle lança des morceau de bois sur la lune mais elle ne put l'atteindre car la lune commençait son ascension. Alors, l'ainé des fils tira des flèches sur la lune avec son arc et réussit à la blesser.

De chaque goutte de sang qui tomba sur la terre naquit un Yanomamis, fils de la lune.

 

 

5月30日

Le Gardien de la Paix

 

Il y a plusieurs siècles,
 Les nations iroquoises se sont unies pour établir une paix durable.
Encore aujourd'hui,
La légende du Gardien de la paix
Leur rappelle la source profonde de cette alliance.

 

 

Il est dit qu'à un endroit dans " la terre des langues tordues " (qui aujourd'hui correspond à l'est de l'Ontario), une vieille femme a vu en rêve un envoyé du Grand Esprit.

" Ta fille enfantera, lui déclara l'envoyé, et l'enfant s'appellera Tekanawite, le Gardien de la paix. Adulte, il quittera sa demeure pour propager un message de paix parmi les nations. "

Jeune garçon, Tekanawite eut la révélation du Message de la paix qui lui fit connaître sa mission. Il grandit et devint un bel homme robuste, intègre et honnête. Pourtant, Tekanawite n'avait pas l'estime de son peuple, car il attachait plus d'importance à la paix qu'à la guerre.

Un jour, Tekanawite appela sa grand-mère et sa mère auprès de lui et leur parla en ces termes :

" Je vais construire un canot, car l'heure est venue d'accomplir ma mission et de mettre fin aux effusions de sang parmi le peuple. "

Tekanawite se fabriqua un canot de pierre et non d'écorce. Lorsqu'il l'eut fini, il expliqua à sa grand-mère :

" Mon canot de pierre flottera, et ce sera le signe que je porte la vérité. "

On raconte qu'après que Tekanawite se fut installé dans le canot, l'embarcation se mit à voguer toute seule vers Sganyadaii-yo, le Grand Lac de Beauté (aujourd'hui appelé le lac Ontario), puis vira vers le sud, en direction de la terre du peuple de la Maison Longue.

A cette époque, l'état de guerre était perpétuel. Entraînées par leurs chefs, les cinq nations iroquoises, que l'on dénomme aujourd'hui les Mohawks, les Onondagas, les Onéidas, les Cayugas et les Sénécas, s'enlisaient dans le cycle infernal de luttes et de représailles.

Dans tous les villages, la valeur des hommes se mesurait selon les mêmes critères : on glorifiait leur bravoure et leur habileté au combat, on exaltait leurs exploits téméraires et on les félicitait pour les dépouilles qu'ils ramenaient de leurs incursions de pillage. Cependant, ces raids tissaient une chaîne de carnages et de revanches haineuses entre les villages. La méfiance et la peur obnubilaient les esprits. Chaque jour apportait son lot d'angoisses et de souffrances.

A ce qu'on dit, la guerre entre les cinq nations battait son plein lorsque Tekanawite arrêta dans chacun des villages pour répandre le message de la Maison Longue, la Loi de la Grande Paix et le Pouvoir du Bon Esprit.

" Que le peuple vive dans l'amour, disait-il. Nous sommes tous des enfants du Grand Esprit, nous sommes frères et soeurs. Renoncez à la vengeance, extirpez-la de vos esprits. Vivons en paix. "

Les habitants l'écoutèrent et furent impressionnés, car, au fond de leur coeur, ils étaient las des tueries. Ils désiraient ardemment cultiver leurs champs de maïs et de courges sans craindre les pillards. Ils accueillirent donc favorablement la proposition de Tekanawite qui prônait une alliance permanente entre les nations.

Bien entendu, le message de paix de Tekanawite ne parvint pas à rallier tout le monde : pour certains, la guerre était devenue indispensable. L'un d'eux était le vieux Atotárho, un sorcier des Onondagas.

Plusieurs racontent qu'Atotárho avait le corps aussi noueux que l'esprit retors, et que sa chevelure n'était qu'un grouillement de serpents. Sa seule vue glaçait les sens, et le son de sa voix suffisait à semer la terreur sur tout le territoire onondaga.

Aiionwatha était un Mohawk qui vivait parmi les Onondagas. Las des dissensions acerbes au sein de son peuple, il tenta d'instaurer un conseil de paix. Mais cette initiative le plaça directement en travers des visées belliqueuses d'Atotárho ; celui-ci recourut à la sorcellerie pour tuer les trois filles d'Aiionwatha et força ce dernier à s'exiler.

Repoussé de tous, Aiionwatha trouva refuge dans la forêt. Un jour, tandis qu'il était assis au bord d'un ruisseau, Aiionwatha leva les yeux et vit Tekanawite.

" Mon frère, dit Tekanawite, je constate qu'un profond chagrin t'accable ; tu est chef parmi les tiens et, pourtant, tu es sans abri. "

Lorsque Aiionwatha eut fini de lui raconter sa triste histoire, Tekanawite commença sa mission de paix en apaisant sa douleur. Les douces condoléances qu'offrit le Gardien de la paix asséchèrent les larmes d'Aiionwatha, dégagèrent ses oreilles et allégèrent sa respiration : la peine qui habitait le Mohawk s'évanouit sur-le-champ.

" Maintenant, reprends-toi, lui dit Tekanawite. Tu es prêt à joindre tes efforts aux miens afin que ma mission s'accomplisse : allons répandre le message d'entente parmi les peuples des cinq nations. "

Dès lors, les deux hommes voyagèrent ensemble et se firent les hérauts de la Loi de la grande paix auprès des nations iroquoises. Les Mohawks, les Onéidas, les Cayugas et les Sénécas entendirent le message et formèrent la Confédération. Les Onondagas s'y joignirent aussi, tous sauf Atotárho, le puissant sorcier.

" Il faut que nous combattions le mal qui dévore Atotárho, déclara Tekanawite. Lui seul nous empêche d'avancer. Il a l'esprit retors et le corps noué en sept endroits. Pour la survie de la Confédération, nous devons redresser et guérir Atotárho de ces torts. "

" Toi et moi, nous irons visiter le grand magicien Atotárho. Je chanterai le Chant de la paix et tu prononceras les paroles de la Loi. Ensuite, tu retireras les serpents de sa chevelure, et je dénouerai son corps. "

" Que sont ces propos insensés ? " s'emporta Atotárho lorsque Tekanawite et Aiionwatha se mirent à lui chanter le Chant de la paix et à énoncer les paroles de la Grande Loi de la Maison Longue.

" Nous sommes porteurs d'une lumière nouvelle, déclara Tekanawite. Nos paroles annoncent une nouvelle vie pour les nôtres. Nos paroles s'adressent à ceux qui souhaitent élever leur famille dans la paix et l'harmonie. L'ordre règne lorsque le peuple est animé du désir de justice, la santé est florissante lorsque la raison prévaut, la puissance habite le peuple qui embrasse la Grande Loi de la Maison Longue. "

" En quoi cela me concerne-t-il ? " demanda Atotárho.

" Toi, Atotárho, répondit Tekanawite, tu seras le gardien du feu de la Ligue des cinq nations. Tu attiseras le feu du Conseil, le feu qui ne s'éteint jamais. La fumée du feu atteindra le firmament, et tous la verront. "

A ce moment - comme le dit son nom " Celui-qui-peigne-les-cheveux " -, Aiionwatha démêla les serpents de la chevelure du sorcier, et Tekanawite redressa son corps d'une simple imposition des mains.

" Atotárho, annonça Tekanawite, tu présideras le Grand Conseil et tu feras tout en ton pouvoir pour faire triompher la raison et la paix. Ta voix sera celle de la Grande Loi. " Dès que Tekanawite prononça ces mots, l'esprit d'Atotárho se purifia.

Tekanawite choisit le pin comme symbole de la Ligue des cinq nations. Il planta un jeune pin, le laissa croître puis le déterra. A la place des racines, il y avait un énorme trou béant au fond duquel bouillonnaient les eaux d'un torrent souterrain. Les guerriers y précipitèrent leurs tomahawks et leurs massues de guerre et, tous ensemble, ils redressèrent l'arbre couché et l'enracinèrent solidement dans le sol des Onondagas, la terre d'élection du Feu du Grand Conseil.

A l'ombre de l'Arbre de la paix siégeaient Atotárho et ses chefs, gardiens de la Grande Paix. Les puissantes racines de l'arbre s'étendaient aux quatre points cardinaux. Toute nation souhaitant se joindre à la Ligue n'avait qu'à remonter ces racines jusqu'au tronc pour bénéficier de l'ombre bienfaisante du pin protecteur. Au faîte, Tekanawite avait posté l'Aigle-à-la-vue-perçante qui sonnait l'alerte à l'approche d'un danger.

" Nous allons unir nos destinées, déclara Tekanawite. Tenons-nous la main si fermement, formons un cercle si parfait que même la chute d'un arbre ne parviendra pas à l'ébranler ni à le rompre. Ainsi, notre peuple et les enfants de nos enfants s'épanouiront en notre sein, dans la paix, la sécurité et la joie. "

 

La ligue iroquoise s'est perpétuée durant plus de 1 500 ans.
En 1713, les Tuscaroras s'unirent aux cinq nations
Pour former l'actuelle Confédération des six nations.
La Grande Paix fut conclue par toutes les nations autochtones d'Amérique du Nord.

 

 

 

4月6日

Contes et légendes des Indiens Lenapé

 

 

1609 : Henry Hudson découvre une terre qui deviendra New York.
Sur cette terre, des hommes, pêcheurs, chasseurs.


C'est le début d'une rencontre entre peuples : commerce, ruses, guerres, massacres, déplacement de populations, mais aussi échange de cultures. Nous les appelons Indiens Delaware, ils se nomment les Lenapé, "les ancêtres" des peuples Algonquins.

Collectés par des aventuriers, par des missionnaires, par des ethnologues, puis par des linguistes, les mythes, contes et légendes de Indiens Lenapé témoignent d'une culture où homme et nature ne font qu'un.

Ce sont ces contes, inédits en France, que Philippe Berthelot a traduit, sur les conseils du linguiste James Rementer, lui-même collecteur. Le conteur nous fera partager son émerveillement pour ces récits dont l'imaginaire surprend.

 

Si vous ne connaissez pas le conteur Philippe Berthelot, et si vous avez l'occasion de l'écouter, vous allez tombé sous le charme des indiens Lenapé. Des légendes venant du fond des âges,  à la rencontre d'un peuple.

 

Philippe Berthelot a su me captivée pendant 1h30

 

1月10日

La légende de Malobiannah

 

 

Les Malécites, également appelés Étchemins, sont une tribu amérindienne d'Amérique du Nord. Elle se nommait elle-même Wulust'agooga'wiks, ce qui signifie « le peuple de la Belle Rivière » (la rivière Saint-Jean).

Ils habitent les vallées de la rivière Saint-Jean et de ses affluents, à cheval sur la frontière séparant le Nouveau-Brunswick et le Québec au Canada, et le Maine aux États-Unis. Leurs coutumes et leur langue appartenant à la famille algonquienne sont proches de celles de leurs voisins Micmacs, Passamaquoddy et Penobscot.

 

On vous racontera  la légende d'une jeune autochtone rusée qui a sauvé son village en attirant une tribu Mohawk dans les grandes chutes de la gorge, hautes de 23 mètres!

 

 

 

 

 

La légende raconte que c'est dans cette région qu'habite la jeune malécite Malobiannah, qui est fiancée au fils du chef de son village, Pemmyhaouet.

Les habitants du village de Malobiannah sont souvent victimes des attaques surprises de leurs ennemis Iroquois, qui habitent plus à l'ouest. Un jour, plus de deux cents guerriers Mohawks, de la famille des Iroquois, lancent une attaque contre le village. Les combats durent plusieurs jours. Pemmyhaouet et son fils meurent en combattant, ainsi que tous les habitants du village, sauf Malobiannah et sa mère, que les Mohawks trouvent cachées dans un coin et prennent en otages.

Les Mohawks emmènent Malobiannah vers la rivière, où les attendent leurs canots. Cette rivière, c'est la Saint-Jean, que les Wolastoqiyiks appellent « la belle rivière ». Les guerriers demandent à Malobiannah de les guider vers les villages d'Escoupag et de Médoctec, qui sont plus bas sur la rivière. Malobiannah, voulant venger les habitants de son village et sauver ceux des villages que se préparent à attaquer les Mohawks, les guide vers les chutes de la gorge de Grand-Sault. Arrivés non loin de ces chutes, qui s'élèvent à près de 25 mètres, les Mohawks, qui somnolaient, sont alertés par le bruit. Malobiannah les rassure en leur disant qu'ils naviguent sur un nouvel affluent du fleuve, le Walloostook. Quand les Mohawks s'aperçoivent qu'ils ont été bernés, il est déjà trop tard, et leurs canots se fracassent sur les rochers.

Malobiannah aura accepté de se sacrifier afin de venger son peuple et sauver les villages menacés par leurs ennemis. La légende raconte qu'en sombrant dans les chutes de la gorge de Grand-Sault, Malobiannah poussa un grand cri de victoire.

 

 

 

 

 

11月30日

LA PLUME D'AIGLE

D'après une légende qui fut racontée par Lame Deer,

une grand-mère Santee (Winner, Dakota du Sud)

 

 

 

C'était dans le temps d'avant.
Unktehi, le monstre qui vit dans l'eau, provoqua une gigantesque inondation en se battant contre les hommes.
Wanka Tanka, le Grand Esprit, laissa faire. On ne sait pourquoi.

Tout fut submergé excepté une colline (celle qui se trouve près du la carrière où la communauté de la grand-mère indienne qui raconta cette histoire, fabrique les pipes sacrées).
Les hommes s'y réfugièrent donc. Mais ça ne dura pas, les eaux montèrent encore jusqu'à recouvrir la colline. Les rochers et les pics se renversèrent sur les hommes. Tous périrent et leur sang se coagula en une grande mare. C'est pourquoi ces lieux sont le tombeau des ancêtres de cette communauté.

Au cours de la catastrophe, Unktehi fut changé en pierre. C'est peut-être la punition du Grand-Père Esprit pour avoir provoqué cette catastrophe. Les os d'Unktehi sont dans les Badlands. Son dos forme une longue crête et on peut voir ses vertèbres sur un rang de rochers rouges et jaunes.

Donc, tous périrent sauf une jeune fille qui était très belle. Elle fut sauvée par le grand aigle Wanblee Galeshka. Juste au moment où les eaux allaient la recouvrir, il avait volé vers elle pour qu'elle s'accroche à ses pattes.
Il la déposa à son repaire, sur la cime d'un grand arbre qui se trouvait sur le plus haut sommet des Black Hills. C'était le seul endroit épargné par l'inondation. Aujourd'hui ce lieu est sacré.

La jeune fille resta ave l'aigle Wanblee qui en fit sa femme. Il faut dire qu'à cette époque, ces choses-là étaient possible parce que les hommes et les animaux étaient bien plus proches qu'ils ne le sont aujourd'hui.
La jeune fille donna à son époux aigle deux jumeaux, un garçon et une fille, qui naquirent au sommet de cette montagne. De nouveau il y avait des hommes sur terre.

Quand les eaux se retirèrent, Wanblee descendit sa petite famille sur la terre en leur demandant de former une nation puissante, la Oyate Lakota.

Les enfants grandirent, qui firent à leur tour des enfants ainsi de suite. Une nation était née, descendant de l'aigle. Voilà pourquoi les Sioux portent une plume d'aigle.

 

 

 

 

11月18日

Les bisons

Six garçons qui se sentaient abandonnés.

Un beau printemps, quelques-uns de notre tribu ont dressé un campement dans la prairie pour chasser le bison. Alors que les hommes s'apprêtent à quitter le campement, leurs fils leur demandent de leur rapporter la peau rouge de veaux pas encore nés. Tous les hommes leur promettent de le faire.

Plus tard au cours de la journée, quand les chasseurs reviennent, plusieurs des garçons se rendent compte que leurs pères ont oublié de rapporter les peaux au campement. Ils sont très déçus et décident de quitter le campement. Tandis qu'ils errent dans la prairie, ils discutent de l'endroit où ils devraient aller. Finalement, ils décident de monter au ciel, où rien de mauvais ne pourra leur arriver.

Nous pouvons toujours voir ces garçons qui sont devenus les Pléiades. Cette constellation disparaît au printemps, lorsque les veaux des bisons naissent avec leur peau rouge, mais elle revient à l'automne quand leurs peaux sont devenues brun foncé.

Nous peignons également ces étoiles sur les oreillettes de nos tipis pour nous rappeler de ne jamais négliger nos enfants.

 

Iniskim (les pierres à bisons)

Bien que nos gens aient commencé à vivre comme les makoyi (loups) leur ont montré, la vie est encore très difficile et ils souffrent souvent de faim. Un jour, un iinni (bison) a pitié d'eux.

Une dame nommée Weasel Woman est en train de puiser de l'eau à la rivière près de son campement lorsqu'elle entend quelque chose l'appeler depuis les buissons. En regardant de plus près, elle se rend compte que c'est une pierre qui lui parle. La pierre lui explique comment elle pourrait être utilisée au cours d'une cérémonie qui permettrait d'attirer les bisons vers un pisskan (précipice à bisons).

Weasel Woman rapporte l' iniskim (pierre à bisons) au campement. Elle parle aux chefs spirituels de la cérémonie permettant d'attirer les bisons. Les gens suivent ses instructions et, bientôt, ils ont de la viande à profusion et de nombreuses peaux pour recouvrir leurs huttes à neuf.

Il y a un grand nombre d' iniskims dans les Prairies. Beaucoup de nos gens les conservent comme ballots sacrés. Nous invoquons les iniskims pour qu'elles nous aident à réussir notre vie.

 

5月23日

Le serpent Arc-En-Ciel

Lorsqu'un arc-en-ciel se dessine devant nos yeux,
Ses couleurs merveilleuses suscitent toujours notre admiration.
Intrigués, nous voudrions savoir
D’où provient cette beauté fantasti­que.
Seuls les Indiens de l'Ouest le savent.
L'une de leurs plus anciennes légendes
Explique la naissance du premier arc-en-ciel.


 

C'était lors d'une vague de chaleur d'une gravité exceptionnelle. On étouffait littérale­ment. L'air chaud vibrait sur la prairie roussie, les lacs et rivières étaient à sec, les sources taries. Bêtes et gens cherchaient un abri précaire à l'ombre des maigres feuillages. Les habitants d'un coin particulièrement touché se lamentaient:

« Hélas, nous en périrons tous! »

« Les troupeaux nous quittent. Ils vont à la recherche de l'eau! »

« Les poissons sont partis avec la dernière eau de nos rivières. »

« Les roses elles-mêmes ne nous laisseront pas une graine à croquer. Elles se fanent toutes avant même de s'épanouir. »

Ces lamentations émurent un petit serpent à écailles. Ce n'était pas un serpent ordinai­re. Sortant de sa cachette, il s'adressa d'une voix humaine à ces gens désolés et ils en furent assez surpris. Le serpent leur dit tout de go :

«J'ai de grands pouvoirs magiques, et j'ai décidé de vous venir en aide. Tout ce que vous aurez à faire, c'est de me jeter dans le ciel. »

« Mais tu vas retomber et te briser l'échine, » répondit le sorcier du village. Il était considéré comme le plus grand magicien de la région, et le serpent ne lui inspirait aucune confiance. Puis, il craignait la concurrence!

«Je ne vais rien me briser du tout! » repartit le serpent. «Je m'accrocherai au ciel avec mes écailles, et en même  temps j'y gratterai un peu de pluie et de neige à votre intention. La prairie là-haut est en glace bleue. »

Le sorcier n'abandonnait pas son opposition: «Mais tu es bien trop petit! » protestait-il encore.

«Qu'à cela ne tienne! Je peux ramper d'un bout à l'autre de l’horizon. Allez y, lancez-moi de toutes vos forces, aussi haut que vous le pourrez! »

Le sorcier ne souffla mot mais, saisissant le serpent qui s'était lové, il le lança rageusement vers le ciel, de toutes ses forces ! Comme pour s'en débarrasser à. jamais.

Dans son envol, le serpent se dérou1a. Il devenait de plus en plus long. Il s'étira tellement qu'à la fin sa tête et sa queue touchaient à la terre, de chaque côté de 1'horizon, tandis que son épine dorsale s'incurvait en suivant la voûte céleste. Il se trémoussait un peu pour gratter la glace du ciel avec ses écailles.

Comme il grattait tant et plus, son corps se mit à changer de couleur, passant du rouge au jaune, au vert, au bleu, au violet. La glace du ciel commença à fondre, et les gouttes de pluie tombèrent sur la terre, en ondée bienfaisante.

Tout renaissait. L'eau revenait dans les rivières, les sources chantaient, les animaux revenaient vers le sol natal, les roses s'épanouissaient. Et les Indiens?

Dans leur joie, les Indiens levèrent le visage vers le ciel. Ils laissaient la pluie arroser leurs corps et lui redonner la vitalité. Et, sous la douche céleste, ils se mirent à danser en l'honneur du serpent qui, depuis ce jour-là, continue à incurver son corps élastique, tel un ruban coloré, chaque fois qu'il pleut, un jour de soleil.

 




 

4月27日

La légende de l'Ile de la Tortue

Il y a fort longtemps, le Grand Esprit regarda la Terre qu'il avait créée à l'image de la vision qu'il avait eue et son coeur s'emplit de tristesse…

Les minéraux, les végétaux, les animaux et les humains avaient tous oubliés la loi de l'unité selon laquelle ils devaient vivre, ils luttaient les uns contre les autres à propos de la moindre idée ou de la moindre action, et ils considéraient que les pouvoirs et les talents qu’il leur avaient confiés leur appartenaient ; ils montraient tous égoïsme, jalousie, haine et cupidité...

Le Grand Esprit jugea que la Terre ne pouvait plus continuer sur cette voie, alors il tenta d'envoyer des messages à tous ses enfants, les conjurant de vivre mieux, mais seuls quelques-uns parmi les minéraux, les végétaux et les animaux les comprirent…

Les humains, eux, y restèrent sourds...

Alors le Grand Esprit appela tous les esprits de l'eau et ils descendirent ensemble sur la Terre, la pluie vint et déversa partout ses rivières, les vagues s'élevèrent et submergèrent îles et continents... 

Seuls les minéraux et quelques végétaux et animaux survécurent…

Cependant le Grand Esprit était toujours aussi triste, car une Terre sans humains n'était pas à l'image de la vision qu'il en avait eue...

En haut, dans les nuages, vivait une femme esprit qui avait autrefois vécu sur la Terre.

Comme la plus grande partie de la vie s'était éteinte, elle n'avait plus personne à regarder ni à aider, et elle se sentait seule...

Elle demanda au Grand Esprit de lui envoyer un esprit mâle.

Il lui en envoya un, ils s'unirent et elle fut fécondée.

L'esprit mâle s'en alla ensuite car il avait rempli son rôle, et elle fut de nouveau seule dans les cieux.

Les animaux sur la Terre étaient seuls eux aussi et ils désiraient ardemment une compagnie semblable à celle que les humains leur avaient dispensée dans les premiers temps, lorsqu'ils respectaient encore la loi de l'unité.

Ils virent la femme seule dans le ciel et ils décidèrent de l'inviter à venir sur la Terre.

Mais ils étaient perplexes parce qu'ils savaient qu'elle aurait besoin de terre ferme pour se déplacer et tout était encore inondé.

Tandis qu'ils étaient rassemblés en conseil, assis sur quelques rochers qui émergeaient au-dessus des eaux, se demandant quoi faire, la Tortue géante vint et sortit sa tête de l'eau :

« Amis, dit la Tortue, mon dos est large et fort. Peut-être la Femme du Ciel acceptera-t-elle de venir si je le mets hors de l'eau ; elle pourrait ainsi venir dessus et y rester ».

« Merveilleuse idée, dit l'Ours, chef du conseil, ce serait la solution idéale. Nous lui demanderons de rester avec nous et d'avoir ses enfants ici ; ils grandiront parmi nous et tout jeunes apprendront l'harmonie dans laquelle ils doivent vivre. Et peut-être enseigneront-ils cela à leurs enfants ».

La Tortue sorti son dos de l'eau et tous allèrent dessus.

Ils couraient ça et là, et sautaient, et bondissaient, et jouaient parce qu'ils étaient heureux d'avoir à nouveau un grand espace où marcher, et ils voulaient aussi être surs que tout ce mouvement n'incommoderait pas la Tortue car ils savaient que les hommes feraient beaucoup plus de mouvements !

Quand ils furent convaincus que c'était un foyer agréable, ils appelèrent la Femme du Ciel et lui demandèrent de descendre et de rester parmi eux.

Elle accepta, heureuse de ne plus être seule désormais.

Après être descendue, elle marcha tout autour du dos de la Tortue et vit que c'était vraiment une grande et belle maison... cela lui prit plusieurs jours car la Tortue était très grande...

Quand elle revint à l'est, d'où elle était partie, elle dit :

« Tortue, tu es un animal fort et courageux de m'offrir ton dos, ainsi qu'à tous les humains qui viendront de moi et de mes enfants, si tu demeures notre maison pour toujours, tu ne pourras faire tout ce que font habituellement les tortues, aussi vais-je te venir en aide : que les animaux aquatiques aille chercher de la terre au fond de l'océan et me la rapportent ».

Tous les animaux aquatiques plongèrent, mais en vain car il était dur de rapporter de la terre en nageant, et alors qu'ils étaient tous sur le point d'abandonner, le rat musqué revint avec de la boue plein la bouche et la déposa aux pieds de la Femme du Ciel…

La Femme prit la terre et fit à nouveau le tour du dos de la Tortue, tout en marchant, elle laissa tomber de la terre un peu partout...

Quand elle revint à son point de départ, elle souffla le souffle de vie sur la terre et celle-ci se multiplia, couvrant tout le dos de la tortue...

« Tortue, dit la Femme du Ciel, tu peux à présent retourner à ta vie normale, mais en l'honneur du sacrifice que tu étais prête à faire, cette Terre s'appellera désormais l'Ile de la Tortue »...

 

 

3月28日

Les cheveux de la vieille

Depuis des temps immémoriaux,
Les Indiens employaient le maïs en guise de froment,
Car ils ne connaissaient pas cette céréale.
Le pain, les gâteaux, tout était fait de farine de maïs.
Il existe une jolie légende indienne
Sur l'apparition du maïs dans le monde.

Il était une fois une vieille grand-mère qui errait à travers le pays indien, accompagnée de son petit-fils. Personne ne savait d'où ils venaient, ni où ils allaient. Personne non plus n'invitait les deux voyageurs à se réchauffer au coin du feu, malgré leurs prières. C'était à une époque où la plupart des Indiens avaient brandi leur tomahawk et se faisaient la guerre entre tribus. Tout nouveau venu était suspect, on craignait les espions.

« Peu importe, nous finirons bien par trouver de braves gens qui nous accueilleront, » disait la grand-mère à son petit-fils pour le réconforter.

Et ils continuaient leur route, par monts et par vaux. Un jour enfin ils échouèrent au camp de la tribu des Alligators. C'étaient des Indiens parmi les plus pauvres, mais au cœur généreux. Ils invitèrent les deux pèlerins à se chauffer à leur feu, et partagèrent avec eux le peu de nourriture qu'ils avaient. Leur chef, Dent d'Alligator, leur tint ce langage:

« Si tel est votre désir, vous pouvez rester parmi nous. Mais vous devez savoir que nous souffrons souvent de la faim. Nos terrains de chasse ne sont pas riches en gibier. De plus, il nous faut sacrifier nos meilleures prises aux Alligators, si nous ne voulons pas perdre leur protection. »

« Nous serons heureux de partager votre sort, quel qu'il soit,» répondit la vieille.

«En retour, je veillerai sur les enfants. Ainsi, je ne serai pas une charge inutile. »

Dès le lendemain à l'aube, tous les chasseurs quittèrent le camp, bientôt suivis par toutes les femmes. Seuls les enfants étaient restés avec la vieille.

A vrai dire, les enfants avaient l'habitude d'être livrés à eux-mêmes toute la journée. Ils jouaient ensemble, sans trop se soucier de leur abandon. Mais ce qu'ils ne pouvaient pas faire, c'était se procurer leur nourriture. Si bien qu'ils restaient toujours sans manger jusqu'au retour de leurs parents, le soir.

Maintenant, c'était mieux. Les enfants se serraient autour des jupes de la vieille, comme des poussins autour de la mère poule. Elle leur racontait des histoires. Il y en avait une qui leur plaisait plus que tout: celle qui expliquait pourquoi la terre n'était pas seulement couverte d'herbe et de fleurs mais aussi d'arbres très hauts. Un jour, le puissant Manitou eut envie de caresser des fleurs qu'il voyait palpiter au vent sur leur tige gracile. Mais, du haut de son ciel, il avait beau se pencher, il ne pouvait pas les attein­dre.  Elles restaient trop basses, hors de sa portée. Alors, il exprima le souhait que les tiges poussent jusqu'à ce que les fleurs arrivent à ses paumes. Et les pins, les sapins, les érables se sont élancés, ils ont poussé, poussé tant et si bien que leurs magnifiques couronnes ont atteint les cieux. Maintenant, Manitou peut les caresser à sa guise, il lui suffit d'étendre la main et l'on peut voir les arbres onduler mollement sous sa caresse, avec un doux murmure.

 La vieille n'était pas seulement une excellente narratrice de contes merveilleux. Elle savait à quelle heure exacte les petits commençaient à avoir faim. Elle disparaissait alors un moment, et revenait bientôt chargée d'une énorme marmite d'où s'exhalait un fumet appétissant.

 « C'est du gruau de maïs, » leur expliquait-elle. « Tant que vous resterez des enfants bien sages, vous en aurez toujours à volonté. »

 Ainsi passèrent les semaines et les mois, jusqu'au dernier de l'année: le mois de la Longue Nuit. La vieille continuait à servir aux enfants son savoureux gruau de maïs, mais elle devenait de plus en plus frêle. On eût dit qu'elle s'évaporait lentement comme la fumée, au-dessus de sa marmite.

Un matin, elle se sentit si faible qu'elle ne put se lever. Elle fit alors venir son petit­ fils et lui dit:

« Mon cher enfant, je sens que je vais bientôt quitter ce monde. Les grains de maïs que j'ai semés ont pris racine et vont bientôt pousser: j'ai accompli ma tâche. Maintenant, il incombe à toi et aux autres enfants, de les soigner. Il faut les arroser, les biner, sarcler. Sinon, il n'y aura pas de récolte. »

Ce furent les dernières paroles de la bonne vieille. Tous les jours à midi, elle donnait cependant encore à son petit-fils une marmite de gruau de maïs, mais le jour où le premier épi mûrit derrière son wigwam, elle disparut et plus personne ne la revit.

« Hélas, nous ne la reverrons plus! » dit Dent d'Alligator. « Mais elle restera parmi nous. Voyez » et il désigna de la main, le maïs mûrissant tout autour du camp « elle s'est changée en ces plantes qu'elle nous a apportées pour que nous ne souffrions plus jamais de la faim. »

C'est de cette façon, que la bonne vieille rendit son hospitalité à la tribu. Et depuis, les Indiens ont toujours bien soigné leur cher maïs. Lorsque les cheveux sortent des oreilles vertes des épis, ils croient y voir les cheveux d'argent de la bonne vieille.

3月15日

Comment les Indiens ont eu des chevaux

 

Dans un village indien planté au bord de la Grande Rivière vivait un jeune orphelin, très pauvre. Sa hutte de terre était la plus petite de toutes, et comme il était encore trop petiot et trop faible pour porter une arme, il devait mendier sa nourriture. Hélas, on le chassait souvent. «Pourquoi devrions-nous te nourrir? Tu n'es bon à rien!» disaient les gens, et ils ajoutaient, pour se moquer: « Un bébé te rendrait des points pour porter les fardeaux! »

C'est que vois-tu, en ce temps-là, les Indiens n'avaient pas encore de chevaux. Sans doute Tirawa, le Grand Esprit, avait-il oublié de les doter de cet animal si utile? Alors, pour tous leurs transports, ils devaient utiliser les chiens, ou leur propre dos.

Le chef de tribu, cependant, ne refusait jamais de donner à l'orphelin quelque chose à se mettre sous la dent. Un jour, il lui fit même cadeau d'une paire de mocassins. Il invitait les gens de la tribu à aider le petit, en leur disant: « Tirawa sait pourquoi ce petit garçon est venu au monde. Peut-être un jour sera-t-il un grand héros qui fera la gloire du village.» Rares cependant étaient ceux qui ajoutaient foi à ces paroles. Quel genre de héros pouvait sortir de ce gringalet, on se le demandait?

Tous les printemps, dès qu'au loin le roulement de sabots des bisons se faisait entendre et que les premières crinières noires se profilaient à l'horizon, les Indiens quittaient en masse le village. Ils pourchassaient les troupeaux qui leur procuraient la viande et les fourrures pour l'hiver. C'étaient les jours que craignait le plus l'orphelin. Alors, il était abandonné de tous. Seul, il lui était bien difficile de se procurer à manger. Déjà, plus d'une fois il était arrivé que les gens, à leur retour, le retrouvassent à moitié mort d'inanition.

Un beau matin du Mois des Fleurs, les sentinelles virent pointer au loin les familières crinières noires. «Les bisons! Les bisons!» entendait-on crier partout. Et avant même que les premiers rayons du soleil n'aient dissipé la brume matinale, le village s'était presque complètement vidé.

Pauvre gamin! Il était là, tout seul, assis sur le seuil de sa cabane. Son regard restait attaché au nuage de poussière soulevé par les derniers chasseurs et leurs chiens, et qui lentement retombait. Les cris et les aboiements étaient encore perceptibles, mais les ombres s'étaient déjà évanouies dans la Prairie.

On l'avait laissé tout seul! Des larmes amères jaillirent de ses yeux, et tombèrent jus­qu'à ses mocassins. Il aurait tant voulu suivre les autres, mais personne ne voulait de lui.

La poussière se trouva bientôt toute trempée de ses larmes. Soudain il lui sembla  entendre une voix, douce et fluette, qui commandait:

« Allons, assez pleuré! Va jouer! Montre de quoi tes faibles doigts sont capables! »

Qui avait parlé? Et avec quoi devait-il jouer? Son regard restait penché, fixant le petit tas de poussière transformée en boue par ses larmes, entre ses pieds. Ça avait l'air d'être tout juste prêt à modeler.

«Je vais me faire un chien, ainsi, je ne me sentirai plus si seul, » se dit-il, tout en entreprenant de modeler entre ses doigts la terre molle et souple. Mais, qu'est-ce qui se passe? Voilà qu'au lieu de courtes pattes de chien, il fait sortir quatre longues pattes, avec des sabots. La tête aussi, était trop longue pour être celle d'un chien, et puis elle avait des oreilles pointues, redressées, quelque chose comme une crinière de bison sur le cou. Et, derrière, une queue pas du tout pareille à celle d'un chien. Qu'avait-il créé là ? Jamais il n'avait vu un animal pareil! «Quel drôle de chien ! Je vais recommencer. Mais cette fois-ci, je vais faire attention! » Il eut beau faire attention. C'était comme si quelque chose guidait ses doigts. Il refit malgré lui un animal du même genre que le précédent.

Perplexe, il contemplait ses deux figurines. Il les avait posées sur le sol, devant lui. On eût dit qu'elles allaient prendre leur élan d'un instant à l'autre. Le garçonnet se sentit soudain très las. S'étendant à même le sol, il s'endormit immédiatement. Et il eut un rêve:

Le grand Tirawa en personne quittait sa lointaine demeure pour venir lui dire :

« C'est moi qui t'ai ordonné de jouer. A mon instigation, tes doigts ont modelé les chevaux que tu pourras désormais employer pour tirer des charges ou pour te porter. Comme ils sont encore beaucoup trop petits, tu dois les mener paître et les abreuver durant quatre jours et quatre nuits, au long de la Grande Rivière. Ils grandiront, puis te rendront bien des services! »

Tirawa se tut et se dissipa dans l'espace, tel un frisson à la surface de l'eau.

Le gamin s'éveilla. Prenant ses deux figurines, il courut avec elles jusqu'à la Grande Rivière; Il savait où se trouvait l'herbe la plus fraîche et la plus abondante. Il déposa ses statuettes avec de grandes précautions, pour ne pas les abîmer. Dès qu'ils eurent touché le sol, les chevaux s'animèrent, et se mirent à hennir. L'orphelin n'en croyait pas ses yeux. Et, miracle entre les miracles, ils grandissaient à vue d'œil!

Il les laissa brouter l'herbe et boire l'eau de la rivière tout leur content. Le soir, il les ramena au village. En si peu de temps, ils avaient tant grandi, que c'est à peine s'ils tenaient dans sa cabane. La nuit suivante, il dut les abriter dans le wigwam du chef, plus haut et plus spacieux.

Le garçon était rudement content, de voir ses chevaux devenir si grands et si forts! Au matin du troisième jour, il chevaucha par le village, et avait grande envie d'aller rejoindre ses voisins et ses amis à la chasse au bison. Ne pouvant résister, il oublia le conseil du puissant Tirawa, et s'élança. Il traversa la Grande Rivière et mena ses deux petits chevaux sur les traces du troupeau de bisons.

Dans son inexpérience, il n'avait jamais vu de cheval, auparavant. C'est pourquoi il avait pensé que de toute façon, ils n'auraient plus grandi, le quatrième jour. Mais le grand Tirawa l'observait. Il fut d'abord un peu décontenancé, car sa première intention avait été de donner aux Indiens un cheval aussi grand que celui des Visages Pâles. Puis il se dit qu'après tout, un petit cheval c'est plus leste, ça rendrait de meilleurs services à la chasse. C'est pourquoi un cheval indien s'appelle un poney, ce qui veut dire « petit cheval».

Au bout d'un moment de trot, le jeune cavalier vit s'élever au loin la fumée du camp des chasseurs. A cheval, la route lui avait paru très courte.

A sa vue, le chef et les autres furent rudement surpris. Leurs yeux ne pouvaient se détacher des deux poneys. Quant à notre héros, désormais il ne serait plus jamais un pauvre et faible enfant abandonné. Il était en train de devenir un solide jeune gaillard, qui sans doute deviendrait chef de tribu, dans quelques années.

Et en vérité, il en fut ainsi. Il ne lui fallut pas longtemps pour battre tous les autres à la course, au tir et à la chasse. Si bien que lorsque le vieux chef s'en fut rejoindre des ancêtres, toute la tribu fut unanime pour le choisir, lui, l'ancien orphelin pauvre, pour leur servir de père à tous. Et il les dirigea avec une grande sagesse, durant de longues années.

 

2月8日

Iktomi

Dans les contes Lakota, Iktomi (l'homme-araignée) est le plus far­ceur et le plus coquin des dieux. On l'appelle aussi le Tricheur ou Vieil Homme coyote. Il joue sans cesse de bons tours à tout le monde. Mais il n'a que rarement la forme d'une araignée car il possède le pouvoir de changer d'apparence. Ses pou­voirs sont immenses: selon la mythologie Lakota, c'est lui qui a créé l'espace et le temps, qui a inventé le langage et donné leurs noms aux animaux. On prétend même qu’Iktomi aurait annoncé la venue de l'homme blanc.

  

Un jour, Iktomi s'ennuyait lorsqu'il vit passer Faucon. Il lui demanda donc de l'emmener faire un tour. Celui-ci le prit sur ses ailes et ils partirent survoler les grandes plaines. Mais Iktomi ne peut pas s'empêcher de jouer des tours, Aussi, chaque fois qu'ils croisaient un autre oiseau, il utilisait le langage des signes pour lui dire que Faucon n'était qu'un imbécile. Il pensait que là où il était perché, Faucon ne pouvait pas le voir. Hélas, Faucon pouvait voir leur ombre sur le sol et il se rendit compte qu'Iktomi se moquait de lui. Pour se venger, il monta donc à la verticale vers le ciel lktomi lâcha prise, tomba dans le vide et atterrit dans un arbre creux. Il était déjà bien en peine lorsqu'il se mit soudain à pleuvoir. Et plus il pleuvait, plus Iktomi gonflait comme une éponge. Il était bien près de mourir étouffé! Il eut si peur que cela lui inspira une prière:

   

Ô Grand Esprit, pourquoi m'as-tu fait si rusé,

Toujours prêt à jouer des tours?

Cela ne me cause que des malheurs.

Je t'en prie, aie pitié de moi!

Il s'humilia, se fit tout petit,

Si petit qu'il réussit enfin à sortir de son  arbre creux.

Il jura qu'il ne recom­mencerait plus.

 

Mais qui peut croire Iktomi ? »

 

1月18日

Le secret du calumet

« Mes histoires touchent à leur fin,» dit le calumet, rompant le profond silence qui avait suivie ses dernières paroles.

« Pourquoi?» s'enquit le petit garçon, inquiet. «Vous ne m'avez encore rien raconté de la lutte des Indiens contre les Visages Pâles. »

«Je ne me souviens que des histoires que j'ai entendues autour du feu de camp, alors que la paix régnait déjà en pays indien. Les bateaux des Visages Pâles ne devaient les amener que bien des années plus tard. Dès lors, cette région paisible où la montagne rejoint la prairie et où la forêt enneigée touche au désert aride, et même cet endroit tranquille où je veillais sur  le feu de camp, tout fut bouleversé. Des centaines d'Indiens passaient par ici, en fuyant vers l'Ouest. Un jour, je compris pourquoi ils s'enfuyaient ainsi: un nuage de poussière  rouge s'était levé à l'horizon. Cette fois, il ne s'agissait pas d'un troupeau de bisons, comme j’en avais vu déferler tant au cours de ma vie. C'étaient des soldats, montés sur de grands chevaux. L'armée des Visages Pâles! Ils déferlèrent comme une tornade, en se parlant en une langue que je ne comprenais pas. Puis il se passa, quelque chose de plus étrange encore, à mes yeux: un Indien sortit de la forêt voisine. Je voulais lui crier de chasser ces intrus, mais avant que j'aie le temps de le faire, l'un des cavaliers stoppa son cheval. Il plaça une sorte de canne devant son visage, comme pour viser. Et c'est alors qu'une chose terrible se déroula devant moi. Une langue de feu sortit de la canne, accompagnée d'un bruit assourdissant. A l'orée de la forêt, l’Indien était étendu, raide mort. »

« C'était un fusil, c'est sûr! » s'écria le petit garçon.

«Oui. Je l'ai appris par la suite. Après ce Pénible incident, je n'ai plus revu d'Indiens, durant très longtemps. Leur camp avait été détruit, et je pensais bien ne plus Jamais voir se rallumer leur feu.

Je me trompais. Une nuit, il faisait un brouillard épais, je fus réveillé par une lueur familière. Des voix parlaient une langue que je comprenais. Quelques Indiens étaient assis autour du feu, et discutaient. L'un d'entre eux me découvrit, et dit à ses compagnons: Voyez, un calumet! Sans doute est-ce Manitou qui nous l'envoie. Emportons-le.

Les Indiens m'ont emmené, et c'est alors que m'est arrivée ma grande aventure. .. »

« Oh ! Racontez-la! » Supplia le petit garçon.

Le calumet avait fait une pause, il paraissait plongé dans les souvenirs.

« Si je le fais, c'en sera fini de moi, je serai réduit en cendre. J'aurai confié à un être humain mon plus grand secret. Mais je  t'ai raconté toutes les autres histoires d'Indiens que je connais. A ton tour, tu vas les raconter aux autres enfants, j'en suis sûr. C'est pourquoi je te prie de bien écouter la toute dernière histoire.

Les Indiens m'emportaient, partout où ils allaient. Ces voyages n'avaient rien d'agréable, car la Mort les guettait en tout endroit, la Mort, crachée par les longs fusils des Visages Pâles.

Les Indiens avaient faim et froid, ils n'avaient pas le temps de se livrer à la chasse, ni ne pouvaient allumer de feux pour ne pas trahir leur présence par la fumée. Les femmes et les enfants mouraient, comme étaient morts les plus valeureux d'entre les guerriers, Œil de Faucon, Flèche Siff1ante, Nuage Rouge, Mocassin Silencieux, et tant et tant d'autres!

Un jour, je me dis que les Indiens, épuisés, étaient arrivés au bout de leur existence. De hautes -montagnes à pic se dressaient devant eux, inabordables. Tout autour, des soldats blancs, le doigt sur la gâchette de leurs fusils braqués, faisaient un cercle si serré que pas une souris n'eût pu espérer s’y faufiler.

Lorsque, cette nuit-là, la Lune éclaira les visages des Peaux-Rouges, leur chef Dernière Fumée se redressa pour leur adresser ce discours:

- Ce soir, un soleil sanglant s'est couché derrière la montagne. Je crains que ce ne soit  un mauvais présage. Manitou a voulu nous annoncer que demain nous livrerons notre dernier combat, et que nous succomberons.

Nous savons que nous avons le bon droit pour nous. Nous allons nous battre pour notre pays à nous, les Indiens, contre les Visages Pâles qui veulent nous le prendre et nous priver de notre liberté.

Hélas, notre bon droit ne nous a guère aidés jusqu'à présent. Nous avions accueilli les Visages Pâles comme des frères, et eux, ils ont payé notre hospitalité avec l'eau de feu qui trouble les idées, avec des maladies qui ont ravagé des villages et des camps entiers. Mais, après cela le pire devait encore arriver. Les Visages Pâles ont entrepris de nous voler les ter­rains de chasse, qui étaient nôtres depuis des temps immémoriaux: Ils nous ont repoussés d'une région à l'autre, et nous sommes sans défense devant leurs armes. Maintenant, ô mes frères,   ne reculons pas davantage! Si nous devons mourir, que ce soit demain, en luttant d'homme à homme. J'ai cependant un gros chagrin: qu'adviendra-t-il de nos femmes, de nos enfants? Nos ennemis n'épargneront pas leurs vies. Peut-être devrions-nous rendre, dans l'espoir que le cœur des hommes blancs s'attendrisse devant un peuple sans défense et impuissant?

Quand le chef eut fini de parler, un Indien du nom de Grand Eclaireur se leva et dit:

                                                           
J'ai éprouvé une grande peine à entendre les paroles de notre chef, Dernière Fumée, mais elles sont pleines de sagesse. C'est vrai que nos corps sont las d'errer sans fin, et que nos âmes sont pleines de tristesse à la pensée de ne plus jamais retourner au pays  de  nos aïeux, notre patrie.

Dernière Fumée a dit à juste titre que nous sommes encore libres. Il nous invite à aller au combat demain. Nous savons à quel point la lutte serait inégale. Mais nous fier à la merci des Visages Pâles, jeter nos armes? Non - cela équivaudrait à accepter de passer le reste de nos jours dans leurs grandes maisons de pierre qu'ils appellent des prisons. J'ai moi­ même été enfermé dans l'un de ces forts, à plusieurs reprises. Grâce à mes mocassins silen­cieux, je suis  toujours parvenu à me faufiler entre les gardiens et à regagner ma liberté.

Alors, je vous le demande, pourquoi ne pas agir de même maintenant? Au cours de ma vie j’ai parcouru tout le pays indien, j'en connais les moindres recoins. Cet endroit-ci ne fait pas exception. Je sais un passage secret, par lequel nous pouvons échapper aux Visages Pâles.   Je vous mènerai hors de l'encerclement. Ensuite, nous irons, dans ce pays qui est le nôtre,  jusqu'à ce que nous y trouvions un coin d'où plus personne ne pourra nous déloger.

Howgh !

Le discours de Grand Eclaireur avait fait forte impression. Et cette nuit-là, dès que la Lune  se fut cachée derrière la crête des montagnes, les Indiens pourchassés quittèrent les lieux en passant à, travers les mailles du filet tendu par les Visages Pâles, suivant le passage secret indiqué par Grand Eclaireur.

Je me rappelle comment je me suis retrouvé dans un canot, les Indiens avaient enfin atteint la Vieille Rivière dont maintenant ils descendaient le courant, dans la direction du Sud. Malheureusement, ils n'avaient pas encore découvert les terrains de chasse où ils eussent pu s'établir et vivre en paix. Les Visages Pâles les pourchassaient, partout, et ce n'est que grâce à la finesse et à la connaissance du pays de Grand Eclaireur, qu'ils étaient parvenus jusqu'alors à échapper. Souvent, il semblait que ce fût par miracle. Ils traversèrent ainsi tout le Sud, puis, par-delà le Pays des Neiges, par la région des gorgés et des lacs, ils s'arrê­tèrent auprès des Chutes Grondantes. Dans toutes leurs tribulations, ils ne s'étaient jamais séparés de moi. Les années avaient passé, mais même alors les ennemis ne les laissaient pas tranquilles, et les talonnaient sans répit. Il y avait de plus en plus de Visages Pâles, dans le pays, tandis que les feux indiens s'éteignaient les uns après les autres. Manitou seul sait combien j'ai vu se vider de campements ces années-là, combien de totems déracinés, de foyers dispersés. Seul Manitou sait comment Grand Eclaireur, à la tête d'une poignée de braves Indiens, chercha inlassablement un endroit où l'homme blanc n'aurait pas encore mis Pied.

Parfois, il croyait avoir réussi. Sous son commandement, ses braves Indiens avaient remporté la fameuse bataille de la Crique Perdu, ils avaient alors pu se fixer en cet endroit et y vivre en paix. Cela ne dura que quelques mois. Une fois de Plus, le son des trompettes, ce son trop bien connu, les obligea à quitter les lieux.

Leur route les menait inéluctablement au Pays des Ombres, d'où leurs ancêtres les appe­laient, les uns après les autres.

C'est ainsi qu'il arriva que Grand Eclaireur ferma les yeux à Dernière Fumée, et pour­suivit seul la route sans fin. Tout ce qui lui restait, c'était ses flèches, son arc, et moi-même.

Je revis les lacs, les rivières, et  la prairie illimitée. Alors, Grand Eclaireur se retrouva, une fois encore, là où la montagne rejoint la prairie et où la forêt enneigée touche au désert aride et brûlant. »

Le calumet s'était tu.

« Et là ? » demanda le petit garçon.

« Et là, Grand Eclaireur me laissa. Avant de me quitter, il me dit:

- Je vais errer par le pays indien jusqu'à la fin du monde, à la recherche d'un endroit où les Peaux-Rouges pourront vivre dans la paix et le bonheur. Quand je l'aurai découvert, je le dirai aux arbres de la forêt, à l'herbe de la prairie, à l'eau des rivières et des lacs, aux pierres des montagnes et des vallées, au Soleil et à la Nuit, aux étoiles, aux nuages, au vent, et je les prierai de transmettre mon message à mon peuple.

Howgh !

Sur ce dernier adieu, le calumet se dissipa dans une bouffée de fumée. Le petit garçon bondit vers la table. Mais à place du calumet, il ne vit plus qu’une pincée de cendre rougeâtre, à la lueur du feu.

« Ainsi, - c'était le secret du calumet sacré!» chuchota-t-il., en pensant aux dernières paroles  du calumet.

Prenant sa boîte aux trésors, il y rangea soigneusement toute la cendre qui restait. Tout en tenant dans ses doigts les précieuses petites particules, il avait l'impression que chacune d'elles lui redisait l'une des légendes que lui avait racontées le calumet magique, au cours des trois veillées qui venaient de s'écouler.

 

1月5日

Un Ami Fidèle

 

Bien des hivers avaient passé sur la Vallée Perdue. Bien des fois, Wahu avait observé les bandes d'oies sauvages prenant le chemin du Sud, ou le grondement de tonnerre des milliers de sabots des troupeaux de bisons.

 Le temps impitoyable avait tout emporté sur ses ailes. Il ne restait que les ombres, qui s'allongeaient, silencieuses et sombres, sur le pays entier. Elles seules comprenaient le vieil Indien. C'est avec elles qu'il conversait, le soir, avant que les étoiles ne se lèvent sur le campement.

 Un soir que les ombres étaient encore plus longues, elles lui apportèrent un message du Grand Manitou.

«Le Grand Esprit t'attend. Prépare-toi au voyage, prépare-toi... » Chuchotaient­ elles. « Fais tes adieux, Wahu, fais tes adieux!»                                       

« A qui dois-je faire mes adieux? » dit Wahu, un triste sourire sur les lèvres. « Depuis longtemps, mes fils et mes filles se sont dispersés, et les gens d'ici ne seront que trop heureux de me voir partir. »

 Le vieillard se leva et, prenant sa pagaie, il se dirigea à pas lents vers la rivière.

Une brume d'argent s'élevait de l'eau quand  Wahu y poussa son canot. Rien n'em­pêchait plus le bateau de descendre au fil de l'eau jusqu'aux Terrains de la Chasse Eter­nelle.

 Et pourtant, si le vieil Indien avait jeté un coup d'œil en arrière, il aurait vu une ombre courant tout au long de la berge, les yeux pleins de tristesse.                                             

Mais Wahu ne voyait rien. Confiant humblement son canot au courant, il était emporté de plus en plus vite. Il allait sans heurt vers les Rapides du Tonnerre. Par-dessus le mugissement des eaux, le chant de la mort de Wahu se fit alors entendre.

 Cependant, l'ombre qui le suivait s'était jetée à la rivière. Elle semblait devoir être emportée dans le tourbillon des vagues mugissantes.

 Wahu descendait de plus en plus, un bruit assourdissant étouffait tout autre son, jusqu'à ce que soudain il se retrouvât dans des eaux calmes, blanches comme le lait.

 « C'est la Rivière Blanche, » pensa-t-il. «Je serai bientôt au terme du voyage. »

 Devant lui, deux rochers formaient un énorme portail, au fond d'une baie ou les vagues ondulaient gentiment dans leur mouvement éternel.

 Le vieux laissa son canot s'échouer sur le rivage blanc, et mit pied terre. A peine avait-il eu le temps de jeter un regard autour de lui que les rochers s'ouvrirent, laissant passage à deux magnifiques guerriers aux coiffures scintillantes comme de l’argent.

 « Nous sommes les gardiens des Terrains de la Chasse Eternelle, » dit le premier guerrier « nous t'attendions.»

 Et le second ajouta: «Mais pourquoi viens-tu tout seul? »

 Il y a bien longtemps que je n'ai plus de compagnon, et d'autant moins pour ce voyage, » répondit Wahu.

« En ce cas, qui donc te regarde, de la rivière, avec des yeux pleins de tristesse? »

 Wahu se retourna brusquement, pour constater que les yeux les plus fidèles qu'il ait jamais vus étaient attachés sur lui.

 « Oh !  C'est  mon chien! Mon chien! » Murmura-t-il, profondément ému. Descendant alors vers la rivière, il prit dans ses bras son fidèle ami à quatre pattes.

 « Jamais je n'aurais pensé à lui, » dit-il à haute voix.

 « Et pourtant, c'est lui qui t'a le mieux aimé... » Dit la: voix du Grand Esprit, venant de loin.

 C’est ainsi que le vieil Indien et son unique ami entrèrent ensemble dans les Terrains de la Chasse Eternelle, et suivirent le sentier d'où personne n'est jamais revenu.

 

 

12月5日

Comment vient la sagesse !!!!

Il y avait un homme, le facteur de la réserve, qui entendit un jour certains des anciens parler d’objets que l’on reçoit et qui confèrent un grand pouvoir. Il savait très peu de choses à leur sujet, mais il se dit en lui-même que ce serait merveilleux pour lui de posséder un de ces objets, qui ne pouvaient être envoyés que par le Créateur. Les Anciens disaient en particulier qu’une plume d’aigle était le plus beau cadeau qu’un homme puisse recevoir.

Le facteur décida donc que c’était ce qu’il lui fallait. S’il pouvait seulement obtenir une plume d’aigle, il aurait toute la puissance, toute la sagesse et le prestige dont il rêvait. Mais il savait qu’il lui était interdit d’en acheter une, ou même d’en demander à quelqu’un. Pour que ses désirs soient exaucés, il fallait impérativement qu’elle lui soit donnée d’une manière ou d’une autre par le Créateur. Ainsi se mit-il, jour après jour, à guetter l’apparition d’une plume d’aigle. Il croyait que pour en trouver une, il lui suffirait de garder les yeux bien ouverts.

Bientôt, il lui fut impossible de penser à autre chose. La plume d’aigle occupait son esprit du lever au coucher du soleil. Les semaines passèrent, puis des mois, puis des années.

Chaque jour, le facteur faisait sa tournée, obsédé par la plume, regardant autour de lui avec toute l’attention dont il était capable. Il se désintéressait de sa famille et de ses amis. Il n’avait plus que cette plume en tête. Mais il avait beau la chercher, elle ne se montrait pas. Il commença à vieillir, et toujours pas de plume.

Finalement, il prit conscience que malgré tous ses efforts, il n’était pas plus près d’obtenir sa plume que lorsqu’il avait commencé à attendre sa venue. Un beau jour, il s’arrêta au milieu de sa tournée, descendit de la petite jeep dans laquelle il transportait le courrier et eut une discussion avec le Créateur. Il lui dit : “je suis si fatigué de courir après cette plume d’aigle. Peut-être n’était-il pas prévu que j’en reçoive une. J’ai passé toute mon existence à y penser. J’ai négligé ma famille et mes amis. Maintenant mes jours sont sur le point de s’achever, et je suis passé à côté d’un grand nombre de bonnes choses. Aujourd’hui, je renonce à la guetter. Je la chasse de mon esprit et je me mets à vivre. Peut-être me reste-t-il encore assez de temps pour me consacrer aux miens. Je te prie de me pardonner pour la manière dont j’ai conduit ma vie.” Alors -et alors seulement- une grande paix l’envahit. Il se sentit bien mieux, à l’intérieur de lui-même, qu’il ne l’avait été pendant toutes ces années. Il prenait congé du Créateur et s’apprêtait à remonter dans la jeep, quand une ombre passa au-dessus de lui. Portant les mains à ses yeux, il leva la tête pour examiner le ciel et vit un grand oiseau qui volait très haut dans la nue. L’oiseau disparut presque aussitôt, mais quelque chose continua de flotter dans le vent, descendant légèrement et gracieusement vers lui : une penne. C’était sa plume d’aigle ! il comprit alors en un éclair que la plume était apparue à l’instant précis où il avait cessé de la guetter et s’était mis en paix avec le Créateur.

Il avait finalement appris que la sagesse ne vient que lorsqu’on renonce à la rechercher, quand on commence à vivre pleinement la vie que le Créateur a choisie pour chacun de nous.

Ce postier vit toujours, mais ce n’est plus le même homme. On vient le consulter pour sa sagesse, et il en fait profiter tout le monde. Il jouit enfin de la puissance et du prestige dont il rêvait, mais ces choses n’ont désormais plus aucune importance pour lui. Il se soucie désormais plus des autres que de lui-même.

Ainsi savez-vous maintenant comment vient la sagesse.

11月10日

Les légendes

Dans le langage amérindien un mot représente une phrase descriptive dans notre langue. En voici quelques exemples, homme blanc veut dire : l’homme-à-la-peau-couleur-de-l’écorce-du-grand-bouleau- du-nord-quand-elle-prend-sa-teinte-d’hiver. Un arc-en-ciel représente l’échelle entre l’Œle de la Grande Tortue et l’Œle de la Petite Tortue. Chaque famille amérindienne a ses propres légendes.

           En général, chez les peuples autochtones, les légendes étaient utilisées pour presque tout. Les légendes pouvaient être aussi bien la découverte d’une race d’animal inconnu auparavant, dramatique comme les histoires d’amour ou bien à caractère explicite, mais toujours raconté avec un savoir faire décent.

 

 

Le cheval


  Dans la tribu des hommes vrais, celui-au-corps-aussi-dur-que-la-pierre (Imasi) devait sauver son peuple de la famine parce que les bisons avaient pris une autre route de migration. Il couru aussi longtemps qu’il le pu pendant deux jours et deux nuits, puis il rencontra un cheval et il réussi à détourner le chef des bisons vers son peuple grâce à la puissance de l’animal.

 

Le petit homme


  
Bien avant l’arrivée des hommes vrais, existaient des petits hommes, appelés Magah, et qui vivaient sous la terre. Ils avaient conclu un pacte avec les hommes vrais, mais depuis l’arrivée des hommes blancs, le pacte était constamment violé par ce peuple avide de pouvoir. Un jour l’homme vrai vivra dans des réserves à cause de leur dépendance envers l’homme blanc.

 

 

10月26日

L'ArC eN cIeL

 L'arc-en-cie

 

 Les Navajos croient que les dieux voyagent sur les arcs-en-ciel

Parce qu'ils se déplacent rapidement.

Ils savent que si tu cours vers le bout de l'arc-en-ciel,

Celui-ci se déplace plus loin avant que tu sois là,

Peu importe la vitesse à laquelle toi, tu te déplaces.

Ils ont aussi représenté l'arc-en-ciel comme étant le pont

Entre le monde des humains et celui des morts.

Ils disent que l'arc-en-ciel transporte les héros entre le ciel et la terre.

Les Navajos disent aussi que l'arc-en-ciel est la déesse

Qui apparaît durant le chant rituel pour guérir les malades.

 

 

 

Il existe une histoire parmi les gens de Shasta

 Qui dit que le Soleil utilise les couleurs de l'arc-en-ciel

 Pour se peindre lui-même lorsqu'il vient sur la Terre

 Comme un Shaman ou un Homme de médecine.

 Les Yukis de Californie croient que les arcs-en-ciel

Sont les vêtements multicolores du Grand Esprit,

Celui qui a créé toute existence.

 

10月16日

La légende du loup blanc

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L'histoire que je vais vous raconter remonte à la nuit des temps.

A cette époque, la terre était recouverte de vastes forêts sans fin, certaines étaient inextricables et les voyageurs égarés retrouvaient rarement leur chemin.

En ces temps là, les loups vivaient nombreux, ils formaient des clans très hiérarchisés, intelligents, forts et courageux, ils n'avaient d'autres ennemis que les hommes.

Les hommes quant à eux nourrissaient une haine profonde envers les loups et lorsqu'ils se trouvaient face à face, il était rare que tous deux survivent à cette rencontre.

A peine l'enfant des hommes marchait, qu'il avait appris à haïr le loup.

Chaque décennie écoulée, les loups, uniquement les chefs de clan et quelques élus entreprenaient le grand voyage. De toutes les régions du Nord de l'hémisphère, ils convergeaient en un même lieu, une vaste clairière au centre d'une forêt profonde et noire, quelque part dans un pays que l'on appellera plus tard la FRANCE.

Certains venaient de très loin, c'était le grand rassemblement au cours duquel les loups mâles et femelles encore solitaires allaient sceller une nouvelle alliance, ils venaient là trouver le compagnon d'une vie.

Les chefs partageaient leur savoir et les jeunes bâtissaient leur descendance.

Cette année là, LOUPBLANC, chef de clan encore solitaire venait pour y trouver une compagne, chemin faisant il pensait au lourd secret qui était le sien.

Quelques mois plus tôt, au cours d'une chasse, il avait découvert une jeune femme évanouie dans la neige fraîche. Il s'était approché d'elle doucement, avec méfiance comme on lui avait toujours appris, de longues minutes s'étaient écoulées ainsi, quand soudainement la jeune femme bougea, elle entrouvrit les yeux et loin d'être terrifiée par la vue du loup, elle lui sourit.

Elle tendit une main et caressa la fourrure de l'animal, celui-ci accueillit cette marque d'affection d'abord avec surprise puis bientôt avec plaisir. Sans savoir qu'il pouvait la comprendre, elle lui expliqua sa peur lorsqu'elle s'était vue égarée dans la forêt, en entendant du bruit, elle s'était mise à courir sans voir une grosse branche qui barrait le chemin, elle avait trébuché lourdement et s'était évanouie.

Tout en lui parlant elle n'avait cessé de le caresser. Elle le regarda droit dans les yeux et lui demanda de l'emmener jusqu'au village, seule dit-elle, je ne retrouverai jamais ma route.

LOUPBLANC s'exécuta, il la reconduisit jusqu'à l'entrée du village et longtemps il resta là, à la regarder partir, même lorsqu'il ne pouvait plus la voir.

De retour dans la tanière du clan, il comprit qu'il ne serait plus jamais le même, jamais plus il ne verrait les hommes de la même manière.

Il se prit même à revenir guetter l'entrée du village dans l'espoir de l'apercevoir.

A de nombreux kilomètres de là, une louve et son frère cheminaient au côté d'un chef de clan, ils faisaient eux aussi route vers le grand rassemblement.

 

La louve CALYPSONE venait y faire alliance, elle l'espérait depuis longtemps mais depuis l'été dernier, elle était habitée par la peur, son chemin avait croisé celui d'un gentilhomme blessé, au lieu de le dénoncer à la meute comme il se doit, elle l'avait caché, recouvert de feuilles et de branchages et l'avait nourri jusqu'à ce qu'il puisse se débrouiller seul.

L'homme n'avait jamais manifesté la moindre crainte face à la louve, au contraire il aimait à lui parler, à la caresser, il lui faisait des confidences comme il l'aurait fait à un des ses semblables. Il rêvait d'un monde où les hommes et les loups feraient la paix, un monde où la haine de l'autre n’existerait plus.

Un soir alors que Calypsone venait le retrouver, il était parti en laissant sur le sol son écharpe, un peu de son odeur qu'elle prit plaisir à renifler.

Souvent, depuis lors, elle venait s'allonger au pied de l'arbre qui avait été le témoin de leur amitié.

La clairière sacrée était prête, tous les participants s'étaient rassemblés en plusieurs cercles, au milieu se trouvaient les solitaires, il était de coutume de s'observer et lorsqu'un loup mâle trouvait une louve à sa convenance, il s'avançait au milieu du cercle, puis de là en rampant il se dirigeait vers l'élue.

Ce soir sacré, lorsque CALYPSONE aperçu LOUPBLANC, elle reconnut immédiatement le compagnon qui habitait ses rêves, celui qu'elle avait toujours attendu.

Aussi, bousculant toutes les règles, elle s'avança vers lui, sans crainte, le regardant au fond de ses prunelles dorées.

LOUPBLANC, comme s'il avait toujours su ce qui allait arriver, accepta CALYPSONE comme compagne sans se formaliser de la façon cavalière qu'elle avait utilisée pour arriver à ses fins.

La nuit même leur union fût scellée. Le grand sage donna son accord après avoir vérifié qu'ils n'appartenaient pas au même clan et que leurs deux statures s'harmonisaient entre elles.

La louve fit ses adieux au clan qui l'avait vu grandir et se prépara au voyage de retour.

Leur périple fût sans histoire.

Inconsciemment ou pas, LOUPBLANC construisit leur gîte non loin de l'endroit où il avait découvert la jeune femme l'hiver dernier.

Au printemps de l'année qui suivit, CALYPSONE donna naissance à deux louveteaux, un mâle et une femelle. Avant de mettre bât, elle avait avoué à LOUPBLANC le parjure qu'elle avait fait à sa race en cachant et en nourrissant un humain. LOUPBLANC lui avait à son tour confié son secret et depuis lors ils ne formaient plus qu'un.

Une nuit, ils furent réveillés par des cris qui les firent sortir de leur tanière, ils aperçurent au loin une fumée épaisse, un incendie embrasait le ciel. Les cris durèrent longtemps et au petit jour une odeur âcre parvint jusqu'à eux.

La magie des loups en ces temps là était grande et leur haine des humains encore plus grande, plusieurs clans s'étaient unie pour détruire un village qui avait tué plusieurs des leurs. Ceux qui n'avaient pas péris dans l'incendie, furent dévorés pas les loups.

LOUPBLANC rassembla sa compagne et ses petits et décida de s'éloigner à tout jamais de ces contrées barbares, il voulait un monde différent pour sa descendance.

Au même moment, un homme et une femme, seuls survivants du massacre fuyaient eux aussi l'horreur de la nuit.

La légende dit que la route des loups croisa celle des humains

Que LOUPBLANC reconnu la jeune femme qu'il avait secouru de même que CALYPSONE reconnu l'homme comme étant celui qu'elle avait caché dans les bois.

On dit aussi qu'ils firent chemin ensemble jusqu'à une grande clairière.

Uniquement avec leur courage, ils bâtirent un monde nouveau où tous ceux qui vivaient sans haine furent les bienvenus. Les humains comme les loups...

 

 

 

En regardant dans mes yeux,

S'il-te-plaît souviens-toi que je suis timide.

Tu n'as rien à craindre.

Car c'est l'homme qui nous a mis sur terre ensemble...

Mon voeux serait de ne pas être si incompris.

Après-tout c'est l'homme qui dit que je ne suis pas bon.

Si l'homme pouvait prendre le temps d'apprendre comment

Je suis réellement.

Peut-être aurais-je la chance de demeurer de ce monde

S'il ne tue pas ma famille.

C'est votre choix de m'aider.

À ce que les hommes voient,

Que je ne suis pas un tueur comme on vous l'a fais croire.

Je veux être compris et être libre... ...

B Schmitz

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