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日志


1月1日

Le cent américain à tête d’indien

 

 Par Stéphane Tardif

 

Le cent à tête d’indien a été frappé pour la première fois en 1859, succédant ainsi au cent de l’aigle en vol. Il est de la même composition, soit en cuivre - nickel, 88% de cuivre et 12% de nickel. À cause de la dureté du nickel, les cents en cuivre - nickel sont souvent frappés faiblement que le relief est moins prononcé que si la pièce était dans un métal plus mou comme le bronze.

Le millésime 1859 a été frappé avec le même revers que le cent de l’aigle en vol, soit sans bouclier au-dessus des lauriers. L’année suivante on changea le revers pour rajouter un bouclier au-dessus des lauriers, et aucun autre changement jusqu’en 1864.

Cette année là, James Pollock, directeur de la monnaie Américaine, décida de changer la composition, en choisissant le bronze pour nouveau métal pour le cent. 95% cuivre et 5% étain et zinc. On a toujours appelé le cent la tête de l’Indien. En fait, il ne s’agit pas d’un indien sur l’avers, mais de la fille de James Longacre, graveur à la monnaie américaine, portant le couvre-chef d’un chef indien en visite la journée ou Longacre décida de graver le portrait de sa fille sur le nouveau cent.

Le cent à tête d’indien a été frappé pendant un demi-siècle (1859-1909 ). Les dates clés sont 1877 (852,500) et 1909-s (309,0000 ), s pour San Francisco, ville ou ils ont été frappés. Les installations de San Fransisco commencèrent la frappe du cent en 1908, la même année que la naissance de la Monnaie Royale canadienne. Vers les années 1900, il y avait tellement de cent à tête de l’Indien que si on les avait empilés une par-dessus l’autre, on aurait formé une colonne 100 fois plus haute que la statue de la liberté.

Le cent continua à circuler jusqu’au année 1940. Vers le milieu des années 40, il était de plus en plus difficile de retrouver des cents à tête de l’Indien en circulation.

 

12月18日

Le 5 cents type bison des États-Unis

 

Source: Alain Provencher

 

Le 5 cents à tête d’indien, émis entre 1913 et 1938. Une belle pièce certes, mais c’est surtout à cause de sa petite histoire que je m’y suis attaché.

Ce «nickel» est connu chez nos voisins du sud autant sous le terme «buffalo type» que «Indian type». Cela prouve que ses deux côtés furent très appréciés par le grand public. On doit cette pièce à Monsieur James Earle Fraser, sculpteur de son métier. Artiste accompli, il maniait également très bien le pinceau et c’est ainsi qu’il en profita pour peindre de nombreux tableaux d'indiens alors qu'il séjourna durant une longue partie de sa vie dans les états du Dakota.

L’avers de la pièce nous montre une tête d’Indien à l’expression  digne et noble.Vous serez sans doute surpris d’apprendre que ce visage amérindien est en fait un type composite. En effet Monsieur Fraser s’inspira de trois guerriers autochtones pour réaliser son oeuvre. Il y avait assurément Irontail (Queue-de-Fer)  et Two Moons (Deux-Lunes). Le premier était un Sioux Oglala. Il combattit en 1876 au cours d’une bataille opposant les amérindiens aux troupes du Général Custer. Quant à Two Moons, il était un chef Cheyenne. Fait amusant, c’est à l’époque où ces deux individus participaient au spectacle de l’ouest monté par le célèbre Buffalo Bill, que Fraser fit leur portrait.

En ce qui concerne le 3e Indien, que nous ne savons pas grand-chose sur lui. Certains croient qu’il s’agissait de Two Guns White Calf (Veau Blanc à Deux Fusils) mais il est plus probable qu’il s’agissait de John Big Tree (John Gros-Arbre)

Attardons-nous à présent au revers de cette pièce qui, lui aussi, a ses petits secrets. On y voit un magnifique bison d'Amérique (buffalo). Indéniablement, l’artiste a voulu immortaliser la beauté sauvage et indomptée des grands espaces américains, malheureusement, il n’en est rien. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il y a supercherie, mais son modèle n’a jamais de sa vie brouté les pâturages des vastes prairies.

Ce bison plus grand que nature avait pour nom Black Diamond. Il est né en captivité au jardin zoologique de New York et sa mère, tout comme nos trois comparses de l’avers, était elle aussi accoutumée au «show business», ayant appartenue au cirque de Barnun & Bailey.

Black Diamond pesait près d’une tonne et était d’une docilité déconcertante en dépit de sa taille. Ce superbe animal sédentaire (disons qu’il n’avait pas le choix) servit plusieurs fois de modèle à de nombreux artistes. Il eu une vie bien «remplie» jusqu’à la fin. En effet, lorsqu’il mourut, à l’âge respectable de 22 ans, on empailla sa tête et sa peau fut transformée en tunique!

Côté technique, cette pièce qui fut en circulation durant 25 ans, a un diamètre de 21.2 mm, un poids de 5 grammes et est composée de cuivre à .750 et de nickel à .250. Pour ceux et celles qui l’ont déjà manipulée, vous conviendrez avec moi qu’elle est agréable au toucher à cause de son haut relief. On sent nettement (si en excellente condition) les différents détails de son effigie. À tel point que la «U.S. Mint» dû, dès sa première année de mise en circulation, apporter une modification.

En effet, il existe deux versions du «nickel» de 1913. La première montre le bison juché sur une butte de terre qui s'élève à partir de la tranche de la pièce. La valeur: Five Cents, posée sur la butte, en fait le point plus élevé. Il était peut-être difficile d’empiler ces monnaies, ou peut-être le FIVE CENTS s’effaçait-il trop rapidement, car au milieu de l’année on traça une ligne sous le bison, afin que les caractères n’empiètent pas sur la surface nivelée de la pièce.

Vous remarquerez qu’il y a parfois une lettre sous les mots FIVE CENTS. Celle-ci représente la ville où elle fut frappée. La lettre D pour Denver, la lettre S pour San-Francisco et aucune lettre lorsque frappée à Philadelphie.

Autre fait à signaler, l’année est gravée en relief sur l’épaule droite de l’Indien. Évidement, cette date a disparu de la majorité des «nickels» encore en circulation de nos jours. Par le fait même, les exemplaires dont les chiffres de la date sont demeurés nets et clairs sont très prisés par les collectionneurs.

Comme dans la majorité des pièces courantes, notre 5 cents bison possède quelques variétés, dont la plus inusitée, celle de 1937 arborant un buffle avec la patte antérieure droite en moins! En effet il y a un espace vide entre le genou et le sabot de l’animal. Cette variété, selon son état de conservation vaut entre $ 110,00 et $ 2600,00 (U.S.) selon l’édition 1995 du «GUIDE BOOK OF UNITED STATES COINS» rédigé par Monsieur R.S. Yeoman et son équipe.

 

10月6日

Les peuples du cheval (suite & fin)

 

 

Pendant la plus grande partie de l'année, les tribus  nomades formaient des bandes relativement réduites qui chassaient pour leur compte. Mais en été, juste après le rendez-vous pour la célébration de la plus sacrée des cérémonies des Plaines, la danse du Soleil, des groupes de chasse, comprenant plusieurs centaines d'hommes avec leurs familles, migraient pour le grand « rassemblement» annuel.

 

Ces chasses tribales constituaient un événement solennel, habituellement précédé de prières et de nombreux rites. En chemin et au cours de la chasse, la discipline était rigoureusement maintenue par les membres des diverses sociétés militaires qui faisaient la police. Ils s'assuraient que chaque chasseur se canton­nât dans ses attributions et ne chassât pas pour son compte personnel. La chasse en groupe constituait une des rares occasions où le guerrier subordonnait sa propre personnalité à l'autorité quasi absolue des responsables de l'ordre qui avaient même le droit de punir les récalcitrants en les fouettant ou en abattant leurs chevaux.

 

Lorsque les hommes partis en éclaireurs apercevaient des bisons, tout le groupe s'arrêtait à contre vent du troupeau. Les bisons, dont l'odorat très développé compense la mauvaise vue, reniflaient constamment pour flairer le danger. Les chasseurs commençaient par se déshabiller, restant en pagnes et mocassins, pour que rien n'entrave leurs mouvements. On débarrassait également les chevaux des selles et des couvertures. Talonner les bisons et les contraindre à rester groupés pour les encercler, afin de pouvoir mieux les abattre, était une entreprise risquée. Même après l'usage des armes à feu, on continuait à se servir des flèches et des lances. Le chargement des fusils par le canon, très lent, était gênant dans le feu de l'action. Ce n'est que lorsque les fusils chargés par la culasse furent disponibles, au milieu du XIXe siècle, que les Indiens renoncèrent définitivement à leurs armes ancestrales.

 

La fin d'une chasse fructueuse était un moment de liesse. Les chasseurs, suivis des chevaux de charge et des femmes qui avaient dépecé les animaux, étaient accueillis au campement par des cris d'enthousiasme. Les feux crépitaient et les râteliers étaient prêts. Certains mangeaient sans attendre les foies et les rognons crus, agrémentés de quelques gouttes de fiel prises au bout du couteau. La moelle était également un mets de choix ainsi que les tripes grillées. Mais rien  n'était aussi recherché que les langues et la chair des bosses. Les hommes comme les chiens, tout le monde mangeait à satiété. Épuisés par la surexcitation, les Indiens s'écroulaient et dormaient quelques heures, pour être réveillés, la nuit venue, par le martèlement d'un tambour appelant tout le monde à participer à une danse rituelle.

 

Un garçon ayant tué son premier bison devenait un homme. Le Sioux Standing Bear (« Ours Debout») s'en souvenait: « Tout le monde se préparait. En m'aidant, une de mes belles-mères me dit: "Fils, quand tu auras tué un bison, garde-moi les rognons et la peau. " Je ne savais pas si elle se moquait de moi ou voulait m'encourager. Mais cela me remplit de fierté. Mon père me dit : " Mon fils, observe bien le bison. Si celui que tu as choisi court tout droit  tu peux le serrer de près. Mais s'il te regarde du coin de l'œil, méfie-toi! Ils sont rapides et puissants. Ils peuvent encorner ton cheval par-dessous et le projeter en l'air, et tu peux être tué."»

 

Un vieil Indien a dit un jour que tout ce qu'il fallait à son peuple pour bien vivre, c'était tout simplement le bison, car le corps de ce merveilleux animal fournissait tout le nécessaire à la tribu à l'exception de l'eau pour se désaltérer et des perches pour le tipi.

 

 


 

Les Comanches et le cheval

 

Les Comanches étaient les cavaliers les plus prestigieux de tous les guerriers des Plainés. Ils faisaient si bien corps avec leur monture qu'un observateur les comparait au mythique Centaure: « Moitié homme, moitié cheval, mais un seul être Indomptable, rapide et fougueux)) George Catlin, qui peignit les Comanches, les décrit comme lourdauds et empruntés au sol mais il ajoute qu'ils étaient la grâce même dès qu'ils se trouvaient sur leur monture.

Un petit Comanche, fille ou garçon, possédait un poney dès l'âge de quatre ou cinq ans. Le garçon, en particulier, s'exerçait jour après jour à améliorer ses qualités équestres. Au galop sur sa monture il ramassait sur le sol des objets de plus en plus gros et lourds. Il finissait par être capable de se laisser glisser le long des flancs de sa bête pour ramasser un homme au sol: ainsi pourrait-il sauver un compagnon blessé IIU combat. Si le Comanche était un cavalier sans égal, il le devait beaucoup à son cheval, un animal agile, vif, rapide et résistant, qui réagissait instantanément à l'impulsion ou à la voix et savait souvent devancer les ordres de son maître.

 

Au combat les Indiens se laissaient glisser le long du flanc de leur cheval, une jambe accrochée à son dos et un bras passé dans une lanière fixée au cou de l'animal. Ils avaient ainsi les mains libres et derrière le rempart de leur monture pouvaient décocher leurs flèches par­dessus son dos ou par-dessous son encolure.

Le cheval transforma tout aussi radicalement la vie des femmes des Plaines. En fait, le nombre de chevaux qu'un soupirant donnait au père de la jeune fille qu'il voulait épouser disait la valeur de celle-ci. Dans les nombreuses tribus où les femmes possédaient leurs propres travois tirés par des chiens, il était naturel, qu'elles finissent par avoir leurs chevaux. Une femme Blackfoot était fière de ses nombreuses montures et impatiente d'en acquérir de nouvelles par le troc ou un héritage. Les jeunes Comanches, cavalières intrépides, égalaient les hommes lors des chasses à l'antilope.

 C'était aux hommes qu'il revenait de soigner les 'chevaux, de les nourrir, de les étriller. En revanche, lorsque la tribu se déplaçait, c'étaient les femmes qui emballaient le matériel et le chargeaient. En chemin, elles conduisaient les chevaux et veillaient à ce que les membres de leur famille restent groupés, tandis que les hommes sur leur monture entouraient le convoi pour le protéger ou bien se déployaient à la recherche du gibier ou d'éventuels ennemis.

 

 

 

 

 

 

Tous ces ornements,

Dont les plus courants sont représentés ci dessus,

Etaient des symboles de bravoure.

 

9月23日

Les peuples du cheval (1er partie)

 

 

 

L'Indien, le bison, le cheval - ces trois mots résument l'essentiel de la vie des Plaines aux XVIIIe et XIXe siècles. Tandis que se peuplait le pourtour de la prairie au XVII" siècle et au début du XVIIIe siècle, seul le cheval manquait dans l'équation. Sans la mobilité que leur conférerait cet animal les tribus jouissaient des bienfaits que leur offrait la culture des terres alluviales et des intermèdes que constituaient les chasses d'été et d'automne. Mais tout changea lorsque au XVIIIe siècle ces Indiens découvrirent le cheval. Dans la plupart des tribus - parmi lesquelles les Sioux, les Crows, les Cheyennes et les Arapahos - la vie au village parut soudain monotone et terne alors que l'on pouvait maintenant rivaliser avec le vent, surprendre les troupeaux de bisons, et lancer des raids téméraires contre les tribus voisines.

 

Même les tribus qui ne renoncèrent pas. complète­ment à la vie de villages cédèrent à l'attrait du cheval et de la liberté qu'il offrait. Pour les semi-sédentaires qu'étaient les Pawnees, les Mandans, les Hidatsas et les Arikaras la chasse au bison prit une importance nouvelle. Alors qu'autrefois ils ne quittaient le village que pour quelques semaines, maintenant les hommes chevauchaient dans la prairie pendant des mois, ne revenant chez eux que pour la période des semailles et des récoltes, et en hiver.

 

On imagine difficilement les habitants des Plaines sans leurs montures tant ils surent vite en utiliser toutes les possibilités. Les Indiens des Plaines saluèrent la venue du cheval avec une sorte' de vénération et, puisqu'il remplaçait le chien comme bête de somme, ils l'appelèrent Chien Esprit, Chien Sacré, ou Chien Médecine. En 1541, Coronado avait le premier amené des chevaux dans la prairie mais ce n'est que deux siècles plus tard que ces animaux devinrent partie intégrante du paysage des Plaines.

 

Les Indiens du Sud-Ouest qui étaient en rapports constants avec les Espagnols depuis la fin du XVIe siècle furent les premiers à posséder des chevaux. Au début ils s'étaient contentés de soigner les chevaux des Euro­péens mais inévitablement le moment vint où ils possédèrent leurs propres montures. Vers le début du XVII" siècle, les hommes des Plaines s'étaient procuré leurs premiers chevaux pu cours de leurs incursions vers le sud, par troc ou par vol. Vers les années 1770, chaque tribu des Plaines était à la tête d'un nombre important de chevaux.

                                     

Les Indiens devinrent non seulement des cavaliers émérites mais aussi des éleveurs sans pareil. Pour améliorer les qualités de leurs chevaux, ils les castraient, n'utilisant pour les saillies que leurs meilleurs étalons. Vers 1800, les demi-sang andalous et arabes introduits par les Espagnols en Amérique du Nord s'étaient métamorphosés en ces chevaux indiens typiques, dont la robe à poils rudes et la petite stature n'annonçaient en rien leur rapidité et leur vivacité. L'homme blanc arrivant dans les Plaines ne pouvait imaginer que ces chevaux pies, ou louvets, et ces poneys tachetés puissent rivaliser avec ses lourds chevaux gavés de grains; et pourtant au combat comme à la chasse les chevaux des Indiens surpassaient de loin ceux des Européens.

 

Un guerrier gardait toujours son cheval à l'attache près de son tipi. Lui seul avait le droit de le monter. Non seulement il se peignait le corps, avant de partir au' combat, mais il couvrait aussi son cheval de dessins variés et multicolores dont beaucoup symbolisaient les actions d'éclat de son maître.

 

De plus, l'Indien parait son cheval de plumes d'aigle mêlées à sa crinière ou à sa queue, de scalps accrochés aux brides, puis lorsqu'il fit du troc avec les Blancs, de rubans rouges. Tous ces soins accordés à un cheval étaient justifiés: souvent c'était à la rapidité de ses réflexes, à sa vivacité, et à son endurance que son maître devait la vie.

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Avant une bataille, un guerrier sioux appelé Siyaka met pied à terre et se place devant son cheval « Nous sommes en danger. Obéis-moi vite et nous serons vainqueurs. Si tu cours, cours pour sauver ta vie et la mienne. Fais tout ton possible et si nous retournons chez nous, je t'offrirai la plus belle plume d'aigle que je pourrai trouver et la plus belle étoffe. Tu seras peint de la façon la plus superbe qu'on puisse imaginer. «  Ainsi honorait-on  un bon cheval de guerre.

 

Au combat les Indiens se laissaient glisser le long du flanc de leur cheval, une jambe accrochée à son dos et un bras passé dans une lanière fixée au cou de l'animal. Ils avaient ainsi les mains libres et derrière le rempart de leur monture pouvaient décocher leurs flèches par­dessus son dos ou par-dessous son encolure.

 

Le cheval transforma tout aussi radicalement la vie des femmes des Plaines. En fait, le nombre de chevaux qu'un soupirant donnait au père de la jeune fille qu'il voulait épouser disait la valeur de celle-ci. Dans les nombreuses tribus où les femmes possédaient leurs propres travois tirés par des chiens, il était naturel, qu'elles finissent par avoir leurs chevaux. Une femme blaçkfoot était fière de ses nombreuses montures et impatiente d'en acquérir de nouvelles par le troc ou un héritage. Les jeunes Comanches, cavalières intrépides, égalaient les hommes lors des chasses à l'antilope.

 

 C'était aux hommes qu'il revenait de soigner les chevaux, de les nourrir, de les étriller. En revanche, lorsque la tribu se déplaçait, c'étaient les femmes qui emballaient le matériel et le chargeaient. En chemin, elles conduisaient les chevaux et veillaient à ce que les membres de leur famille restent groupés, tandis que les hommes sur leur monture entouraient le convoi pour le protéger ou bien se déployaient à la recherche du gibier ou d'éventuels ennemis. On bougeait souvent car les bandes abandonnaient leurs territoires dès qu'elles en avaient épuisé les ressources. Cela revenait à lever le camp plusieurs fois par mois.

 

 

9月5日

Quant l’art est un remède. Les peintures de sable Navajos

 

 Contrairement aux chamans de la plupart des tribus indiennes qui traitaient les symptômes des maladies à l'aide de préparations à base de plantes, les Navajos préféraient se consacrer à ce qui était, selon eux, la cause la maladie: les sorts jetés par les sorcières, les esprits, le Peuple Saint ou encore le contact avec des non-Navajos. Les chamans organisaient des cérémonies très complexes pour exorciser la cause de la maladie. L'une des plus courantes était la confection de peintures de sable, dessins composés à l'aide de minéraux ou de végétaux finement broyés répandus sur un lit de sable.

 

Quinze hommes pouvaient travailler pendant toute une journée sur une seule peinture: il existait des centaines de peintures différentes qui permettaient de guérir selon la nature et l'origine du maléfice.

 

Si, par exemple, un Navajo attribuait ses maux au contact avec une personne étrangère à la tribu, on confectionnait la peinture dite de la voie ennemie.

 

Quand quelqu'un tombe malade, comme un bébé, un chaman spécial appelé le Chanteur se rend dans le hoqan familial en compagnie de ses aides. Ils arrivent avec des couvertures pleines de sable pur, qu'ils étalent soigneusement sur le sol pour donner un fond uniforme aux peintures. Après avoir lissé le sable, le chaman et ses assistants commencent à dessiner les motifs à l'aide de poudres blanches, rouges, jaunes, noires et bleues, faites de grès, de charbon de bois, de gypse ou d'ocre broyé. Le chaman et ses aides prennent un peu de poudre de la couleur désirée dans leurs mains et la font couler entre le pouce et l'index, répétant l'opération jusqu'à l'achè­vement du dessin.

 

 

 La peinture représente un per­sonnage connu sous le nom de Tueur des Dieux Ennemis, cette divinité guerrière bien­veillante a pour arme l'éclair, qu'elle tient à la main et sur lequel elle est montée.

 

 Quand le chaman et ses assistants ont terminé le dessin, la mère et l'enfant malade viennent se placer dessus pour que pénètre en eux le pouvoir curatif propre à l'œuvre.

 

Le chaman secoue un grelot, prie et chante, pour finir, dans un geste rituel, il appose ses mains sur la mère et l'enfant afin de guérir ce dernier.

 

Lorsque la cérémonie est terminée, la peinture doit être immédiatement détruite, cependant, chaque personne présente dans le hogan peut ramasser un peu de poudre colorée désormais dotée de pouvoirs curatifs. Celui qui souffre d'une migraine pourra en placer sur sa tête: on peut aussi en conserver dans de petits sacs afin de l'utiliser au cours d'autres cérémonies curatives. Ce qui reste du dessin est alors rassemblé dans des couvertures et secoué au-dehors, au nord du hogan.

 

8月28日

Le tipi: la maison transportable des chasseurs des Plaines

 

 
 

Bien avant l'arrivée dans la Prairie des Sioux, des Cheyennes et des autres tribus, le tipi avait été mis au point par les Indiens des forêts du nord. Avec des perches, ils formaient une charpente conique qu'ils recouvraient d'écorce de bouleaux, de peaux de caribou et d'autres matériaux. 

Les Indiens des Plaines adaptèrent ce modèle à leur environnement et à leur mode de vie: ils modifièrent le bâti afin qu'il résiste aux vents violents balayant ces régions et le recouvrirent couram­ment d'une enveloppe faite de peaux de bison cousues.

 

Les gens des Plaines, chasseurs, se déplaçaient constamment; il leur fallait donc un abri aisément transportable. S'agissant du tipi, ils fixaient à l'enco­lure d'un cheval deux perches d'arma­ture dont les extrémités traînaient sur le sol, formant ainsi un travois triangu­laire sur lequel ils amarraient l'envel­oppe du tipi ainsi que tous les biens de la famille.

 

Parvenus au nouveau campement,  ils liaient quelques perches non loin de  leur extrémité et ce faisceau dressé formait une structure conique. Pour la renforcer, on y appuyait d'autres perches et l'on recouvrait le tout de l'enveloppe constituée de huit à vingt peaux.

 

 

 Cette enveloppe, fermée par des chevilles de bois, comportait à son sommet une ouverture destinée à laisser passer la fumée. Le bas de cette jonction servait de portière que l'on fermait au moyen d'un rabat.

 

En été, on relevait les pans de l'entrée et on roulait le bas de l'enve­loppe pour ménager un courant d'air. A la saison froide, l'enveloppe était doublée à l'intérieur d'une seconde peau assurant l'isolation de l'abri. On cuisait les aliments sur un foyer central qui servait également de source de chaleur.

 

Dans les Plaines, les vents dominants venaient de l'ouest, et ils étaient souvent très violents. C'est pourquoi le tipi était toujours dressé l'entrée tour­née vers l'est, légèrement incliné pour offrir vers l'arrière le moins de prise possible aux vents.

 

Comme le montre l'illustration ci­-dessous, un tipi pouvait contenir une foule de choses: des lits en peau, un tapis pour le "bébé, un repose-dos en saule, un berceau sur cadre, un réci­pient à cuisson suspendu, des réserves de combustible, un parflèche conte­nant des vivres, un sac-médecine et de nombreux autres ustensiles ménagers.

 

Contre la doublure en peau du tipi, on accrochait les objets sacrés, les armes, boucliers et autres choses de valeur. Sur cette peau, des dessins de couleurs vives étaient peints, retraçant .les événements saillants de la vie des hôtes du tipi.

 

Les Indiens étaient très attachés à leur tipi. Abri sûr, facile à transporter, confortable, il était considéré par ces chasseurs nomades comme une «bonne mère» qui protégeait et abri­tait ses enfants.

 

 

 

1月3日

Les pow-wows

 

 

Le mot pow-wow désigne historiquement tout rassemblement d'Indiens d'Amérique. Il s'agissait traditionnellement d'un événement religieux (chamanisme) ou de la célébration d'exploits guerriers. Aujourd'hui, il existe un véritable « circuit » des pow-wows  qui sont devenus des manifestations festives et une occasion pour les Amérindiens de faire vivre leur héritage culturel. Le pow wow représente une fête de la rencontre et est vu par les Amérindiens comme un moment privilégie pour chacun de se rapprocher du noyau et d’échanger en famille.

Étymologie

L'étymologie du mot pow-wow n'est pas claire mais il s'agit très certainement d'un emprunt à une langue amérindienne, probablement une langue algonquienne. Les Européens auraient déformé ce mot en l'utilisant pour désigner tout rassemblement amérindien.

Histoire des pow-wows

Les pow-wows seraient issu de rassemblements tenus par la tribu des Omaha depuis plusieurs siècles. Les guerriers se réunissaient pour danser et célébrer leurs exploits et leur bonne fortune. À partir des tribus des grandes plaines, ces manifestations se seraient répandues aux autres groupes d'Amérindiens. Les premiers pow-wows modernes sont apparus il y a environ un siècle dans les réserves amérindiennes du Nord-Ouest des États-Unis. À l'époque, la danse était l'une des seules coutumes amérindiennes qui n'était pas strictement interdite.

Festivals culturels

Alors qu'il s'agissait à l'origine d'une manifestation guerrière ou spirituelle, les pow-wows ont pris une tournure festive et culturelle. Les pow-wows modernes sont généralement intertribaux, c'est-à-dire que tout le monde peut participer. Ils sont aussi l'occasion d'organiser des concours de danse ou des foires pour l'artisanat traditionnel. Il semblerait que les pow-wows soient devenus l'un des principaux moyens de l'expression de l'identité amérindienne et de la sauvegarde de leurs cultures. Organisés tout d'abord dans les réserves, les pow-wows se sont multipliés et on en trouve par exemple dans les universités.

A Window Rock (Arizona), le pow wow de la fête de la nation navajo réunit chaque année des Indiens venus de tout le pays. Un jeune Cree, en costume traditionnel de parade, tient le drapeau des Etats-Unis comme pour revendiquer également son appartenance à l'Union.

Déroulement d'un pow-wow

L'organisation et le déroulement d'un pow-wow obéissent à des règles strictes. Il est préparé par un comité, auquel un espace particulier est réservé le jour de la fête. Le pow-wow commence par une procession emmenée par des vétérans, portant des drapeaux. Un maître de cérémonie donne le signal du départ aux différents groupes de percussions qui participent au pow-wow. Plusieurs styles de danses se succèdent, les invités étant invités à participer à l'occasion de danses spécifiques, dites intertribales. L'aire de danse et les costumes (Regalia) portées par les danseurs ont une importance particulière et il faut se garder de les toucher sans la permission des participants.

 

 

11月10日

Quelques Dates Importantes

Naissance de la ligue des Iroquois


Autour de 1570, un dénommé Deganawidah forme une confédération de cinq nations indiennes, en Amérique du Nord. Cette "Ligue des cinq nations" rassemble les Mohawks, les Onondagas, les Oneidas, les Senecas et les Cayugas. Particulièrement puissants, les Iroquois mèneront plusieurs guerres contre d’autres peuples et se feront les ennemis des Français, lorsque ceux-ci débarqueront sur le territoire canadien, au début des années 1600. Aux alentours des années 1720, la confédération comptera un nouveau membre, le peuple des Tuscaros, provenant de la future Caroline du Nord. Au cours du XVIIIe siècle, les Iroquois soutiendront les Anglais contre les Français et feront de même lors de la guerre d’Indépendance.



 


05 avril 1614

Le mariage de Pocahontas


Pocahontas, fille du chef indien Powhatan, se marie avec John Rolfe, fils d'un colon anglais planteur de tabac. Cette union assurera plusieurs années de paix entre la colonie de Jamestown (Virginie) et les Amérindiens.

 


22 mars 1622

Soulèvement indien en virginie

 


Emmenés par le chef Opechancanough, oncle de Pocahontas, les Indiens de Virginie massacre 347 colons européens établit à Jamestown. Après quelques années de trêve Opechancanough sera fait prisonnier et exécuté en 1644

 


13 juillet 1787

Le territoire indien protégé


Après que les 13 colonies des Etats-Unis déclarent leur indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne, une ordonnance est adoptée afin de sauvegarder les territoires indiens du Nord-Ouest, dans la région des Appalaches. Il est alors impossible de s’emparer d’une terre appartenant aux Indiens sans obtenir leur accord. De même, l’ordonnance mentionne que leur liberté ne peut être bafouée. Toutefois, ces termes ne sont plus valables si le congrès déclare ou autorise une guerre. Quoiqu’il en soit, même si aucun conflit ne sera cautionné par le congrès, l’ordonnance ne sera pas longtemps respectée.

 

 

 

18 septembre 1862

Les Sioux déposent les armes


Les Sioux Santees sont défaits à Wood Lake par le général Sibley. Depuis l’été, les Sioux Santees du Minnesota se sont lancés dans une guerre sans merci contre les Américains. Sous le commandement du chef Little Crow, ils ont perpétré de nombreux massacres de soldats mais aussi de civils. Au total, plusieurs centaines d’entre eux, femmes et enfants compris, ont péri sous les armes sioux.

 

 

 

29 novembre 1864

Massacre de Sand Creek


Un régiment du Colorado de 700 hommes attaque par surprise le campement Cheyenne dirigé par Black Kettle. Sous le commandement du colonel Chivington, partisan de l’extermination des indiens, 500 hommes, femmes et enfants sont massacrés en deux jours et d’autres mutilés. En fait, des troubles mineurs avaient opposés indiens et colons lors de l’arrivée massive de ces derniers dans le secteur. Toutefois un accord de guerre avait été rapidement établi entre Black Kettle et Wyncoop. L’attribution du territoire de Sand Creek était le fruit de cet accord. Cet événement aura de lourdes répercussions sur les rapports entre blancs et Indiens.

 

 


15 juin 1877

Les Nez-Percés s’enfuient au Canada


Malgré les pressions incessantes de l’armée américaine, un groupe indien de Nez-Percés refuse d’être conduit de force dans une réserve d’Idaho. Ne pouvant plus rester sur leur territoire de Wallowa, dans l’Oregon, ceux-ci décident de fuir vers le Canada, où ils seront en sécurité. Sous la conduite du chef Joseph, ils entament une longue marche de plus de 1500 km. Mais l’armée ne l’entend pas ainsi et se lance aussitôt à leur poursuite. Les Nez-Percés seront contraints de se livrer à plusieurs batailles, dont ils sortiront souvent vainqueurs. A quelques dizaines de kilomètres de la frontière, en octobre, le chef Joseph sera finalement contraint d’abandonner les armes et envoyé, avec sa tribus, dans une réserve peu accueillante où beaucoup d’entre eux périront.

 

 

  


04 septembre 1886

Reddition du chef apache Geronimo


Poursuivi par plus de 5 000 hommes, Geronimo, chef de la tribu apache des Chiricahuas, dépose les armes pour la dernière fois. L'ensemble de la tribu est déporté vers la Floride. Geronimo fut l'un des symboles les plus forts de la résistance aux pionniers américains. En 1858, les Mexicains avaient attaqué le camp de Geronimo et massacré femmes et enfants. Pour venger l'assassinat des siens, le chef indien avait organisé pendant de longues années de multiples raids côté mexicain comme américain. Déporté dans une réserve une première fois, il avait repris ses attaques en 1885. Geronimo est mort le 17 février 1909, à l'âge de 80 ans.

 


22 avril 1889

Près de 50 000 personnes investissent l’Oklahoma


Après des négociations avec les Creeks et les Séminoles, un accord est établi sur la possibilité de s’installer dans l’Oklahoma, terre indienne. Près de 50 000 colons affluent dès le premier jour dans ce territoire que le gouvernement ouvrira progressivement et qu’il nommera l’Oklahoma en 1890.

 

 


15 décembre 1890

La mort de Sitting Bull


Au cours de son arrestation par les autorités américaines et de la rixe qui s'ensuit, Sitting Bull et son fils Crow Foot sont abattus. Le chef des Sioux, surnommé "Taureau assis", est le symbole de la résistance aux Blancs qui convoitaient l'or de leurs terres. Il mena notamment la bataille de Little Bighorn (25 juin 1876), où le général Custer et le 7ème régiment de cavalerie furent massacrés.

 

 

 


29 décembre 1890

Massacre de Wounded Knee


Dans le Dakota du Sud, près de 400 indiens sioux, principalement des femmes et des enfants, sont exterminés par les troupes nord-américaines. Le massacre de Wounded Knee met un terme aux guerres indiennes qui sévissent en Amérique du Nord depuis le début de la colonisation blanche au XVIIème siècle. Les Blancs déclarent dès lors la conquête des territoires de l'Ouest terminée.

 

 


17 février 1909

Mort du chef Geronimo


Le chef indien de la tribu apache Chiricahuas s'éteint à Fort Sill en Oklahoma à l'âge de 80 ans. Victime d'une pneumonie, il meurt dans la réserve où les Chiricahuas ont été installés par les Américains. Symbole de la résistance à l'occupation des hommes blancs sur les terres ancestrales des Indiens, Geronimo avait dicté ses mémoires au journaliste S.M. Barrett en 1905, dans "Géronimo, sa propre histoire".

 


15 juin 1924

Les Indiens obtiennent la citoyenneté américaine


La totalité des Indiens d’Amérique, qui ne sont plus que 250 000 au début du siècle, obtient la citoyenneté américaine, à condition que ceux-ci soient nés sur le territoire. C’est le début d’une certaine reconnaissance.

 

 

 


1968

Fondation du mouvement des Indiens d’Amérique


Né d’une prise de conscience identitaire de plus en plus précise, l’American Indian Movement (AIM) est créé à Minneapolis par Dennis Banks notamment. Il a pour vocation de protéger le droit des Indiens d’Amérique et d’améliorer leur situation. Il se fait surtout connaître lorsque ses initiateurs décident d’occuper l’île d’Alcatraz. À la veille de 1974, les membres du mouvement occuperont également Wounded knee, dans le Dakota du Sud. Cette action est lourde de symbole étant donné que la dernière bataille des Indiens contre les colons américains se déroula à Wounded knee, en 1890.

 

10月14日

Les Plumes

 

Les plumes d'aigle chez les Sioux Lakota,  elles ont une signification sacrée, représentant l'essence sacrée. (Elles sont un symbole de paix)

  

Elles servent aussi lors des rituels de purification et de guérison  pour disperser les énergies néfastes et attirer les énergies bénéfiques dans le corps de la personne malade.

 

Les plumes d'aigle mènent nos pensées et prières vers le Grand Esprit.

 

Avec le don d'une plume, nous recevons une partie de son essence.

Ainsi quand une personne reçoit une plume d'aigle, c'est le cadeau le plus grande distinction honorifique

 

L’aigle : pour les Indiens, l’aigle est un animal extrêmement proche du créateur. Il est donc particulièrement associé aux visions et aux esprits. Il est également symbole de bravoure et de sagesse. 

 

Parmi les oiseaux l'aigle a été attribué en tant qu'ayant la plus grande puissance, parce que l'aigle peut voler plus haut que tous autres oiseaux ,au moment où il quitte son aire , il utilise les courants ascensionnels qui lui permette de monter très haut , en larges cercles, jusqu'à une certaine altitude , parce qu'il peut voir tout,ces Oiseaux sont capables de distinguer des formes en mouvement à une distance incroyable,grâce à une adaptation particulière de leurs yeux assurent un angle de vision compris entre 35° et 50° 

 En outre les hommes ont été censés pleurer pour montrer le respect pour l'esprit de l'aigle en tirant les plumes. Aujourd'hui même, toutes les fois qu'un aigle est vu, du tabac doit lui être offert. 

 Pendant les powwows, si un danseur laisse tomber une plume d'aigle le festival entier doit s'arrêter et une cérémonie spéciale est conduite par des aînés de sorte que la plume d'aigle soit honorée et prise d'une façon sacrée et respectueuse. Un danseur qui laisse tomber une plume d'aigle est souvent éperdu et doit être soulagé par un aîné qui, explique en même temps au danseur la signification de l'aigle. 

 

Voir un aigle est un signe positif, c'est une bénédiction et une reconnaissance, et c'est un genre très positif de symbolisme parce que quand ils apparaissent un certain genre d'aspect positif de création est là avec vous et disant, les choses vont être bonnes maintenant.

 

La plume d’aigle : Chez les Indiens, la plume d’aigle n’est pas un ornement gratuit. Chaque plume d’aigle portée par un guerrier symbolise un acte de bravoure. Les rares indiens autorisés à porter une coiffe ornée de dizaines de plumes étaient investis d’une immense autorité. La plume d’aigle est un symbole de sagesse et de pouvoir. 

 

 

Pourquoi les indiens portent-ils des plumes sur la tête ?

Seuls les grands chefs portent des panaches. Le panache est un peu l'équivalent de l'étoile sur le képi, des gallons sur les épaulettes des soldats de l'armée.

Le port du grand panache est une tradition exclusive aux Amérindiens de la plaine comme les Sioux et les Cheyenne. 

Cette tradition s'est récemment transmise dans d'autres populations amérindiennes comme les Montagnais et les Cris, mais cet emprunt récent n'a rien à voir avec leur culture originale. 

Les plumes les plus spectaculaires sont celles du grand panache. Pour les Amérindiens, les plumes sont un langage. Le nombre de plumes sur le panache, leur position et leur couleur ont toutes un sens. La sorte de plumes utilisées a aussi une signification.

Pour les panaches, on utilise surtout les plumes de la queue d'oiseaux de proie comme l'aigle et le faucon. Selon les Amérindiens, ces oiseaux sont des symboles de puissance et porter leurs plumes est un moyen de s'approprier cette puissance. Les aigles et les faucons sont également considérés par les Amérindiens comme un lien entre la terre et le ciel. 

 

Les Amérindiens ne cherchent pas à contrôler, à dominer la nature. Ils cherchent à faire partie de la nature et accordent beaucoup d'importance aux animaux et à la végétation. Ils ne se croient pas supérieurs à ces deux formes de vie. Quand les Amérindiens s'associent à un animal, ils manifestent le désir de posséder la qualité de cet animal. 

 

  

 

La plume était un objet sacré, placée sur la coiffe des guerriers pour montrer leurs exploits.
Les coups comptés consistaient à toucher l'ennemi sans être soi-même touché ; ces exploits donnaient droit à des plumes
.
Celles-ci étaient peintes, taillées ou encochées suivant l'exploit réalisé.
Si l'ennemi tuait un guerrier, la plume avait simplement une tache rouge, alors que pour une blessure, la plume était entièrement rouge.
Le guerrier qui avait réussi quatre coups comptés recevait une plume dentelée...

Ainsi les guerriers savaient-ils lire le "langage des plumes" !
 

 

 

 

Signification des plumes

               

                        

1: A été blessé au combat
2 : A porté cinq « coups » à ses adversaires.

3 : A blessé ou tué son adversaire.

4 : A tué un ennemi.

5 : A tué un ennemi et pris son scalp.

6 : A porté quatre « coups » à ses adversaires.

7 : A tranché la gorge d’un ennemi.

8 : A été blessé plusieurs fois.

 

  

6月13日

La parole des Chefs

 
Peinture de Frithjof Schuon

La puissance du verbe fascine les indiens
Leur langue est portée
par la force d’une nature omniprésente,
les mots sont ciselés par le vent,
les phrases s’imprègnent de l’odeur de la forêt.
De leur rencontre avec le blanc,
les chefs ont laissé des discours inoubliable
ou se lit la grandeur de tout un peuple
et l’inquiétude d’un avenir incertain.

 

Khe-tha-a-hi, Eagle Wing, rend hommage au souvenir que l'Indien a laissé derrière lui.

Mes frères les Indiens laisseront à jamais leur souvenir dans ce pays. Nous avons donné beaucoup de noms de notre langue à beaucoup de belles choses qui parleront toujours de nous. Le Minnehaha rira de nous, le Seneca brillera à notre image, le Mississippi murmurera nos peines. Le large Iowa, le rapide Dakota, le fertile Michigan chuchoteront nos noms au soleil qui les caresse. Le grondement du Niagara, le soupir de l'Illinois et le chant du Delaware feront résonner sans cesse notre Dta-wa-e [chant de la mort]. Se peut-il que vous entendiez ce chant éternel sans être émus? Nous n'avons commis qu'un seul péché: nous étions en possession de ce que l'homme blanc convoitait. Nous sommes partis vers le soleil couchant, abandonnant nos demeures à l'homme blanc.
Mes frères, les légendes de mon peuple racontent comment un chef, conduisant les survivants de son peuple, traversa une grande rivière et piqua en terre le mât de son tipi en s'exclamant: «A-la-ba-ma !» Ce qui dans notre langue signifie: «Ici nous pouvons prendre du repos!» Mais il n'avait pas vu l'avenir. L'homme blanc est venu: lui et son peuple ne pouvaient rester là, ils furent chassés, poussés dans la boue d'un sombre marécage et massacrés. Le mot qu'il avait prononcé si tristement a donné le nom à un des Etats de l'homme blanc. Il n'est pas un coin sous ces étoiles pour nous sourire, où l'Indien puisse s'implanter et soupirer «A-la-ba-ma». Il se peut que Wakanda nous accorde une telle place. Mais il semble que ce ne sera qu'à son côté.

 

Proverbe winnebago

Notre Sainte Mère la Terre, les arbres et toute la nature sont les témoins de vos pensées et de vos actions.

 

Chef indien au gouverneur de Pennsylvanie en 1976:

Nous aimons la tranquillité, nous laissons la souris jouer en paix, quand les bois frémissent sous le vent, nous n'avons pas peur.

 

Le chef Standing Bear fut l'un des premiers à s'inscrire à l'école indienne de Carlisle (Pennsylvanie), ouverte en 1879. Il fut instituteur, interprète et conférencier. Ses récits parlent des Lakotas, nom tribal des Tétons.

Le lakota était rempli de compassion et d’amour pour la nature. Il aimait la terre et toutes les choses de la terre, et son  attachement grandissait avec l’age. Les vieillards étaient littéralement épris du sol et ne s’asseyaient ni ne se reposaient à même la terre sans le sentiment de s’approcher des forces maternelles. La terre était douce sous la peau et ils aimaient à ôter leurs mocassins et à marcher pieds nus sur la terre sacrée. Leurs tipis s’élevaient sur cette terre dont leurs autels étaient faits.
L’oiseau qui volait dans les airs venait s’y reposer et la terre portait, sans défaillance, tout ce qui vivait et poussait. Le sol apaisait, fortifiait, lavait et guérissait.

C’est pourquoi les vieux Indiens se tenaient à même le sol plutôt que de rester séparés des forces de la vie. S’asseoir ou s’allonger ainsi leur permettait de penser plus profondément, de sentir plus vivement, ils contemplaient alors avec une plus grande clarté les mystères de la vie et ils se sentaient plus proches de toutes les forces vivantes qui les entouraient.

Ces relations qu’ils entretenaient avec tous les êtres sur la terre, dans le ciel ou au fond des rivières, étaient un des traits de leur existence. Ils avaient un sentiment de fraternité envers le monde des oiseaux et des animaux qui  leur gardaient leur confiance. La familiarité était si étroite entre certains  Lakotas et leurs amis à plume ou à  fourrure que, tels des frères, ils parlaient le même langage.

 

Mato-Kuwapi, Chased-by-Bears, un Santee yanktonai, évoque la danse du soleil et l'idée de Wakan Tanka chez les Indiens. Au cours de cette danse, il entaillait le corps ou les membres des participants et y enfonçait des chevilles de bois auxquelles étaient fixées des longes reliées au poteau central de la danse du soleil.

La danse du soleil est si sacrée pour nous que nous n'en parlons guère... La lacération des corps pour acquitter les vœux de la danse du soleil est différente de la lacération de la chair chez les gens dans le deuil. Le corps d'un homme est son bien et quand il donne son corps ou sa chair, il s'agit du don de la seule chose qui lui appartienne vraiment... Ainsi, si un homme promet un cheval à Wakan Tanka, il ne lui donne que ce qui appartient déjà. Je puis donner du tabac ou d'autres objets au cours d'une danse du soleil, mais si je garde le meilleur, qui pourra croire que je suis sincère? Pour montrer que mon être tout entier accompagne ces menus présents, je dois donner quelque chose qui m'est précieux. Pour cela je promets de donner mon corps.

L'enfant croit que seule l'action d'une personne malveillante peut être cause de douleur, mais dans la danse du soleil nous reconnaissons d'abord la bonté de Wakan Tanka et nous supportons la douleur à cause de ce qu'il a fait pour nous. Jusqu'à ce jour je ne me suis jamais joint à aucune Église chrétienne. Ma vieille croyance, celle que j’ai toujours gardée, est encore avec moi.

Quand un homme accomplit un travail que tous admirent, nous disons que c'est merveilleux. Mais quand nous voyons l'alternance du jour et de la nuit, le soleil, la lune, et les étoiles dans le ciel, et la suite des saisons sur la terre, avec les fruits qui mûrissent, nous devons tous y reconnaître l'œuvre d'un plus puissant que l'homme. Le plus grand de tous est le soleil sans lequel nous ne pourrions vivre.

Nous nous adressons à Wakan Tanka et sommes sûrs qu'il nous entend, et pourtant il est difficile

d'expliquer l'étendue de notre croyance. L'Indien croit en général qu'après la mort d'un homme, son esprit va quelque part sur la terre ou dans le ciel, nous ne savons exactement où, mais nous sommes sûrs que son esprit continue à vivre. Il y a eu des gens pour convenir ensemble qu'au cas où il serait possible à des esprits de parler à des hommes, ils se feraient reconnaître de leurs amis après leur mort, mais ils ne sont toujours pas venus nous parler, sauf, peut-être, dans nos rêves. Ainsi en est-il de Wakan Tanka. Nous croyons qu'il est partout, mais il est pour nous comme les esprits de nos amis dont nous ne pouvons entendre la voix.

 

                                                                          
­Crazy Horse, chef sioux oglala, était un mystique. Au printemps qui suivit l'anéan­tissement des troupes de Custer, il fut contraint par le général Miles de se rendre à Bighorn Mountains. Mis aux arrêts en 1877, il trouva la mort en tentant une évasion.

Hommes blancs! On ne vous a pas demandé de venir ici. Le Grand Esprit nous a donné ce pays pour y vivre. Vous aviez le vôtre. Nous ne vous gênions nullement. Le Grand Esprit nous a donné une vaste terre pour y vivre, et des bisons, des daims, des antilopes et autres gibiers. Mais vous êtes venus et vous m'avez volé ma terre, vous tuez mon gibier, il devient alors dur pour nous de vivre. Maintenant, vous nous dites que pour vivre il nous faut travailler, or le Grand Esprit ne nous a pas faits pour travailler, mais pour vivre de la chasse.

Vous autres, hommes blancs, vous pouvez travailler si vous le voulez. Nous ne vous gênons nullement, mais à nouveau vous nous dites: pourquoi ne devenez-vous pas civilisés? Nous ne voulons pas de votre civilisation! Nous voulons vivre comme le faisaient nos pères, et leurs pères avant eux.

 

Pachgantschilhilas, né dans la première moitié du dix-huitième siècle, devint le chef de guerre de tous les Delawares résidant entre les rivières Miami et White dans le nord-est des États-Unis.

J'admets qu'il y a de bons hommes blancs, mais leur nombre est sans comparaison avec celui des mauvais qui doivent être les plus forts puisqu'ils dominent. Ils font ce qui leur plaît. Ils asservissent ceux qui ne sont pas de leur couleur, bien qu'ils aient été créés par le même Grand Esprit que nous. Ils feraient de nous des esclaves s'ils le pouvaient. Comme ils n'y parviennent pas, ils nous tuent! Aucune foi ne peut être accordée à leur parole. Ils ne sont pas comme les Indiens qui, ennemis pendant la guerre seulement, sont amis en temps de paix. Ils diront à l'Indien: « Mon ami, mon frère! ». Ils lui prendront la main et, au même instant, le détruiront.

 

Tecumseh, Shooting Star, chef de guerre shawnee, organisa la seconde grande fédération indienne et fut fait brigadier général de l'armée anglaise durant la guerre de 1812. Aux termes d'un traité passé à Fort Wayne en 1809, les Indiens cédèrent de vastes terres au gouvernement américain, à son insu. En 1810, il rencontra le gouverneur du territoire de l'Indiana, qui avait représenté les Etats-Unis lors du traité de 1809. Tecumseh nia la validité de l'acquisition de la terre.

La manière, la seule manière d'enrayer et d'arrêter cette calamité, c'est que tous les hommes rouges s'unissent pour revendiquer un droit commun et égal sur cette terre, comme par le passé, et ainsi qu'il devrait en être aujourd'hui, parce que jamais elle ne fut divisée dans le passé et qu'elle appartient à tous pour l'usage de chacun. Personne n'a le droit d'en vendre la moindre parcelle, pas même à tel ou tel d'entre nous et encore moins à ces étrangers, qui veulent tout et ne transigeront jamais.

Les Blancs n'ont aucun droit sur la terre des Indiens, ils l'habitaient les premiers, c'est leur terre... Il ne peut y avoir deux occupants pour un même territoire. Le premier exclut tous les autres. Il n'en est pas de même lorsqu'on chasse ou qu'on voyage, puisqu'un même sol peut servir à beaucoup... Mais le campement est fixe... il appartient de droit au premier qui s'assied sur la couverture ou sur la peau qu'il a déployée sur le sol et cela, jusqu'à ce qu'il le quitte.

 


Sitting Bull
s'est rendu à Fort Buford, au Canada, en 1811, « sous promesse d'amnistie », et fut plus tard envoyé à l'agence de Standing Rock où vivait la presque totalité de son peuple.

Quel traité le Blanc a-t-il respecté que l'homme rouge ait rompu? Aucun. Quel traité l'homme blanc a-t-il jamais passé avec nous et respecté après ? Aucun. Quand j'étais enfant, les Sioux étaient maîtres du monde, le soleil se levait et se couchait sur leurs terres. Ils menaient dix mille hommes au combat. Où sont les guerriers aujourd'hui? Qui les a exterminés? Où sont nos terres? Qui les pille? Quel homme blanc peut dire que je lui ai volé sa terre ou un seul de ses sous? Pourtant, ils disent que je suis un voleur.





 


 

En août 1877, Geronimo et sa bande se sont rendus pour la dernière fois,  ils furent déportés en captivité et finalement installés dans une réserve à Fort sill dans l'Oklahoma. C'est de là que Geronimo demanda au président l'autorisation de retourner dans son pays d'origine avant de mourir.

Pendant vingt années nous avons été retenus prisonniers aux termes d'un traité passé avec le général Miles pour le gouvernement des États-Unis et moi ­même comme représentant des Apaches. Ce traité n'a pas toujours été scrupuleusement observé par le gouvernement, même si en ce moment ce dernier s'y conforme davantage. Dans le traité avec le général Miles, nous avions accepté d'aller dans un endroit en dehors de l'Arizona et d'apprendre à vivre comme le font les hommes blancs. Je pense que mon peuple est maintenant capable de vivre en accord avec les lois des États-Unis, et, bien sûr, nous aimerions avoir la liberté de retourner dans cette terre qui est la nôtre de droit divin. Notre nombre est réduit et nous avons appris à cultiver le sol,  nous n'avons pas besoin d'autant de terre qu'auparavant. Nous ne réclamons pas la totalité de ce que le Tout-Puissant nous donna au début, mais juste d'avoir suffisamment de terre à cultiver. Nous serons contents de cultiver le surplus pour les hommes blancs.

Nous nous tenons maintenant sur les terres Comanches et kiowas, qui ne correspondent pas à nos besoins... Notre peuple décroît en nombre ici, et continuera à décroître s'il n'est pas autorisé à retourner dans son pays natal...

 

  

Peinture de Frithjof Schuon

5月15日

Le Grand Géronimo

Géronimo fait partie de ces chefs
Dont les noms symbolisent la résistance indienne
A l'impérialisme américain, déjà.
On ignore souvent que la photo où, agenouillé,
Il tient son fusil à la main a été prise
Lors de sa reddition en
1886.

 

Il y avait quatre tribus apaches distinctes:
Les Chiricahuas, les Mescaleros, les Lipans et les Jicarillas.
Géronimo est né chez les Chiricahuas du sud,
Mais a grandi chez les Chiricahuas du Nord.

Je suis né dans le canon Nodoyohn, dans l'Arizona, en juin 1829.

 

J'étais le quatrième d'une famille de huit enfants, quatre garçons et quatre filles. De cette famille, moi-même, mon frère Porico (Cheval Blanc) et ma sœur Nah-da-ste sommes les seuls survivants. Nous sommes prisonniers de guerre dans la réserve militaire (Fort Sill).  

Tout enfant, je rampais sur le sol souillé du tepee de mon père, ma mère me portait sur son dos, suspendu dans mon tsoch (berceau, en apache) ou me suspendait à une branche d'arbre. Le soleil me réchauffait, le vent me berçait, les arbres m'abritaient comme tous les autres enfants apaches.  

Quand je fus plus grand, ma mère m'apprit les légendes de notre peuple, me parla du soleil et du ciel, de la lune et des étoiles, des nuages et des orages. Elle m'apprit aussi à m'agenouiller pour prier Usen qu'il me donne la force, la santé, la sagesse et sa protection. Nous ne demandions jamais à Usen de punir une autre personne mais si nous avions quoi que ce soit contre quelqu'un, nous nous vengions nous-mêmes. On nous avait appris qu'Usen ne se préoccupait pas des querelles mesquines des hommes.  

Mon père me parlait souvent des hauts faits de nos guerriers, des plaisirs de la chasse et des gloires du sentier de la guerre. 

Avec mes frères et sœurs, je jouais autour du foyer de mon père. Nous jouions à cache-cache parmi les rochers et les pins. Ou nous flânions à l'ombre des peupliers ou cherchions le shudock (sorte de cerise sauvage) pendant que nos parents travaillaient aux champs. Ou bien encore nous jouions à la guerre. Nous nous exercions à nous approcher sans bruit d'un objet représentant l'ennemi et, à notre échelle, accomplissions de hauts faits de guerre.  

Quand nous fûmes assez grands pour être de quelque utilité, nous allâmes aux champs avec nos parents. Non plus pour jouer mais pour travailler dur. Quand venait le moment de planter la récolte, nous préparions le sol avec des houes de bois. Nous plantions le maïs en rangs bien droits, les haricots entre les plants de maïs, et les melons et les citrouilles, irrégulièrement à travers le champ. Nous cultivions ces plantes parce que c'était nécessaire.  

Notre champ n'avait généralement pas plus d'un hectare. Les champs n'étaient jamais clos. Il n'était pas rare que plusieurs familles cultivent la terre dans la même vallée et partagent la tâche de veiller sur la récolte et d'empêcher les poneys de la tribu, les daims ou d'autres animaux sauvages de la détruire.  

Nous ramassions les melons quand nous voulions en manger. A l'automne, nous récoltions les citrouilles et les haricots et les mettions dans des sacs ou des paniers. Nous liions ensemble les enveloppes des épis de maïs et les poneys portaient ainsi la récolte jusque chez nous. Là, nous décortiquions le maïs et nous placions toute la récolte dans des caves ou tout autre lieu retiré pour ne l'utiliser que l'hiver.  

Nous ne donnions jamais de maïs à nos poneys mais si nous les gardions' l'hiver, nous leur donnions du fourrage. Nous ne possédions pas de bétail ou autres animaux domestiques, à part nos chiens et nos poneys.  

Nous ne cultivions pas le tabac car nous le trouvions à l'état sauvage. Nous le coupions et le faisions sécher l'automne mais s'il venait à manquer, le chaume laissé dans les champs remplissait cet office. Tous les Indiens fumaient, hommes et femmes. Les garçons n'avaient le droit de fumer qu'après avoir chassé seuls et tué du gros gibier, comme des loups ou des ours. Il n'était pas interdit aux femmes qui n'étaient pas encore mariées de fumer mais on les trouvait impudentes si elles le faisaient. Presque toutes les mères de famille fumaient.

Le maïs moulu (à la main avec des mortiers et des pilons de pierre) ne nous servait pas seulement à faire du pain. Nous l'écrasions aussi et le faisions tremper puis, après fermentation, nous en faisions du «tis-win» qui avait le pouvoir d'enivrer et était hautement prisé par les Indiens. Ce travail était fait par les squaws et les enfants. Lorsque c'était la saison des baies et des noix, les jeunes enfants et les squaws partaient en faire la cueillette et souvent y passaient leur journée. Quand ils partaient assez loin du camp, ils prenaient des poneys pour porter les paniers.

Je me joignais fréquemment à eux et lors d'une de ces excursions, une femme du nom de Cho-ko-le se perdit et, montée sur son poney, partit dans les fourrés à la recherche de ses amies. Son petit chien la suivait tandis qu'elle se frayait difficilement un chemin à travers le sous-bois épais et les pins. Soudain, un grizzli surgit sur son chemin et attaqua le poney. Elle sauta à terre et le poney s'enfuit. L'ours s'attaqua alors à elle et elle se battit du mieux qu'elle put avec son couteau. Son petit chien qui mordait les talons de l'ours et distrayait ainsi son attention lui permit pendant quelque temps de rester hors de sa portée. Finalement, le grizzli la frappa sur le dessus de la tête, lui arrachant presque totalement son scalp. Elle tomba mais ne perdit pas connaissance et, malgré sa chute, elle parvint à lui donner quatre grands coups de couteau et il se retira. Quand il fut parti, elle replaça son scalp arraché et l'attacha du mieux qu'elle put. Puis, elle se sentit mal et s'allongea. Celle nuit-là, son poney revint au camp avec son fardeau de noix et de baies mais sans sa cavalière. Les Indiens se mirent à sa recherche mais ne la trouvèrent qu'au bout de deux jours. Ils la ramenèrent au camp et, grâce aux soins des hommes­ médecine, toutes ses blessures furent guéries.  

Les Indiens connaissaient les herbes pour soigner, ils savaient comment les préparer et comment les appliquer. Ceci leur avait été enseigné par Usen, au commencement, et dans chaque génération il y avait des hommes habiles dans l'art de guérir.
Après la récolte des herbes, leur préparation et l'administration de la médecine, nous mettions autant de foi dans les prières que dans le véritable effet de la médecine.

Certains Indiens étaient habiles à extraire les balles, les têtes de flèches ou autres projectiles qui pouvaient blesser nos guerriers. Je l'ai moi-même fait à l'aide d'un simple poignard ou d'un couteau pour dépecer la viande.

Les jeunes enfants étaient vêtus très légèrement l'hiver et ne portaient rien l'été. Les femmes, en général, portaient une jupe rudimentaire qui consistait en un morceau de cotonnade noué autour de la taille et qui s'arrêtait aux genoux. Les hommes portaient des pantalons et des mocassins. L'hiver, ils mettaient des chemises et des jambières.

Souvent, quand la tribu avait établi son campement, un certain nombre de garçons et de filles sortaient à la dérobée et se retrouvaient à quelques  kilomètres de là pour jouer toute la journée et éviter de travailler. Ils n'étaient jamais punis pour ces fredaines mais si l'on découvrait où ils se cachaient, on se moquait d'eux.

 

Pendant l'été 1858, la tribu des Apaches Bedonkohe
Part vers le sud pour faire du commerce.
En chemin, ils font halte aux abords d'une ville mexicaine
Appelée
« Kas­ki-yeh » par les Indiens.
Un jour que les guerriers étaient partis en ville,
Ils revinrent au camp le soir pour s'apercevoir que les
Mexicains
Avaient massacré en leur absence leurs femmes et leurs enfants.
Géronimo lui­ même a perdu
Sa mère, sa femme et ses trois enfants.
Il jure de venger les Apaches.

 

Aussitôt que nous eûmes rassemblé quelques armes et des vivres, Mangus-­Colorado, notre chef, convoqua le conseil et trouva tous les guerriers prêts à prendre le sentier de la guerre contre le Mexique. On me désigna pour demander l'aide des autres tribus.

Je me rendis chez les Apaches Chokonen (Chiricahuas) et Cochise, leur chef, convoqua le conseil dès l'aurore. Silencieusement, les guerriers s'assemblèrent dans une clairière, dans le vallon d'une montagne, et s'assirent sur le sol en cercle selon leur rang. Ils fumèrent en silence. Au signal du chef, je me levai et présentai ainsi ma cause:

« Frères de race, vous avez entendu ce que les Mexicains nous ont fait sans motif. Vous êtes mes parents, oncles, cousins, frères. Nous sommes des hommes comme les Mexicains, nous pouvons leur faire ce qu'ils nous ont fait. Allons les attaquer je vous conduirai à leur ville, nous les surprendrons dans leurs maisons. Je me battrai au premier rang. Je vous demande simplement de me suivre pour venger le tort que les Mexicains nous ont fait. Viendrez-vous? C'est bien. Vous viendrez tous.

«N'oubliez pas la loi de la guerre. Les hommes peuvent revenir mais ils peuvent aussi être tués. Si l'un de ces jeunes gens meurt, je ne veux pas que leurs frères de race me blâment car ils ont choisi librement de partir. Si je suis tué, personne ne doit me pleurer. Toute ma famille a été tuée dans ce pays et moi aussi, je mourrai si c'est nécessaire. » 
 

Je rentrai à notre campement rapporter ce succès à notre chef et je repartis immédiatement vers le sud, dans le territoire des Apaches Nedni. Leur chef, Whoa, m'écouta sans un mot puis il donna l'ordre de réunir immédiatement le conseil et quand ils furent tous présents, il me fit signe de parler. Je leur tins les mêmes propos que j'avais tenus à la tribu Chokonen et ils promirent également de nous aider.

Ce fut pendant l'été 1859, presque un an après le massacre de Kaskiyeh que ces trois tribus se rassemblèrent à la frontière mexicaine pour prendre le sentier de la guerre. Ils avaient peint leurs visages, attaché les bandeaux de guerre à leurs fronts, leurs longues chevelures prêtes pour le couteau du guerrier qui les vaincrait. Ils avaient mis leurs familles à l'abri dans les montagnes, près de la frontière mexicaine. Un guerrier était chargé de veiller sur ces familles et ils étaient convenus de plusieurs autres endroits de rendez-vous, au cas où le camp aurait été attaqué.

Quand tout fut prêt, les chefs donnèrent le signal du départ. Nous n'avions pas pris de chevaux et chaque guerrier portait des mocassins et une pièce de tissu enroulée autour des reins. Ce vêtement lui servait, la nuit, de couverture et:pendant la marche, lui assurait une protection suffisante. Dans la bataille, lorsque le combat est dur, nous n'aimons pas être très vêtus. Chaque guerrier portait aussi trois jours de vivres et comme nous tuions souvent du gibier pendant la marche, nous manquions rarement de nourriture.

Quand nous fûmes presque arrivés à Arispe, nous dressâmes nos tentes et huit hommes sortirent de la ville à cheval pour parlementer avec nous. Ces hommes, nous les capturâmes, nous les tuâmes et nous les scalpâmes. Il était certain qu'après cela les troupes allaient sortir de la ville et, en effet, le lendemain, elles nous attaquèrent. Les escarmouches se multiplièrent toute la journée sans que nous engagions un combat général. Mais à la nuit tombante, nous capturâmes leur convoi de ravitaillement et nous eûmes ainsi des vivres en abondance et des fusils en plus.

Cette nuit-là, nous postâmes des sentinelles et nous restâmes dans notre camp pour nous reposer car nous nous attendions à un dur combat le jour suivant. Le lendemain matin, très tôt, les guerriers se rassemblèrent pour prier, non pas pour demander de l'aide mais pour avoir la force et éviter les embuscades et les duperies de l'ennemi.

Comme nous l’avions prévu, vers dix heures du matin, toutes les troupes mexicaines sortirent de la ville. Il y avait deux compagnies de cavalerie et deux d'infanterie. Je reconnus les soldats de la cavalerie pour être ceux qui avaient massacré ma femme et mes enfants à Kas-ki-yeh. Je le dis aux chefs qui décidèrent de me confier la direction de la bataille.

Je n'étais pas un chef et ne l'avais jamais été mais parce que j'étais celui qui avait le plus souffert, on me conféra cet honneur et je résolus de me montrer digne de leur confiance. Je fis placer les Indiens dans une dépression circulaire près de la rivière. Les Mexicains s'avancèrent, l'infanterie sur deux rangées, la cavalerie restait en réserve. Nous étions à couvert dans le bois et ils s'avancèrent vers nous jusqu'à ce qu'ils soient à environ quatre cents mètres et là, s'arrêtèrent et ouvrirent le feu. Bientôt, je donnai le signal de l'assaut et envoyai en même temps des braves pour attaquer leurs arrières. Beaucoup tombèrent, frappés de ma main, et je continuai à mener la charge. Beaucoup de braves furent tués. La bataille dura deux heures environ.  

A la fin, il ne restait plus que quatre Indiens au milieu du terrain ­moi-même et trois autres guerriers. Nous n'avions plus de flèches, nos lances s'étaient brisées dans le corps des ennemis vaincus. Nous n'avions plus que nos mains et nos couteaux pour nous battre, mais tous ceux qui s'étaient battus contre nous étaient morts. C'est alors que deux soldats armés vinrent vers nous, de l'autre côté du champ. Ils tuèrent deux de nos hommes et nous, ceux qui restions, courûmes rejoindre le reste de nos guerriers.

Mon compagnon fut tué d'un coup de sabre mais je réussis à atteindre l'endroit où se tenaient nos guerriers, pris une lance et me retournai. Celui qui me poursuivait manqua son but et s'empala sur ma lance. Je m'emparai de son sabre et m'élançai sur le soldat qui avait tué mon compagnon. Je le saisis à bras-le-corps et nous roulâmes par terre. Je le tuai avec mon couteau et, vivement, me redressai, brandissant son sabre, cherchant déjà d'autres soldats à tuer. Il n'yen avait plus. Mais les Apaches avaient vu. Sur le champ sanglant, couvert des corps des Mexicains, s'éleva le fier cri de guerre des Apaches.  

Encore couvert du sang de mes ennemis, tenant encore mon arme victorieuse, encore submergé du bonheur que m'avait procuré la bataille, je fus entouré par tous les braves et sacré chef de tous les Apaches. Puis, je donnai l'ordre de scalper les morts.


Géronimo, Mémoires Edition La Découverte, 1987.

 

3月7日

LeS tRiBus (fin)

Les noms qui figurent sur cette carte
Sont ceux des principales tribus indiennes
Au début du XIXe siècle.
Mais le nombre des tribus 
 Est beaucoup plus important.
Ethnologues et historiens
Divisent l'Amérique du Nord 
 En « aires culturelles » 
 Correspondant à une certaine unité
Du milieu écologique et du mode de vie,
Avec toutefois des  exceptions.

 

Dans le Nord-Est prédominent les villages d'agriculteurs sédentaires, tels que les Iroquois, les Hurons, les Delawares, les Shawnees; Les Algonquins, eux, sont des chasseurs cueilleurs. Près des côtes, les tribus associent pêche et chasse, tels les Micmacs, les Abenakis, les Beothuks, les Penobscots.

Dans le Sud-Est, les Cherokees, les Choctaws, les Creeks, les Natchez sont des agriculteurs fixés dans de gros villages.

En Floride, les Timucuas étaient des chasseurs pêcheurs. Autour des Grands Lacs séjournaient les Sauks, les Fox, les Miamis, les Ojibwas, qui récoltaient le riz sauvage et pêchaient le « poisson blanc» (une sorte de grosse truite).

Dans le Sud­-Ouest, les Hopis, les Navajos, les Zunis cultivaient le maïs alors que, dans les déserts voisins, les Mohaves, Pimas, traquaient le petit gibier et ramassaient des baies.

Les Grandes Plaines étaient le royaume, des chasseurs de bisons : Sioux, Pawnees, Comanches, Cheyennes, Osages, Kiowas, Assiniboins, Blackfeet, Nez-Percés, Shoshones. Les Mandans sont les seuls Indiens des Plaines à associer chasse et agriculture.

En Californie, les  Pomos, les Maidus, les Hupas récoltaient les glands et vivaient de la chasse au petit gibier.

Dans le Nord-Ouest, les Kwakiuds, les Nootkas, les Haidas, les Tlingits et les Tsimshians sont pêcheurs de saumon.

A la limite du Grand Nord, les chipewyans et les Crees traquaient le caribou.

 

2月23日

Art Indien

Nous autres, Indiens,

 Vivons dans un monde de symboles et d'images

 Où le spirituel et l'ordinaire des jours

Ne font qu'un.

 

Black Elk

 

Les Indiens ne connaissaient pas l’écriture. Leur parole s’est donc transmise par la tradition orale. Leur désir d’inscrire leur culture au sein même de la nature s’est incarné dans une iconographie riche dont les supports varient selon les cultures et les sites géographiques. L’art indien traduit d’une manière saisissante toute la complexité d’une culture qui ne saurait être appréhendée comme un ensemble monolithique.

Quelques symboles indiens :

L’homme : symbole de vie  

Le kokopelli : C’est un symbole de la fertilité masculine (il est souvent doté d’un phallus proéminent) mais aussi de l’humidité féconde des saisons de pluie.

 


Le hogan
 : Maison typique des Navajos qui peut être le lieu des cérémonies.

 

La plume d’aigle : Chez les Indiens, la plume d’aigle n’est pas un ornement gratuit. Chaque plume d’aigle portée par un guerrier symbolise un acte de bravoure. Les rares indiens autorisés à porter une coiffe ornée de dizaines de plumes étaient investis d’une immense autorité. La plume d’aigle est un symbole de sagesse et de pouvoir.

La flèche: elle est généralement un symbole de direction, de volonté et de mouvement. Elle représente la force de vie de l’esprit d’un animal.

La flèche brisée: symbole de paix     Flèches croisées: symbole de l’amitié

L’aigle: pour les Indiens, l’aigle est un animal extrêmement proche du créateur. Il est donc particulièrement associé aux visions et aux esprits. Il est également symbole de bravoure et de sagesse.

Traces de cerf: symbole : prospérité; sécurité associée à la présence abondante de proies. Il peut également être un indicateur pour les directions et aussi un symbole de clan

Le serpent: il apparaît généralement dans les rites de guérison et de fertilité. Il est lié à l’éclair, au sexe masculin, à la rapidité et à la discrétion.

Le lézard à corne: animal du désert. Dans les histoires des Navajos, il est associé à la persévérance et aux secrets. 

 

 

Le soleil: symbole de bonheur car il est porteur de vie. Il est associé à tout ce qui est bien et bon. Les rayons, souvent représentés dans les dessins indiens, évoquent les quatre directions (nord, sud, est, ouest).


Dessin pouvant symboliser l’alternance entre le jour et la nuit. Il représente le temps qui passe.

Le nuage de pluie: parfois représenté avec un éclair, le nuage de pluie est un symbole de changement, de renouveau et de fertilité. Il est parfois associé à la neige, qui est, pour les Indiens, une bénédiction encore plus précieuse que la pluie

Dessin pouvant symboliser l’alternance harmonieuse des quatre saisons

 

Ces symboles pouvaient figurer sur une grande variété de supports. Les Indiens pouvaient peindre les peaux de bisons, les poteries. Ils gravaient également toutes sorte d’objet en bois ou en os et même des coquillages et des carapaces de tortue. Ils faisaient également figurer ces symboles sur les broderies de leurs vêtements ou de leurs couvertures. Les Iroquois brodaient de longues ceintures aux motifs faits de perles et qui pouvaient atteindre plusieurs mètres de long. La cathédrale de Chartres en possède deux (dédiées à la vierge parturiente). Ils figuraient également sur les peintures corporelles.



La diversité artistique Indienne

Les symboles indiens divergent selon les cultures et les lieux. L’iconographie indienne illustre la façon dont les indiens associent les éléments de la nature et de la vie quotidienne à un symbolisme spirituel profond. Sans avoir développé une écriture, ils ont su utiliser le langage de l’image et faire de leurs dessins de véritables pictogrammes dont l’association peut être le support de significations multiples.

De nombreux pictogrammes étaient des messages destinés à d’autre membre de la tribus. Ils permettaient par exemple aux chasseurs en expédition de retrouver un chemin emprunté ou de signifier la présence de gros gibiers. Les noms indiens étant le plus souvent des noms d’animaux, il était facile pour un Indien de dessiner son animal éponyme sur un objet afin d’en signifier la possession. Le chamanisme indiens s’exprimait également à travers les images : les scènes pictographiques pouvaient représenter les mythe de la tribus ou dépeindre la vision qu’un chaman avait eu durant sa trance. Enfin les pictogrammes pouvaient retracer l’histoire d’un clan et ses exploits guerriers (expéditions, alliances et mêmes cartes militaires !).

Toutefois l’image n’était pas purement figurative, chaque signe était revêtue d’un sens symbolique pouvait exprimer des idées abstraites. Selon le contexte et les autres signes l’entourant, un pictogramme pouvait prendre une signification nouvelle.

 

Les peintures rupestres de Chelly Canyon:
Les parois rocheuses du Chelly Canyon, en Arizona, abritent les œuvres rupestres mais aussi les habitations des Indiens navajos qui n’ont pas quitté leurs terres. Le touriste peut découvrir parmi les cavernes et les parois de très anciennes peintures des Anasazis (300-700) : empreintes de mains, silhouettes humaines et animales, lignes, triangles etc. Ces dessins sont un moyen de faire apparaître les êtres et les esprits qui se cachent dans la nature. On trouve également une représentation figurative d’une expédition espagnole, entreprise par Narbona en 1805, qui provoqua une bataille dans laquelle périrent cent quinze Navajos. A la fois lieu de vie, d’histoire et de spiritualité, Chelly Canyon illustre merveilleusement l’imbrication de l’art dans le mode de vie et la spiritualité indienne.

Les peintures de sables des Navajos:
La peinture de sable se dit iikaah en Navajo et signifie « l'endroit où les dieux vont et viennent ». Elle consiste à tracer des signes avec du sable naturel coloré pendant une cérémonie rituelle de guérison conduite par le hataalii (« homme médecine »). Les motifs, abstraits ou figuratifs sont composés de minéraux finement broyés et répartis sur un lit de sable blanc. Dans un cadre délimité par un arc-en-ciel sont représentés les dieux, les plantes, les astres, les animaux, la pluie, l'éclair, etc. La scénographie est rigoureusement codifiée et les couleurs doivent être utilisées dans un ordre précis. Le sort du malade repose en partie sur la qualité d'exécution de la peinture de sable, qui est détruite à la fin de la cérémonie : le sable étant éparpillé aux quatre vents.

Les peintures sur peaux:
Les peintures sur peaux étaient aussi bien l’œuvre d’hommes que de femmes. Pourtant seuls les hommes pouvaient exécuter des motifs figuratifs relatant des exploits guerriers ou des évènements important de l’histoire du clan. Comme l’explique Eugène de Girardin : « Les Indiens n'ayant pas de tradition écrite, se servent de peintures hiéroglyphiques pour transmettre leurs faits d'armes à la postérité. Les jeunes guerriers qui se sont le plus distingués se réunissent autour d'une peau de bison soigneusement tannée et d'une grande blancheur, et chacun reproduit à son tour ses prouesses au moyen de grossières peintures plus ou moins véridiques. Il va sans dire que l'artiste se représente toujours sous les traits d'un brillant cavalier et se donne le beau rôle, tandis que ses ennemis, les Pawnies et les Corbeaux, fuient ignominieusement. »

Les poteries du Sud-Ouest:
Les Indiens ne connaissent pas le tour du potier et façonnent leurs objets en argile uniquement à la main. Lorsque le vase est sec, il est couvert d’un mélange d’argile et d’eau qui le colore puis poncé à l’aide d’un silex. Objets quotidiens, ces pots et ses vases sont recouvert de signes symboliques, figuratifs ou abstraits. Les motifs traditionnels sont peints à l’aide d’un pinceau avant la cuisson au four.

 

                                                 
Les totems des tribus du Nord-Ouest :
Contrairement à ce qu’ont cru les missionnaires, les totems n’étaient pas de gigantesques idoles mais l’équivalent indien des blasons héraldiques du Moyen-Âge: en effet chaque famille pensait descendre d’un esprit en forme d’animal. L’animal du sommet du totem représentait les ancêtres du plus haut rang. Le totem figurait également les alliances matrimoniales et les évènements familiaux importants. D’une hauteur pouvant aller jusqu’à vingt quatre mètres, les totems représentaient la puissance et l’histoire des grandes familles indiennes.

Le serpent des Hopewells:
Il y a plus de deux mille ans, les Hopewells façonnaient la terre pour créer des symboles sacrés et des figures mythologiques. Réalisé à partir d’argile et de pierre, un tertre de quatre cent quarante mètres de long figure un serpent dont le corps ondulant se termine par une queue en spirale et qui semble tenir un œuf dans sa gueule. Gigantesques signes uniquement visibles depuis le ciel, ils illustrent la dimension spirituelle et rituelle de l’art qui est pour les indiens un catalyseur de magie et un lien avec les ancêtres.

Les Cahokia mounds :
Situé à treize kilomètres au nord de Saint Louis, Missouri, Cahokia est un foyer de peuplement précolombien qui comptait plus de cent vingt tumulus. Sa société agricole comptait à son apogée (entre 1050 et 1150) une population de dix à vingt mille habitants. Monks Mound, le plus grand ouvrage préhistorique des Amériques, construit uniquement à partir de terre, fait trois mètres de haut et couvre plus de cinq hectares. Sa construction devait représenter un travail colossal puisque la terre nécessaire pour édifier ses gigantesques tumulus devait être creusée et transportée à dos d’hommes. Ces tumulus précolombiens marquent la présence méconnue d’une architecture primitive monumentale en Amérique du Nord.

 

   

2月13日

LeS tRiBus (suite)

 

Iroquois Ensemble de Tribu sédentaire qui vit au sud du lac Ontario.

 Les Iroquois sont des cultivateurs. Leur nourriture de base se compose de courges, de maïs et de haricots qu’ils baptisent les « Trois Sœurs ». Ils fabriquent des Longues maisons en bois, qui peuvent mesurer jusqu'à 60 m de long, et dans lesquelles vivent de 10 à 20 familles.

Chacune a son propre espace disposé autour d'un foyer. Tous les quinze ou vingt ans, lorsque la nature alentour est épuisée, le village se déplace.

Au XVIe siècle, les tribus Iroquoises se regroupèrent en une ligue des cinq puis six nations. Cette alliance accrut beaucoup leur rayonnement et leur puissance, au détriment de leurs voisins, les Algonquins.

Lorsqu'en 1754 la guerre pour la domination du Canada éclata entre Français et Anglais, ceux-ci utili­sèrent les rivalités qui existaient entre tribus pour servir leur cause. Les Anglais s'allièrent aux Iroquois et les Français aux Algonquins.

Le nom d'Iroquois leur a en fait été donné par leurs ennemis algonquins qui les appelaient irokoi, c'est-à-dire « vipères », en raison de la crainte qu'ils leur inspiraient.

Chez les Iroquois, les hommes médecine sont regroupés au sein d'un groupe appelé Société des Faux Visages. Ce nom a pour origine le fait qu'ils portent un grand masque en bois représentant l’esprit qu'ils incarnent. Ils dansent autour de la personne malade pour chasser les mauvais Esprits de son corps.

 

Sioux  Ensemble de tribus nomades qui suivent les grands troupeaux de bison dont elles se nourrissent.

Les Sioux sont les seigneurs des Grandes Plaines et sans doute les Indiens les plus connus. Ils s'af­frontèrent durement aux envahis­seurs blancs et le western les a immortalisés... au point qu'on parle souvent d'une  « ruse de Sioux ».

Mais il faut éviter d'employer ce terme de Sioux qui était un qualifi­catif insultant et lui préférer celui de Lakota,  qui signifie littéralement les « Alliés ». En effet, ce nom de Sioux « les ce serpents » Ieur avait été donné par leurs ennemis, les Algonquins.

Le groupe linguistique Lakota se décomposait en de nombreuses tribus: les Oglalas, les Oohenon­pas, les Minniconjous, les' Blackfeet, les Brûlés, les Sans Arcs et les Hunkpapas, dont Sitting Bull fut le grand chef.

 

Écoutons ce que dit d'eux le peintre George CATLIN, en 1830:

Les Indiens des différentes tribus qui habitent la région du cours supé­rieur du Missouri ont indubitable­ment la plus belle prestance, le meilleur équipement et les plus belles tenues de tous leurs congé­nères du continent nord-américain. Ils habitent dans une région où abondent bisons et chevaux sau­vages qui leur procurent un genre de vie sain et aisé l'air y est pur, ce qui leur assure santé et longévité. De tous les Indiens que J'ai ren­contrés, ce sont les plus indépen­dants et les plus heureux: ils vivent tout entièrement à l'état de nature et en conséquence sont beaux et agréables, à regarder presque au­ delà de toute description. Rien au monde ne peut surpasser en beauté et en grâce certains de leurs jeux...»

Aujourd'hui, 70 000 Lakotas vivent dans les réserves des États du Da­kota du Nord et du Dakota du Sud.

   

Comanches (de leur vrai nom Numinu, c'est-à-dire le «peuple ») Cette Tribu s'est installée au XVIIe siècle dans les Plaines, où elle a adopté un mode de vie nomade, fondé sur la chasse aux. Bisons.

Les Comanches sont réputés pour être les meilleurs cavaliers du monde. Ils peuvent se mettre debout sur leur monture, passer sous le ventre du cheval et tirer des flèches d'une seule main!

 

Voici la description que fait le peintre CATLIN des acrobaties d'un guerrier comanche:

 «Il se laisse tomber le long du flanc de sa monture, se maintenant par un pied sur le dos du cheval, protégé ainsi des armes ennemies. Prenant appui sur le talon par lequel il reste accroché, il se redresse ou se laisse glisser le long de l'autre flanc. Lancé au galop, tenant à la main son arc, son bouclier et sa lance, dans cette magnifique position, il tires sur l'ennemi par-dessus le dos de sa monture, en se redressant, ou bien, avec une égale dextérité, par­ dessous l'encolure. »

Les Comanches ont, hélas été en grande partie décimés par les épi­démies à l'arrivée des Blancs.

 

Hurons
Sur les bords des Grands Lacs du Canada vivait la Tribu des Hurons. Comme les Iroquois, ils construi­saient des Longues-Maisons en bois dans lesquelles pouvaient vivre plusieurs familles. Ils partageaient avec eux la même langue et le même mode de vie (culture de maïs, de courges et de haricots, pêche, chasse).

Leur véritable nom est Wendats, mais lorsque les premiers trappeurs français entrèrent en contact avec ce peuple, ils furent surpris par leur coiffure: un crâne rasé laissant juste une touffe de cheveux dressés comme une hure de sanglier. Ils les baptisèrent donc Hurons.

Les Hurons, qui étaient près de 20 000 au début du XVIIe siècle, furent décimés par les guerres que leur menèrent Anglais, Hollandais et Iroquois. Vers 1900, ils n'étaient plus qu'à peine un millier.

                                             
Mohicans

Cette tribu du Canada a été ren­due célèbre par Fenimore Cooper. Ce romancier du XIXe siècle a en effet remporté un succès considé­rable, avec son roman, Le Dernier des Mohicans. Il raconte les aven­tures d'un trappeur, Bas de Cuir, fasciné par les Indiens et leur mode de vie libre et sauvage. Avec ce livre, Fenimore Cooper lancera en Europe le mythe romantique du bon Indien proche de la nature et menacé par la civilisation.

                                                                                  

Navajos  C'est une tribu du sud-ouest des États-Unis.

Les Navajos vivaient de chasse et de cueillette. Mais avec l'arrivée des Blancs, qui leur firent connaître les moutons, ils devinrent d'habiles éle­veurs. Ils habitaient dans des huttes d'écorce et de terre: les hogans.

Leur tranquillité prit fin lorsque le général Carleton décida de leur faire quitter leur territoire pour les ins­taller dans les plaines arides du Sud-Est. Il chargea le célèbre Kit Carson de les pourchasser sans relâche. Celui-ci, à la tête de ses mercenaires, leur mena une guerre impitoyable, brûlant leurs champs de maïs et de pêchers (près de 3 000 au canyon de Chelly !) et anéantissant leurs troupeaux de moutons. Les Navajos furent alors contraints, en 1864, de rejoindre sous une escorte de soldats la réserve qu'on leur avait imposée. Au cours de ce qu'on a appelé la Longue Marche (500 km !), plus de 200 Navajos moururent.

Après quatre années terribles, ils réussirent à reconquérir une partie de leur ancien territoire. Ils y re­prirent l'élevage et leur mode de vie, dans lequel la beauté et la spiri­tualité tiennent une grande place. Ils sont aujourd'hui près de 160 000 (soit la plus forte population indienne du continent!), répartis dans plusieurs réserves (en Arizona, au Nouveau-Mexique et en Utah).

Pendant la Seconde Guerre mon­diale et dans sa lutte contre les Japonais, l'armée américaine se servit de codeurs navajos pour transmettre des messages. Ceux-ci utilisaient les secrets de leur langue pour communiquer les informations importantes. Jamais les Japonais ne réussirent à percer leur code secret!

 

« La beauté devant moi

Fasse que je marche

La beauté derrière moi

Fasse que je marche

La beauté au-dessus

De moi fasse que je marche

La beauté au-dessous

De moi fasse que je marche

La beauté tout autour de moi

Fasse que je marche. »

Strophe du Kledze Hatal,
 chant chamane navajo.

 

 

2月4日

LeS TrIbUs (1er partie)

Algonquins  Ce nom désigne deux choses: un groupe de plusieurs tribus éparpillées de la côte Nord Est aux grandes plaines et parlant la même langue (les Delawares, les Ottawas, les Ojibways, les Illinois...), et une tribu plus particulièrement, celle des Algonquins.

 À la différence de leurs voisins  IROQUOIS, les Algonquins sont nomades. Leur territoire couvre presque tout le Québec d'aujour­d'hui. Les hommes chassent le daim dans les forêts où pêchent dans les nombreux lacs et rivières sur leurs canoës en bouleau. Des canoës si légers qu'ils peuvent les porter sur le dos pour franchir des rapides. Quand aux femmes, elles entretiennent le wigwam et cultivent, par brûlis sur la forêt, des petites parcelles de maïs, de fèves et de potirons.

Les Algonquins furent les premiers Indiens à accueillir les Européens (Français, Anglais et Hollandais) et les premiers à se battre pour ré­sister à leur avancée. Mais les épidémies apportées par les Blancs entraînèrent leur perte. En 1780, la variole décima les tribus. Et les Anglais n'hésitèrent pas à aban­donner en forêt des mouchoirs et des couvertures contaminés par la petite vérole pour les exterminer. Ce fut la première guerre bactério­logique de l'histoire! 

                              


APACHES  Ensemble de tribus du Nouveau-Mexique et  de l'Arizona.   Ce nom,  qui signifie les « ennemis », leur a été donné par les ZUNIS.

  Les Apaches vivent de cueillette et d'un peu d'agriculture. Ce sont aussi des guerriers redoutables qui orga­nisent des raids pour piller leurs voisins. On les disait capables de parcourir plus de 60 km à pied en une seule journée, pendant plu­sieurs jours d'affilée. Leurs chefs, Geronimo et Cochise, sont restés dans les mémoires. Ils résistèrent longtemps aux envahisseurs blancs.

  La guerre entre les blancs et les apaches débuta en 1861 lorsque des colons accusèrent à tort leur chef Cochise d’avoir enlevé un jeune blanc. Cochise vint parlementer avec un drapeau blanc. L’armée tenta alors de s’emparer de lui. Il s’enfuit sous une pluie de balle, mais jura de se venger. La guerre qui s'ensuivit fut terrible car les Apaches étaient passés maîtres dans l'art de la guérilla, des embus­cades et des attaques surprises.

Cependant, l'armée mit en œuvre d'énormes moyens et Cochise se rendit en 1872. Il mourut en 1874 dans une réserve, désespéré. Mais lorsque les Blancs voulurent de nou­veau déplacer les Apaches dans la réserve de San Carlos, un marais infester par la malaria, beaucoup de guerriers apaches s'enfuirent au Mexique. Sous la conduite de leurs chefs Victorio et Nana, ils menèrent de terribles razzias dans le Nou­veau-Mexique et l'Arizona avant d'être vaincus. Le chef des Apaches Chiricahuas, Geronimo, fut le der­nier à capituler, en juin 1883.

 

«  Mon fils, tu dois savoir que per­sonne ne t'aidera en ce monde. C'est toi qui dois te préparer. Apprends à courir dans les montagnes, cela te rendra fort. Seuls ton cerveau, tes jambes, tes yeux, tes cheveux, tes mains seront tes amis; c'est avec ça que tu dois te préparer. ))

Conseil d'un père apache à son fils

 

                                     
 ARAPAHOS   De leur vrai nom Hinono'eho, le « peuple du ciel »

  Cette tribu vivait à l’origine à l'ouest des Grands lacs.

Au XVII ème  siècle, elle  se déplaça vers les plaines où elle adopta un mode de vie nomade, fondé sur la chasse aux bisons.

Ces remarquables cavaliers s'illus­trèrent dans les guerres contre les Blancs aux côtés des Cheyennes et des Lakotas. Ils étaient pré­sents à la bataille de Little Big Horn sous les ordres des grands chefs lakotas Sitting Bull et  Crazy Horse.

On trouve aujourd'hui des Arapahos dans la réserve de Wind River (Wyoming).

 

                                    
 BLACKFEET Cette tribu s’appelait en fait nitsitapix, le « vrai peuple »

  Le nom de Blackfeet (Pieds Noirs) leur a été donné par les trappeurs français, sans doute en raison de la suie noire dont ils enduisaient leurs mocassins, afin de les imperméabiliser.

Avant l’arrivée des blancs, ils constituaient une puissante confédération guerrière qui les faisait craindre de leurs voisins. Leurs tribus nomades vivaient et chassaient dans les plaines du Nord et le long des montagnes Rocheuses. Mais ils furent décimés par l’épidémie de variole de 1836.

Il existe encore aujourd’hui des réserves Blackfeet dans le Montana et l’Alberta canadien.

 

CHEYENNES  De leur vrai nom les Tse-tsehese-staestse, c’est à dire les « êtres humains ». Beaucoup de tribus s’appelaient tout simplement dans leur langue hommes ou peuple : Apaches (le peuple) Hopis (le peuple pacifique), Cherokees (le peuple des cavernes)... Cheyennes est le nom que leur donnèrent les Lakotas et qui signifie ceux qui parlent en langue étrangère.

  Les Cheyennes sont l’une des grandes tribus nomades des Plaines qui se battit  farouchement pour conserver ses terres ancestrales. Mais ils payèrent chèrement leur esprit de liberté lors du massacre de Sand Creek, en 1864. Trois cents femmes et enfants y furent tués sans pitié par les tuniques bleues. Ils participèrent  cependant aux cotés des Lakotas à la bataille de Little Big Horn (1876) où ils battirent les armées du général Custer... avant de devoir eux aussi se soumettre.

Les Cheyennes étaient réputé pour leur courage et pour la beauté de leurs vêtements et parures.

 

 

                                     

                               

1月24日

LeS sIgNeS (fin) Peintures & Plumes

 

 

Les peintures

 Les Peaux-Rouges découvrirent: dans la nature qui les environnait d'innombrables produits naturels qui leur permirent de faire des peintures.

Ils trouvèrent une argile d’une extrême finesse contenant différents oxydes de fer. Ils la mélangèrent avec de la graisse ou du suif de buffalo, créant ainsi une pommade dont ils se servaient pour tracer sur leurs visages et leurs corps des signes divers.

Les Sioux employaient pour le même usage une substance jaune et dure provenant de la poche à fiel du bison. Celle-ci était considérée comme une peinture-médicine. Ils utilisaient habituellement un fruit appelé bullberro et des plantes telles Que le sumac de la famille des vinaigriers. Des fleurs, des bai, des écorces et d'autres végétaux, écrasés dans des mortiers et malaxés, servaient à faire des peintures ou à colorer celles-ci.

Le plus souvent, les Indiens appliquaient les peintures sur leurs visages ou différentes parties de leur corps avec leurs doigts. Quelquefois, ils les étendaient en se servant de brosses ou de bâtonnets qu'ils détruisaient après s'en être servi.

Les indiens des plaines employaient un os spongieux pro­venant de la rotule d'un bison qui conservait la teinture exactement comme un stylographe retient l'encre aujourd'hui.

Les peaux-Rouges se peignaient le corps pour être admirés ou pour faire peur à leurs ennemis au cours des combats. Quelquefois, ils le faisaient pour se déguiser ou s'amuser, pour se protéger aussi contre le vent, les insectes et les brûlures du soleil. Ils se peignaient également pour paraître certaines cérémonies et pour exécuter des danses.

                                                 
Ie rouge, couleur sacrée des guerriers

 Sans aucun doute, les Indiens furent appelés des Peaux-Rouges parce que les premiers hommes blancs qui les rencontrèrent les virent avec le visage et le corps recouverts de peintures rouges.

Le rouge était la couleur sacrée. Il était employé par les guerriers pour devenir forts et invincibles. C'est pour cette raison que cette couleur était courante lors des danses et quand la  tribu partait en guerre.

Le rouge était peint sur le poney de guerre, la lance, et tous les accessoires de combat et de cérémonie.

On pourrait croire que les couleurs étaient choisies au gré du sujet, pour satisfaire ses caprices. En réalité, l'homme devait se soumettre à des règles bien établies. Non seulement les couleurs mais aussi le motif, avaient une signification bien précise.

De toutes façons, quand un Peau-Rouge avait constaté qu'une certaine couleur lui avait porté chance, celle-ci devenait une «  bonne médicine »  et il continuait à s'en servir en délaissant toutes les autres qu'il considérait alors comme n'ayant aucun pouvoir.

                                                                                   
La signification des couleurs

 Les sens des couleurs variaient d'une tribu à une autre. Telle teinte bénéfique ici était plus loin tenue pour maléfique.

Les couleurs de guerre étaient les préférées des Indiens des plaines.

Le plus souvent, le blanc symbolisait le deuil et le noir la joie, tandis que le rouge évoquait le bonheur et la beauté.

Les Cheyennes traçaient  des cercles et des raies de diffé­rentes couleurs quand ils partaient au combat, mais à leur retour ils s’enduisaient de noir pour exprimer leur joie d'être revenus sains et saufs.

Les Cherokees considéraient  le rouge comme la couleur du succès et du triomphe, le bleu comme celle de la défaite et des ennuis. Pour eux,  le noir c'était la mort et le blanc la paix et le bonheur.

Les femmes indiennes employaient elles aussi les teintures, mais pour souligner leur beauté.

Les peintures n’étaient pas seulement destinées au corps et au visage. Elles étaient aussi utilisées pour décorer le tipi ou le wigwam, les totems, les parflèches, les robes des femmes, les tuniques des hommes, les  ornements employés au cours de diverses cérémonies.

 Sur la piste, des marques en rouge étaient appliquées sur les rochers, les troncs des arbres et  d'autres objets pour signaler que ceux qui les avaient tracées devaient être respectés.

Avant une rencontre guerrière, les poneys étaient  peints eux aussi.

Quand les indiens, exécutant une peinture sur une peau de buffalo, voulait montrer un homme blessé, la blessure était couleur rouge sang et indiquée à l’endroit où elle avait été portée.

                                                  
Le tatouage

 Certains Indiens avaient l'habitude de marquer sur leur peau des signes en se servant d'aiguilles trempées dans des couleurs indélébiles. C'était là un véritable tatouage qui ne s'en allait pas après un simple lavage et qui demeurait définitivement.

Cette coutume était en usage chez les Séminoles, les Creeks, les Cherokees et dans d’autres tribus du Sud des  États-Unis.

 Un garçon était ainsi marqué lorsqu'il recevait un nom et l'on recommençait lorsqu'il devenait guerrier.

Les Wichitas se tatouaient très souvent et à la moindre occasion se couvraient le corps et les membres de motifs décoratifs. Les Kiowas traçaient un cercle sur le front de leurs compagnes, comme une marque tribale.

Les Omahas dessinaient un rond très petit sur la nuque des filles et si le père ou l'un de ses proches parents mâles avaient fait une action de bravoure, la fillette était tatouée dans le dos d'une étoile à quatre branches pour perpétuer l'événement.

Chez les Osages, le gardien de la pipe sacrée portait un tatouage signalant qu'il avait été courageux à la guerre et qu'il avait abattu des ennemis. Ces tatouages étaient indiffé­remment dessinés dans le dos ou sur la poitrine.

Les Huppas de la Trinity river en Californie portaient dix lignes tracées sur le bras gauche, symbolisant les fils qui retenaient les coquillages servant de monnaie.

Quelquefois, les Chippeways avaient recours aux tatouages pour soulager des douleurs, particulièrement lorsqu'ils souffraient de maux de dents. De l'acupuncture, en quelque sorte.

 Les guerriers mandans portaient deux bandes noires sur le côté gauche et sur le bras.

Une fille eskimo devenue adulte avait une ligne tatouée au bord de la lèvre inférieure. Lorsqu'elle convolait, une seconde ligne était ajoutée.

Les hommes de cette même famille, lorsqu'ils avaient lutté courageusement contre les baleines, signalaient celles dont ils étaient venus à bout en portant des marques tatouées sur leurs joues, leurs bras et leur poitrine.

Ces tatouages étaient faits avec des aiguilles en acier, des silex aiguisés en pointe, ou encore des piquants de cactus. Ceux-ci étaient parfois groupés, formant ainsi une brosse.

L'encre était le plus souvent faite avec du charbon de bois  celui provenant du sureau était le plus apprécié que l'on délayait dans de l'eau. Parfois, on se servait de sucs de plantes et d'essences végétales ayant longtemps macéré dans de l'eau.

 L'opération du tatouage était très longue et des plus douloureuses. Les patients  la supportaient avec résignation, ne laissant échapper aucune plainte, ne laissant apparaître leur visage aucune expression de souffrance. Des cloques souvent apparaissaient et pendant plusieurs jours l’homme était en proie à une fièvre intense, mais il subissait son  martyre avec résignation.

 

Le langage des plumes

 Chaque tribu avait son propre modèle de coiffure. Elles étaient dans leur ensemble très variées, depuis le bonnet de guerre des Sioux jusqu'au simple turban en peau des Iroquois.

Certaines de ces coiffes précisaient la personnalité et le  rang de son propriétaire.

Chez les Indiens des forêts et des lacs, qui en général se rasaient le crâne, la coiffure ne retombait pas en arrière et s'arrêtait à la nuque. Les plumes de dindon, de héron et de grue étaient tout aussi utilisées que celles de l'aigle.

Dans ces tribus de l'Est des États-Unis, les plus belles coiffes étaient en piquants de porc-épic.

La plus pittoresque et aussi la plus connue était celle des Indiens dakotas, qui fut imaginée par les Mandans et portée ensuite par les Hidastas ou Gros-Ventres.

Chaque plume de cette coiffe a sa signification et sa raison d'être. Chacune en effet rappelle un exploit du propriétaire de la coiffe.

Ainsi, une plume avec une tache rouge à l'extrémité rappelait la mort d'un ennemi tué au combat. Si, au même endroit, la plume était coupée, cela signifiait que l'adversaire avait eu la gorge tranchée.

Plusieurs entailles, en différents endroits de la plume, précisaient que le guerrier avait été deuxième, troisième ou quatrième au combat, tandis que le bord était réduit d’importance pour  le cinquième. Une plume fendue indiquait que le guerrier avait été blessé au cours de la rencontre.

Chez les Hidastas ou Gros-Ventres, du Missouri, le premier guerrier, qui s'approchait de l'ennemi, et en tuait un, méritait une plume d'aigle ornée d'une touffe de crins de cheval; le deuxième à accomplir le même exploit recevait une plume ornée une barre rouge, le troisième avait droit à deux barres et le quatrième à trois.

Les hommes blessés avaient droit à une plume avec une bande de piquants de porc-épic.

Les Omahas recevaient en témoignage de leur intrépidité un bandeau fait avec la queue d'un jeune daim agrémentée quelques plumes prises sur la nuque d'un dindon et peintes en rouge pour préciser que le possesseur avait été le premier à mériter cette distinction.

Les Sauks et les Foxs, eux aussi, avaient le même bandeau en peau de daim. Les Cheyennes, au cours de certaines cérémonies­, portaient des coiffes faites en peaux de bison agrémentées de chaque côté par les cornes de l'animal. C'était la aussi la coiffure préférée des medicine-men.

Les Blackfeet et les autres tribus indiennes du Nord portaie­nt en hiver pour se protéger de la neige, une coiffe épaisse en fourrure faite avec des dépouilles de coyotes, de loutres ou de blaireau.

Un bonnet identique était porté par les Omahas, les Osages et les Poncas de l'Indian Territory. Il était décoré de motifs en piquants de porc-épic de différentes couleurs.

Les Indiens de l'Est, et particulièrement les Iroquois, portaient des coiffures faites de peaux d'animaux, avec parfois sur le côté quelques plumes formant un bouquet.

Un de ces bonnets appelé gustoweh ou le véritable chapeau était utilisé pour les cérémonies. Il avait, sur le sommet, plusieurs cercles de petites plumes et au centre une plume d'aigle.

Les Apaches se contentaient le plus souvent d'un simple bandeau d'étoffe dont la couleur précisait l'importance du guerrier. Ce bandeau servait surtout à retenir les cheveux restés libres, coupés à la hauteur des épaules et formant frange sur le front.

  

 

1月13日

LeS sIgNeS (1er partie)

Les Indiens des États-Unis avaient cinquante-huit langages et plus de mille dialectes. Il arrivait souvent qu'un Peau-Rouge se rendant dans une tribu voisine ne fût pas compris lorsqu'il parlait son propre dialecte. Il lui était difficile de communiquer avec ses hôtes car il employait des mots connus seulement de ses proches et de ses compagnons de tous les jours.

Certains langages étaient agréables à entendre, comme ceux des Sioux et des Dakotas; d'autres, comme celui des Chinooks, étaient rudes et discordants.

Les Indiens ignoraient l'écriture. Il n'existe aujourd'hui aucun témoignage précis de leur façon de parler d'autrefois.

L'Indien étant avant tout un homme indépendant, il ne voulait pas s'imposer le devoir d'apprendre les dialectes de ses voisins. Les Cheyennes et les Arapahoes qui vivaient côte à côte et se rencontraient continuellement ne connaissaient pas leurs langages réciproques et devaient pour se comprendre recourir aux signes.

A côté de ces signes, dont il sera question plus loin, certains Indiens communiquaient d'un clan à l'autre par ce qui était communément appelé « le langage du commerce ». Ainsi étaient employés, dans le Nord-Ouest, le « jargon chinook » , les dialectes chocktaw, chicasaw, et le langage mobile dans le Sud, et dans le Nord-Est celui des Comanches.

On crut pendant un temps que le langage indien n'avait aucune structure établie, mais on finit par se rendre compte que la plupart des tribus se servaient comme nous de noms, de verbes et d'adjectifs, et que les phrases étaient construites selon des règles bien définies.

                                     
Une grammaire très compliquée

 La grammaire indienne était extrêmement compliquée et les vocabulaires de nombreux langages très riches.

Après avoir longuement étudié trois de ces langages, les savants du Smithsonian Institute ont précisé que l'un compre­nait sept mille mots, le deuxième onze mille, et le dernier dix-neuf mille.

Or, la langue britannique, qui était celle employée géné­ralement par les Visages Pâles visitant ces tribus, était riche de plus de cent trente mille mots, mais dont seulement dix mille étaient le plus souvent utilisés.

Pour parler, les Indiens assemblaient plusieurs idées en un seul mot. Quelquefois, un seul son voulait dire une phrase complète. Des verbes pouvaient être employés pour former avec un seul mot plusieurs centaines d'expressions différentes.

Il n'y avait pas de pronom personnel, aussi, lorsque les Peaux-Rouges se mirent à apprendre l’anglais, pouvaient-ils fort bien appeler leurs squaws « ils ». Chez eux, il y avait des mots « mâles» et des mots « femelles », et certains langages comportaient plusieurs pluriels, l'un relatif à un détail bien précis, les autres à de très nombreuses évocations.

Les Eskimos avaient douze mots différents pour désigner le phoque. Les Papagos ou Pimas de la Gila Valley en Arizona étaient par contre fort embarrassés lorsqu'on leur désignait une flèche. Ils n'avaient aucun mot pour la définir.

 Langages secrets pour initiés

Certains des savants qui se penchèrent sur le langage indien assurent que les Peaux-Rouges se servaient de mots spéciaux au cours des councils en ajoutant parfois des syllabes. Quant au medicine-man, il employait un langage bien à lui pour ses chants et ses incantations, afin de ne pas être compris de l'assistance.

 Le langage spécial des femmes

 Les femmes aussi sont supposées avoir eu une façon bien à elles de prononcer les mots, en les déformant quelque peu.

Il est certain que dans certaines tribus de Californie, hommes et femmes parlaient des dialectes différents et les premiers utilisaient le « langage des femmes» pour s'adresser à leurs compagnes. La différence était insignifiante, minime, Les femmes employaient des mots plus courts. Ainsi, pour dire « quelqu'un », elles disaient ya, alors que leurs maris disaient yana. Les hommes désignaient l'eau par hana, les femmes par ha. La plupart des tribus indiennes n'a_nicut aucun mot pour désigner les choses abstraites telles qu'amour, vérité, esprit et âme. Ils disaient que « leur cœur devenait chaud» pour exprimer qu'ils étaient contents. Un homme «au grand cœur» était un homme courageux. Pour eux le Visage Pâle était, parce qu'il écrivait, « l'homme qui entend avec ses yeux », ou « le discours peint », ou encore « le papier qui parle ».

Aujourd'hui, deux cent cinquante langages et dialectes sont encore parlés par les Indiens. Les Navajos et les Sioux ont maintenant leurs propres alphabets et écritures, comme ­les Cherokees au temps de Séquoya.

                                                                          
Les signes dessinés

 Les  Indiens conservaient les témoignages de certains événements en dessinant ou peignant des signes symboliques sur des peaux de daim ou de bison ou même sur des écorces.

Ce genre d'écriture était pour l’homme une façon de manifester sa pensée. En effet, en quelques traits Naifs il précisait ce qui avait retenu son attention et ce qu'il lait vraiment à dire.Avec le temps, les Peaux-Rouges devinrent plus habiles et  leurs dessins constituèrent de véritables symboles, lesquels, assemblés et groupés, pouvaient définir une idée.

Les couleurs avaient également leur importance et leur assemblage, leur succession permettaient à l'Indien de conter une histoire.

Les Indiens appelaient les Blancs « le discours peint » parce que c'était pour eux la seule façon de considérer les dessins écrits. Lorsqu'ils connurent les Visages Pâles, ils comprirent qu'ils avaient eux aussi une façon d'écrire et que leurs dessins comme les lettres avaient un certain sens.


Certains témoignages fort curieux et des plus intéressants sont venus jusqu'à nous. Citons le Walam-Opum des Delawares, des peaux de buffalos sur lesquelles Sitting Bull en traçant des signes relata certains épisodes importants de sa vie, un rapport de la Great Medicine Society des Indiens Alonquins, et des calendriers kiowas et dakotas,
   

 

                                                                      

Les signes manuels

 Le langage par signes manuels était d'un usage courant chez les Indiens, Il permettait à toutes les tribus de se comprendre même si elles vivaient très éloignées l'une de l'autre. Ainsi, les Peaux-Rouges des plaines pouvaient communiquer avec ceux vivant dans la région des Grands Lacs, bien que ne connaissant pas un seul mot de leur langage.

Ce langage par signes manuels a une certaine ressemblance avec celui des sourds-muets, avec cette seule différence que les l’Indiens, n'ayant aucun alphabet, ne pouvaient exprimer des mots et qu'ils se contentaient de symboliser ainsi leurs pensées.

Le langage par signes est originaire des vastes prairies de l'Ouest ou les buffalos abondaient. Les hommes de diverses tribus s'y retrouvaient souvent par hasard pour chasser. Des la première rencontre, ils échangeaient à une courte distance des signes pour faire connaître s'ils étaient amis ou ennemis.

Cette façon de communiquer finit par atteindre une telle perfection qu'elle était facilement compréhensible pour tous les Indiens et qu'elle se propagea à travers toutes les tribus. Dans le langage par signes, les Peaux-Rouges utilisaient soit une seule main, soit deux.

 Avec un doigt tendu pointé au ciel vers la position du soleil, il exprimait qu'un certain événement se produirait à un certain moment de la journée. Pour indiquer un jour complet, il pointait un index vers l'Est, le faisait passer au-dessus de sa tête et le dirigeait ensuite vers l'Ouest.

S'il voulait parler personnellement à un autre Indien, il commençait par se désigner puis il montrait son correspon­dant, après quoi il indiquait l'endroit où ils pouvaient s'en­tretenir sans avoir à craindre les indiscrets et les importuns. Pour désigner un homme, il tenait la main droite fermée, l'index pointé vers le ciel, la paume tournée vers l'extérieur La main partait de la ceinture puis remontait vers la le droite. Pour préciser que c'était un Indien, il fallait ensuite frotter de la main droite le dessus de l'autre main. Ceci indiquait la couleur de la peau. Par contre, si 1'on voulait parler d'un Visage Pâle, il suffisait avec l'index droit tendu de tracer à la hauteur du front une ligne verticale qui symbolise le chapeau.

La femme était désignée d'un geste de la main droite ramenant des cheveux de chaque côté de la tête en direction du bas, les doigts écartés comme si l'on passait un peigne dans de longs cheveux.

Un véritable ami, un frère de sang était signalé en plaçant le majeur de la main droite sur les lèvres, puis en touchant la narine droite. Il fallait ensuite montrer quelque chose de rouge pour préciser qu'il s'agissait de sang.

Si l’on voulait parler d'un canyon, il suffisait de tenir le bras gauche replié en position horizontale,la paume de la vers le sol. Cela représentait la falaise. La main droite, des doigts rapprochés, étant glissée en dessous, symbolisait  les hommes se faufilant dans le défilé.

Un Indien blackfeet était désigné en touchant d'abord son mocassin puis en frottant son doigt sur quelque chose de noir.

 De même que certains langages étaient agréables à entendre, de même l'exécution de certains signes par des experts était un  plaisir pour les yeux. Le témoin d'un entretien ainsi mené entre un Kiowa et un Cheyenne déclara qu'il y avait trouvé  tant de grâce qu'il considérait cela comme une poésie.

Les scouts  et mountain-men apprirent, eux aussi, à converser par signes. Un jour, un général désirant parlementer un chef de tribu se fit conduire par un coureur de pistes. Lorsque les trois hommes furent en présence et eurent échangé les salutations d'usage, l'officier pris  place devant le chef indien et l'interprète s'assit entre eux deux. Au bout d'un moment, le général, impatient, agacé par le silence, déclara qu'il aimerait bien commencer l'entretien. Le guide lui dit alors que celui-ci avait débuté depuis longtemps. En effet, dés qu'ils avaient pris place, le moutain-man et son ami peau_rouge avaient échangé de nombreux signes, se communiquant ainsi leurs intentions et leurs impressions.

 

 

1月2日

L'Aigle

Pour capturer l'aigle

Dont les plumes étaient indispensables à toute coiffure de guerre,

 Les Indiens avaient recours à d'ingénieux stratagèmes.

Se cachant dans un trou camouflé par des branchages.

Sur lesquels était placé un appât,

Ils saisissaient promptement le rapace par les serres

Et engageaient avec lui un combat sans pitié.

  

 

Comme les anciens, les indiens tenaient l’aigle pour l’emblème de la force et du courage. Ils le craignaient. Certaines tribus le vénéraient, d’autres témoignaient à son égard d’une réelle superstition.

 Les Hopis disaient qu’il était le dieu du ciel, d’autres voyaient  en lui l’incarnation de l’Oiseau-Tonnerre.

 Les extraordinaires facultés de l’aigle, sa vue perçante, sa façon de voler très haut dans le ciel, sa longue existence ont impressionné vivement les indiens, qui ont vu en lui le symbole de l’espoir et de la confiance dans le succès et la victoire.

 La plupart  des Peaux-Rouges étaient convaincue que l’aigle avait crée par l’Etre Suprême, lequel l’avait paré avec magnificence.

 L’Aigle à tête blanche est devenu l’emblème des Etats-Unis. A celui-ci, cependant, les indiens préféraient l’aigle doré ou des montagnes, qui autrefois abondait  dans l'ouest.

                                       

La chasse à l’aigle est particulièrement dangereuse et ne peut être entreprise que par des hommes entraînés. Certaines tribus n’hésitaient pas à escalader de très hautes montagnes pour aller le capturer jusque dans son aire.

 Les tribus des plaines avaient recours à un stratagème qui exigeait beaucoup d’audace et de maîtrise de soi. Un chasseur prenait place dans une fosse recouverte de branchage sur lesquels   était placé un morceau de viande. Lorsque l'oiseau posait pour s'emparer de l'appât, il le saisissait par les serres et le retenait. Ce genre de chasse donnait lieu à de solennelles cérémonies.

 Lorsque Coronado visita les Indiens pueblos, il trouva chez eux des aigles apprivoisés.

 Les plumes de l'aigle doré étaient très prisées. Elles servaient à faire des coiffures de guerre. Une traîne de douze d'aigle valait plus qu'un poney des plaines.

 Les plumes blanches avec l'extrémité noire étaient les plus appréciées. Elles décoraient souvent les scalps pris sur l’ennemi, les crinières des montures et les boucliers.

                                                               
Un indien ne pouvait porter une plume d'aigle que s'il avait tué un adversaire au combat, dans d'autres tribus, seulement s'il avait engagé le combat. Le nombre de plumes correspondait au nombre d’ennemis abattus ou de rencontres.

 Chez  les Chippeways, un homme qui  avait scalpé un ennemi avait droit à deux plumes. S’il avait délivré un prisonnier blessé,  il en recevait cinq.

 Certaines tribus utilisaient le duvet, les plumes des ailes et de la queue dans les sacrifices. Les Sioux en faisaient des éventails. Les plumes d’aile étaient les meilleures pour l’empennage des flèches.

 Les os des ailes de l'aigle servaient à faire des sifflets utilisés au cours des cérémonies, particulièrement pour la Sundance des Cheyennes. Les griffes avaient la réputation de porter bonheur.

   

 

 

12月26日

L'habitat:

L'habitat: tipi, hogan, wigwam, wickiup

 

L'habitation des Indiens porte un nom différent selon la tribu qui la construit.

Ainsi, chez les Indiens des plaines, essentiellement nomades, elle se nomme tipi ou tepee, ce qui veut dire « la place ou l'on habite ».  C'est une tente  facilement démontable et ­transportable. Celle des Navajos de l’Arizona et du Nouveau-Mexique est le hogan, tandis que les tribus algonquines  vivaient dans des wigwams et que les Indiens Apaches de  l'Arizona et du Nevada demeuraient dans des wickiups.

 

 Comment on monte un tipi

 

Le tipi était toujours mis en place et démonté par les femmes.

Pour le dresser elles commençaient par trois perches en  bois de sapin d’au  moins huit mètres de long qu'elles atta­chaient à leur plus frêle extrémité. Après quoi, elles les dressaient comme  un trépied, une perche à l'Est, une autre au nord et la dernière au Sud, la première se trouvant toujours à gauche de l'entrée qui faisait toujours face au levant.  D’autres perches, environ une quinzaine, était rajoutées de manière à former à la base un cercle de cinq mètres de­ diamètre.

 

On recouvrait  la carcasse ainsi établie d'un ensemble de quinze à dix huit  peaux de bison coupées et cousues de façon à faire, 1orsqn'elles étaient étendues sur le sol, un large morceau couvrant un demi-cercle.

 

L’entrée du tipi était fermée par une peau généralement décorée. Au sommet,  se trouvait une ouverture pour laisser échapper la fumée, que l'on pouvait régler suivant le vent grâce à deux  perches latérales.

 Le feu brûlait au centre du tipi. Les lits et couvertures, des fourrures généralement, étaient étendus sur le sol tout autour, de chaque côté de la porte, et dans le fond de la tente.

 

La peau recouvrant le tipi était décorée avec les symboles de celui  qui l'habitait. Quand un guerrier avait abattu un certain nombre d'ennemis, il pouvait le faire savoir par la décoration de  son tipi.

 La peau du tipi était souvent dévorée et mise en pièces par les chiens affamés du camp. Lorsque les Visages Pâles pénétrèrent dans l'Ouest, les Indiens des plaines firent leurs tentes avec des pièces d'étoffe obtenues par le troc ou de vieux sacs souvent dérobés dans les entrepôts des postes.

 Lorsque les femmes avaient démonté les tipis, les perches étaient attachées aux flancs des chevaux et des chiens, formant ainsi les travois. Sur la vaste peau repliée, on entassait les objets les plus divers.

 

 

Le hogan des Navajos était une demeure très rustique faite de boue séchée ou adobe, ou de terre entassée, retenue par des claies. Le toit, également en terre, était recouvert de gazon. Cette habitation était généralement de forme octo­gonale. Le nom venait du mot navajo goghan.

Le wigwam des Algonquins était une tente de forme conique à la base circulaire. Des perches de moyenne dimen­sion étaient recouvertes d'écorces ou de nattes. Lorsqu'ils se déplaçaient, les Algonquins le plus souvent emportaient  avec eux seulement les écorces et les nattes, abattant sur place de nouvelles perches là où ils dressaient le campement.

                                                     

Les Paiutes et les Apaches de l’Arizona et du Nevada  construisaient des huttes en broussailles recouvertes de nattes, le wigkiup. Ce même terme fut employé par  Indiens des plaines pour désigner le lieu où ils prenaient leur bain de vapeur qui ressemblait à la kiwa des Hopis C’était  une construction à l'intérieur de laquelle on plaçait des pierres chauffées à blanc sur lesquelles on jetait de l’eau. Les per­sonnes demeuraient dans la vapeur ainsi produite, emmitouflées dans  des couvertures afin de transpirer.

 

Les Cheyenne, Dakotas et les Crows, lorsque étaient  sur le sentier de la guerre, construisaient des wickiups provisoires pour la nuit. Ces habitations étaient hautes d’à peine  un mètre. Les habitations des Pueblos étaient en pierre ou en adobe. On les trouvait au sud du Colorado, au centre de ­l'Utah, au Nouveau-Mexique et en Arizona. C’était des  maisons superposées avec des toits en terrasses, auquel on  accédait par des échelles en bois, prudemment retirées la moindre alerte.

 

Les hommes et les femmes passaient la plus grande partie de leur temps dans les champs à cultiver la terre. Dans les cours de ces maisons et sur ces terrasses, se déroulaient souvent des cérémonies, notamment chez les Hopis, la Snake-Dance (danse du serpent).

 

 

 

Les tipis, c'est fini...

 

Les Peaux-Rouges ne vivent plus sous la tente. Ils ont rangé dans des armoires les vêtements en peau de daim perlés, les mocassins rehaussés de piquants de porc-épic et les coiffes de plumes. Ils ne les sortent que pour satisfaire la curiosité des touristes avides d'exotisme ou pour participer à une parade ou à un défilé, à un pow-wow ou une cérémonie.

Le plus souvent, ils portent le blue-jean ou un vêtement de confection et vivent dans des habitations préfabriquées.

 Même dans les pueblos les plus reculés du Nouveau Mexique et de l'Arizona, ces demeures sont surmontées d'antennes de télévision et, dans le hangar voisin, se trouve une Dodge ou une Chevrolet qui sert aux déplacements dans la prairie et qui le dimanche emmène la famille et les voisins à la ville voisine. L'appaloosa est toujours là, mais il vagabonde paisiblement dans un corral tout proche!!!

 

12月15日

Nativité

La plus ancienne mention de la célébration de la fête de Noël chez les Amérindiens remonte à 1641. Le missionnaire jésuite Jean de Brébeuf, qui vivait chez les Hurons de la baie Georgienne depuis 1626, a composé, dans leur langue, un cantique de Noël racontant la naissance de l'Enfant Jésus.
Désirant leur faire comprendre le sens réel du grand mystère de la Nativité, le père Brébeuf adapta son récit, écrit en vers, aux particularités de la culture amérindienne. Ainsi, l'Enfant Jésus était emmailloté dans des peaux de lièvre plutôt que dans des langes de lin, il reposait dans une cabane d'écorce et non dans une mangeoire; des chasseurs remplacèrent les bergers et, enfin, trois chefs indiens furent substitués aux rois Mages qui, à la place de l'or, de l'encens et de la myrrhe, offrirent des pelleteries au divin Enfant.

Le Jesous Ahatonnia (Jésus est né) de Jean de Brébeuf constitue le premier cantique de Noël canadien. Même si le père Brébeuf a péri lors du massacre des Hurons par les Iroquois en 1649, son noël lui a survécu. Les survivants de la Huronie, venus s'installer à Lorette près de Québec, transmirent ce cantique à leurs descendants qui, un siècle plus tard, le chantaient encore. C'est le père Villeneuve, un autre jésuite, qui en a consigné les paroles alors qu'il les entendit chanter cet hymne religieux.

Aujourd'hui encore, les Hurons, comme bien d'autres nations amérindiennes, continuent de célébrer la fête de la Nativité au même titre que celle de sainte Anne (26 juillet), la grand-mère de Jésus, qu'ils vénèrent comme leur patronne.